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Joe Chip

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  • 9 votes
    Joe Chip Joe Chip 30 mai 2020 21:42

    Pour une fois je suis d’accord avec Hijack. Zemmour brode sur le très classique "salauds de pauvres" en temps de crise, Onfray lui répond que le petit peuple est "vertueux" pour peu qu’on lui apprenne la tenue et à se contenter de son quignon de pain... autrement dit ce sont deux variantes de conservatisme, l’un culpabilisateur, l’autre moralisateur. 
    J’aimais bien Zemmour quand il représentait encore une droite culturelle,et non économiste, mais aujourd’hui, il tient des propos de gros bourgeois du XIXème, c’est absolument dénué d’intérêt, autant écouter à la place un Boloré, un Fillon ou un Wauquier. On n’a pas besoin de citation de Chateaubriand pour expliquer que les pauvres sont responsables de la crise économique et sanitaire, qu’il faut les empêcher de consommer ou d’accéder aux soins, comme les gros propriétaires faisaient la morale aux classes prolétaires durant le XIXème siècle tout en se gavant. Quant à la critique du consumérisme, Onfray est très loin d’un Baudrillard, il nous sert un discours de vieux curé paternaliste. Lui même s’en rend compte d’ailleurs puisqu’il réhabilite un vieux fond culturel catholique, mais qui n’est pas celui d’un Bernanos, d’un Bloy ou même d’un Houellebecq. C’est vraiment le catholicisme de curé du village houspillant ses ouailles. 

    Hijack a raison, c’est vraiment des discours pauvres et caricaturaux qui permettent de mesurer l’abaissement de la pensée française. Si c’est tout ce qu’il nous reste comme "intellectuels populaires" alors mieux vaut s’en passer, il y a des travaux et des auteurs beaucoup plus pertinents et en phase avec leur époque. 



  • 3 votes
    Joe Chip Joe Chip 30 mai 2020 20:36

    @NeufTrois

    Parfaitement ! La décadence n’a pas commencé en 1793 comme le pense naïvement le conservateur de base mais dès 1789 ! Bravo Michel le socialiste anarcho-girondin, on ne sait pas trop ce que ça veut dire mais au moins tu ne risques pas de t’engueuler avec quelqu’un avec un positionnement aussi irénique !



  • 6 votes
    Joe Chip Joe Chip 30 mai 2020 20:10

    J’ai bien aimé aussi le couplet sur les salauds de pauvres responsables de la déchéance économique et morale de la France car ils achètent des écrans plat made in china avec les aides sociales et des produits de merde dans les supermarchés. Ce à quoi Onfray n’a rien trouvé d’autre à répliquer que de citer en exemple son paternel plein de bon sens qui usait ses chaussures pendant des années en donnait des leçons de choses aux connauds du coin déjà perdus par le consumérisme qui s’achetaient plusieurs paires... ’culés, va. Pour une raison qui m’échappe (en partie), les droitards font une fixette sur les écrans plat, il faudrait sans doute relancer la production de tubes catho(mer)diques en France pour les calmer... 

    A mon avis, ils ne vont pas encore assez loin dans le paternalisme frappé au coin du bon sens bien de chez nous. Il faudrait réapprendre aux smicards à saucer les plats en utilisant le même bout de pain plusieurs fois, au lieu de gâcher de la mie à tire-larigot. Zemmour et Onfray pourraient rédiger une sorte de manuel pédagogique à l’usage des gueux, pour savoir ce qu’ils peuvent manger et acheter.

    Non mais franchement je connais des grand-mères qui sont moins rombières que ces deux-là.

    Evidemment, ces conseils ne valent que pour les pauvres. Onfray continuera bien entendu de consommer des produits fins et choisis en nous servant régulièrement son numéro de nietztchéen pour les masses abêties et de patricien hédoniste exilé à la campagne, fuyant la bêtise de la grande ville et des plateaux télé... enfin quand il n’est pas en promo pour son pavé annuel de "philo" qu’il faut bien vendre aux ménagères. Sophiste, poseur.

