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Rounga

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  • Premier article le 25/01/2014
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    Rounga Rounga 17 juillet 2015 09:05

    Je n’ai pas eu le temps de regarder les vidéos de l’article, mais je trouve sa thématique très intéressante.

    Le pari de Pascal est quelque chose qui m’a toujours dérangé, et semblé indigne d’un penseur aussi puissant. Si on choisit une vie dévote pour gagner le paradis, l’hypocrisie de la démarche saute aux yeux. Le christianisme, en mettant l’amour de Dieu au centre de la vie spirituelle, implique que cet amour ne soit pas forcément accompagné d’un espoir de récompense. L’amour est en fait sa propre récompense, comme la vertu, chez les stoïciens, n’a pas d’autre but qu’elle-même. A première vue, on serait donc tenté de dire que l’attitude de Marc-Aurèle est plus authentique et sincère que celle de Pascal.
    Cependant, Jésus lui-même, dans l’Évangile (Marc 6,1-2) n’hésite pas à faire miroiter un petit bénéfice à ceux qui pratiquent la charité (c’est-à-dire l’amour). La religion catholique a de plus fait de l’espérance une des trois vertus théologales, au côté de la foi et de la charité. Alors, serait-ce que le discours religieux serait double ? Y aurait-il d’un côté un enseignement destiné au plus grand nombre, et qui, pour être assez accrocheur, promettrait un retour sur investissement, et de l’autre un enseignement qui prônerait l’amour sans contrepartie ? C’est en tout cas la démarche de Pascal, qui n’invente son pari que pour s’adresser aux libertins dans des termes qui leur parlent. Puisque la vie libertine est vaine, de même que tout autre, alors autant orienter cette vie vers Dieu (tout est vanité...c’est là le propos de l’Ecclésiaste), car au moins il y a une solution à cette vanité. Cependant, ce raisonnement ne coïncide nullement avec la pensée de Pascal en général, qui se caractérise par son tragique : l’Homme est une créature projetée dans un monde fini et imparfait, mais il porte un désir d’infini et de perfection qu’il ne peut combler. A lire Pascal, en dehors du pari, on a le sentiment que croire en Dieu ne résout rien, puisqu’au contraire cela ne fait qu’exaspérer cette tension tragique entre un désir d’absolu et l’impossibilité d’y parvenir. Mais pour Pascal, la vie dévote est la seule voie possible non pas parce que c’est une solution à un problème existentiel, mais parce que c’est la seule manière d’assumer dans toute sa mesure et tout son tragique ce problème existentiel. Le pari n’est donc pas un calcul timoré, mais au contraire un acte d’audace, qui consiste à dire "s’il faut vivre cette vie imparfaite, autant prendre pleinement conscience de cette imperfection, même si cela nous déchire", à miser son existence entière sur une conviction. A mon avis, il n’y a que sous cette optique là que le pari de Pascal reste cohérent avec le reste de sa doctrine. A présent, le point de vue de Marc-Aurèle, prudent et mesuré, semble bien plus fade en comparaison, puisque la vie bonne est choisie parce qu’elle semble préférable quelle que soit l’hypothèse envisagée sur la nature des dieux. Il n’y a pas d’engagement ici, mais une recherche de sécurité qui manque de panache.
    Mais la démarche de Pascal, en promettant une récompense aux libertins, ne risque-t-elle pas d’aboutir à une foi qui manquerait son but, dans le sens où celle-ci atténuerait la déchirure tragique du croyant par l’espoir de la récompense ? C’est que Pascal croit aux vertus de l’imitation. En imitant la vie religieuse, on n’est pas forcément touché par la grâce, mais on se prépare à la recevoir. Ce que Pascal pense, en somme, c’est que ce n’est pas parce qu’on ne croit pas qu’il ne faut pas vivre dévotement. Et si on n’a pas conscience de la vanité tragique de l’existence, on peut au moins entamer sa démarche spirituelle en pesant les avantages et les inconvénients.