    Quant à la dame patronnesse Zemmour, ça ne l’empêchera pas non plus de continuer à consommer tout en faisant la morale aux millions de précaires qui polluent, prennent de la place et n’ont même pas le bon goût de choisir la qualité au lieu de consommer des produits chinois... Il a le droit lui, en bon baby-boomer nostalgique des années 70.



  • 4 votes
    Joe Chip Joe Chip 30 mai 2020 19:24

    Ce "débat du siècle" était d’une rare vacuité... J’ai arrêté après 20mn de monologue de Zemmour sur les baisses d’impôts (bien) et les aides sociales (mal) face à un Onfray roupillant et connivent, presque d’accord sur tout. Cette émission devrait être renommé le "Zemmour social club". 

    Zemmour s’exprime de plus en plus comme un politicard de droite, il doit préparer sa campagne avec Marion Le Pen, je ne vois pas d’autre explication. 



  • 3 votes
    Joe Chip Joe Chip 25 mai 2020 03:37

    (désolé pour la longueur)

    C’est à partir de là que Soral est entré dans une sorte de fuite en avant, où il devait commettre de plus en plus de provocations pour rallier à lui un public d’inconditionnels qui lui permettraient de vivre en marge du système politico-médiatique (je n’invente rien, il l’a lui même théorisé). Pour cela il fallait que ce public soit captif et intègre l’idée d’une rupture totale avec le courant "mainstream" (c’est à ce moment-là que le mot est apparu dans le vocabulaire dissident) et c’est là que Soral s’est montré très habile dans un rôle à mi-chemin du gourou et du communicant, ciblant de manière très efficaces les éléments les plus radicaux de segments d’opinion souvent opposés auxquels il a proposé une séduisante alliance des contraires contre un ennemi désigné.

    C’est là que j’ai commencé à nourrir de plus en plus de doutes sur le personnage, sur la sincérité de sa démarche et de ses idées. Même les scandales antisémites accumulés au fil des années m’ont laissé perplexe, on a parfois l’impression que tout cela était joué et surjoué, des deux côtés d’ailleurs. 

    Son "Chute", roman rempli d’aigreurs et écrit avec les pieds, m’avait déjà brouillé avec le personnage. "Comprendre l’Empire" m’est tombé des mains dès la première lecture. Cet "essai" est non seulement illisible (bourré de fautes de syntaxe) mais surtout Soral y troque la dialectique marxiste contre ce qu’il faut bien qualifier de mode de pensée complotiste (même si le mot n’était pas encore couramment utilisé).
    Ensuite il y a eu la brouille avec les frontistes. Soral avait claqué la porte du FN 
    et était venu ensuite expliquer chez Taddéi que son ralliement au FN avait été une sorte de performance artistique et d’acte provocateur libertaire, ce qui me ramène aux observations de départ sur cette génération de velléitaires qui n’avaient en réalité aucune envie d’en découdre en politique.

    Puis il y a eu le fameux épisode de la "liste antisioniste" avec ses candidats folkloriques et ses altercations dans la rue avec les "nervis" sionistes. Avec Soral, blanc comme un linge au milieu de ses troupes, pour une fois obligé de descendre dans l’arène et de jouer au militant (avant de théoriser ensuite l’inutilité de tout militantisme politique et prôner une approche "métapolitique" beaucoup plus sécurisante). 
    N’oublions pas que Soral était aux abonnés absents quand les spectacles de Dieudonné ont été interdits, ce qui était un scandale, et je dis ça sans éprouver de sympathie excessive pour Dieudonné ou ce qu’il est devenu. Alors que Vals avait clairement outrepassé ses fonctions pour inciter le conseil d’Etat à empêcher la tenue de ce spectacle, Soral n’a pas dit le moindre mot alors que c’était précisément le meilleur moment pour montrer que tout ce qu’il décrivait depuis des années n’était pas complètement hallucinatoire, que certaines choses dysfonctionnaient réellement en France sur le plan de la liberté d’expression. Encore une dérobade. Il est réapparu un mois plus tard en expliquant qu’il était en vacances et en incitant les militants d’ER à ne pas prendre part aux polémiques ("pièges tendus par l’éxécutif") pour se concentrer sur la "métapolitique" et la formation, c’est à dire les conférences ER et les produits ER...

    A ce stade, j’avais acquis la conviction que Soral ne représentait plus que lui-même et sa boutique. Mon intuition me pousse à penser sans pouvoir le prouver que ça allait même un peu plus loin que ça et que ses diverses empoignades avec la justice française étaient une sorte de vals(e) à deux avec le pouvoir. D’ailleurs, de qui parle Vals dans son interview récente donnée à la Règle du jeu, le site de BHL ? De Soral et Dieudonné, alors qu’il est clair que ni l’un ni l’autre n’ont aujourd’hui l’influence qu’ils pouvaient avoir par le passé sur une partie de la jeunesse.

    https://laregledujeu.org/2020/05/23/36203/manuel-valls-face-a-dieudonne-et-soral-ne-rien-laisser-passer/

    A partir de là le cirque dissident s’est mis en place sur le net, tous les sites vaguement "antisystèmes" ont été progressivement absorbés par la "galaxie" soralienne. Tout cela prêterait à sourire si des gens n’avaient pas été instrumentalisés (Chouard) ou broyés entre temps par Soral, avant qu’il ne finisse lui-même par devenir la victime du cirque qu’il avait mis en place avec "l’affaire Binti". Il me semble que Mukuna avait tout dit sur Soral en révélant une anecdote qui avait d’ailleurs bien embarrassé ce dernier puisqu’elle semblait parfaitement crédible et n’avait pas été vraiment démentie.

    La technique était toujours la même et se déroulait en trois temps :
    — approcher une personnalité populaire sur le net alternatif (ex : Chouard à l’époque de ses ateliers constituants) pour toucher un segment d’opinion, en prétextant une proximité 
    — une fois "ferrée", discréditer la personnalité en le présentant comme naïve, irréaliste ou timorée sur la question sioniste 
    — laisser le personnage se débattre dans ses contradictions face aux médias

    La liste de personnalités qui ont fricoté de près ou de loin avec Soral est impressionnante ; certains, pour des raisons mystérieuses, n’ont jamais été inquiétées de cette proximité (comme Tarek Oubrou qui a donné des conférences dans le cadre d’ER). D’autres se sont retrouvées au contraire clouées au pilori pour s’être trouvé une fois dans la même enceinte que Soral. Boniface (que je n’aime pas particulièrement) a vu sa réputation entachée et a été emmerdé pendant des années par des lobbies juifs pour avoir un jour partagé une scène avec Soral et d’autres personnes.

    Et n’oublions pas, et là c’est presque grave, la petite cohorte des "musulmans patriotes" qui ont été manipulés ou plutôt instrumentalisés par Soral qui
    a complètement pourri ce qui aurait pu représenter à un moment donné une certaine ouverture, un possible trait d’union entre des mondes qui ne se reconnaissaient pas (la banlieue et les campagnes pour faire vite). 
    Le concept même de "réconciliation" n’était pas mauvais au tout début. Ce qui explique pourquoi beaucoup de personnalités ont convergé initialement vers Soral. Alors qu’il aurait pu faire quelque chose de positif, même limité en termes d’échelle, Soral a décidé d’en faire un simple gimmick politicien avec l’"antisionisme" comme seule finalité. 
    Sur ses relations avec Dieudonné, il est clair que les deux hommes se vouent une détestation réciproque depuis des années mais semblent s’être tenus à un pacte de non agression implicite pour ne pas aggraver leurs emmerdes et se priver d’une partie de leur public (une partie des soraliens suivant Dieudonné et inversement).

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