  • 1 vote
    Rounga Rounga 10 juin 2015 15:31

    @ffi
    J’ai visionné celle-ci. Vous y remarquerez d’ailleurs que la détection conjointe est de 13% à 0,01% près, ce que Aspect présente comme "un résultat nul de physicien". 

    Je n’ai pas le temps de regarder cette conférence, donc je vous demanderai d’être plus précis, car je ne comprends pas ce que signifie ce pourcentage. Est-ce le pourcentage de cas où un photon est détecté par rapport au nombre d’expérience.

    Les gros Bonnets, comme vous dîtes, ont été saoulés de paradoxes de la licence à leur thèse pendant leur études (Relativité, MQ). Ils aiment trop les paradoxes pour pouvoir s’en passer.

    Tout physicien qui étudie la mécanique quantique a déjà une solide formation en mécanique classique, suffisante du moins pour détecter une trivialité telle que celle que vous proposez en guise d’interprétation de l’expérience. Que pas un ne l’aie vu jusqu’ici m’apparaît fort étrange. Quant à l’affirmation selon laquelle ces physiciens aimeraient trop les paradoxes pour ne pas voir ce qui se passe sous leur nez, c’est une affirmation gratuite.


    Tout physicien classique aurait vu, dans ces paradoxes issus du concept de photon, une contradiction, donc la réfutation du concept. Mais les physiciens modernes, trop accoutumés aux discours paradoxaux, n’en voit pas. Ce faisant, ils se sont affranchis de toute possibilité de réfutation en pratique. C’est pourquoi la physique moderne est devenue une pseudo-science.


    Il semble que vous n’ayez pas compris ce que j’ai dit sur la conception moderne de la science et les prétendus paradoxes. La science n’a plus vocation à dire la vérité, mais à proposer un modèle qui reste prédictif dans le champ le plus large possible. Donc ce qui permet de réfuter une théorie est de proposer une expérience qui contredise les prédictions de cette théorie. Par conséquent :

    -la physique quantique est parfaitement réfutable

    -un paradoxe jugé comme tel a priori ne peut pas constituer une réfutation d’une théorie tant que celle-ci reste prédictive



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    Rounga Rounga 10 juin 2015 09:17

    @ffi
    Je n’arrive pas à mettre la main sur le protocole exact de l’expérience, mais les points sont détectés par un écran spécial censé détecter les impacts. Je n’arrive pas à vérifier si l’écran détecte toujours des impacts en lumière normale. Si c’est le cas, ta théorie tient la route, sinon non (mais mon avis reste que, l’expérience ayant été menée par des gros bonnets, si un élément aussi trivial avait été observé, personne ne se serait laissé duper).



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    Rounga Rounga 9 juin 2015 16:30

    @ffi
    Si l’onde comporte juste suffisamment d’énergie pour être détectée en un point, ce n’est pas étonnant que l’on ne la détecte pas en deux points. 


    D’accord, mais si on augmente l’énergie, en envoyant plusieurs quantum d’un coup (lumière normale, quoi), pourquoi arrête-t-on de voir des points de dissipation ? Avec une énergie plus grande on devrait en voir davantage, or les points n’apparaissent pas si on fait cela.



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    Rounga Rounga 9 juin 2015 13:34

    @ffi
    Une lentille fait converger plusieurs rayons lumineux en un point, mais il n’en reste pas moins que l’onde lumineuse existe toujours en dehors de ce point. C’était cela le sens de ma remarque sur ce point de détail. C’était également pour nier que l’onde des tremblements de terre se concentrait en un point. Evidemment, lorsque l’énergie de déformation insufflée au matériau excède ses limites d’élasticité, il y a rupture et donc libération d’énergie, mais c’est la conséquence et non la cause.

    Mais explorons la piste du photon-point de dissipation : pourquoi l’onde se dissiperait justement lorsque son énergie et à son minimum (le quantum), mais pas lorsque son énergie est plus élevée ? 

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