| Rédaction | Depuis | Articles publiés | Commentaires postés | Commentaires reçus |
|---|---|---|---|---|
| L'inscription | 0 | 2423 | 0 | |
| 1 mois | 0 | 0 | 0 | |
| 5 jours | 0 | 0 | 0 |
@guepe
En fait, on ne sait pas. A priori les statistiques allemandes prennent uniquement en compte les personnes qui ont été diagnostiquées. Ils partent donc du principe que toutes les personnes décédées suite du COVID ont été testées... ce qui paraît impossible. Il est pratiquement certain que beaucoup de personnes infectées (notamment des personnes âgées) n’entrent pas dans les statistiques.
Mais surtout l’Allemagne a eu une semaine de plus pour s’adapter et n’a pas connu de gros clusters comme dans l’est de la France. Ce qu’il faudrait comparer c’est la courbe de l’évolution des contaminations, qui est en fait assez homogène d’un pays à l’autre. Le facteur déterminant a été la réactivité des autorités au début de l’épidémie et la chance.
Mais bon les médias français tiennent leur explication : il y a les "pays du nord" rigoureux, travailleurs, organisés, libéraux, structurés par les "excédents budgétaires", et les "pays du sud", indolents, désorganisés, étatistes, plombés par le déficit.
Les droitards en sont même à analyser la situation à partir de la vieille théorie du climat et des catégories du racisme gobinien :
https://www.youtube.com/watch?v=2xgUYV3QBvo&lc=UgzDaRxYSL0YPWiwDkd4AaABAg.97rCglQ98Qm97slSzd5Ow1
A noter que les médias prennent désormais l’Allemagne comme exemple que l’austérité budgétaire et la gestion "néolibérale" de l’hôpital public n’est pas à l’origine des dysfonctionnements du système français puisque l’Allemagne parvient, elle, à faire "mieux avec moins".
Cdanslair et plusieurs médias ont demandé "Pourquoi les Allemands sont meilleurs que nous ?" comme ils l’avait déjà fait après la crise de 2008.
Certains commencent déjà à appeler à des réductions de poste (administratifs, bien entendu) à l’instar de Zemmour qui a confirmé à l’occasion de cette crise sanitaire qu’il avait définitivement basculé dans la mouvance néoconservatrice. Il ne cesse désormais de faire référence à Huntington, à défendre Trump sur tous les sujets, à vanter la "grandeur" du système "individualiste" anglo-saxon, et se joint régulièrement aux cortèges des voix médiatiques exigeant le dépeçage du système social ’fou" français. Il exprime désormais dans son émission son assentiment systématique avec les invités libéraux (Gaspard Koenig, Christophe Barbier...).
Mais la dernière idée à la mode chez les éditocrates (Le Monde notamment) et les politiques (de droite) est maintenant d’appeler à la "rupture" avec le "centralisme français" pour se rapprocher du "modèle des landers allemands" qui aurait fait la preuve de sa supériorité sur le "modèle jacobin français" à l’occasion de cette crise.
L’Allemagne, toujours l’Allemagne. Avant c’était souvent l’apologie de l’Angleterre mais depuis le brexit l’Allemagne est devenue le seul exemple à suivre. Le Monde à travers l’apparente bonne gestion de cette crise outre-Rhin a cru voir à l’oeuvre les "puissants excédents budgétaires" allemands (sans expliquer comment et pourquoi ces excédents pourtant interdits et traduisant un déséquilibre économique se sont constitués).
Bref, en dehors de l’Allemagne, point de salut.
La gauche ? Disparue. Les écolos ? Pas un mot depuis le début de la crise.
Quant à Barbier, ça y est, c’est la fête, il ne s’écoule pas un jour sans qu’il appelle à sacrifier des vieux, relancer l’économie coûte que coûte ou même à stigmatiser sournoisement des personnes en surpoids du fait de leur "fragilité" supposée. A côté de ce libéral-darwinien assumé Laurent Alexandre passerait presque pour gentil.
Bref, comme on pouvait l’anticiper, cette crise n’est pas perdue pour les néolibéraux qui ont bien l’intention d’exploiter cette période de sidération collective pour imposer un nouvel agenda de "réformes".
Bon, mettons aussitôt de côté les indignations factices et la fausse naïveté. Dans le fonctionnement normal du capitalisme, ce n’est pas "l’utilité" qui détermine la valeur d’un objet ou le montant du salaire versé à un producteur, mais la rareté et la valeur ajoutée.
De ce point de vue, le travail de la caissière apporte une très faible valeur ajoutée au produit vendu puisque le capitaliste part du principe que ce métier ne requérant pas de compétences très spécialisées ou qui demandent une longue phase d’apprentissage, peut être exercé par à peu près n’importe qui. En revanche, le joli paquet représentant un paysage stylisé de campagne qui attire le consommateur tout en le rassurant subjectivement sur la qualité du produit qu’il va acheter apporte donc — dans le cadre de l’économie de marché — une plus grande valeur ajoutée. Mais pour concevoir ce paquet, il faut avoir recours à des compétences plus rares au sein de la population active ou plus longues à maîtriser que celles de caissière. Le capitaliste qui a les sous et qui est chargé de les répartir dans le système de production va donc rémunérer davantage le graphiste et le concepteur marketing qui ont élaboré le paquet "inutile" que l’ouvrier qui met le produit "utile" dans le paquet la caissière "utile" qui le vend.
Injuste ? En temps normal, non. S’il fallait rémunérer l’ouvrier et la caissière en fonction de "l’utilité" de leur travail et non de la valeur ajoutée de leur travail, les coûts de production exploseraient puisqu’il y a beaucoup plus de caissières que de graphistes. En outre le capitaliste auraient d’autres effets négatifs à gérer : le graphiste, constatant que ses 5 années d’étude en design ne lui ont servi à rien par rapport à une caissière qui gagne autant que lui, se démotiverait ou renoncerait à exercer ou entretenir ses compétences qui disparaîtraient peu à peu du marché du travail. Les marques finiraient par leur tour à disparaître au profit de produits standardisés produits par le gouvernement. Les pénuries apparaîtraient dans les supermarchés car les produits les plus courant et les plus utiles coûteraient alors paradoxalement une fortune — comme dans les anciens pays communistes. Je me souviens que ma cousine envoyait des denrées et des produits à un petit correspondant roumain, qui dans ses courriers mêlés aux remerciements demandait des choses aussi basiques que des brosses à dents, du chocolat et des produits cosmétiques peu disponibles ou coûtant une fortune dans son pays du fait des pénuries en tout genre.
Et nul doute que ce petit roumain enviait le bonheur des petits rejetons du capitalisme et de la société de consommation gavés de céréales, de sodas délicieux, de yaourts aux vrais fruits, etc. Personnellement, j’ai pris conscience de tout cela en voyageant dans les pays de l’Est avant leur entrée dans l’UE. Tout ce qui me semblait factice et superficiel était au contraire grandement valorisé dans ces pays. Il y avait un désir effréné de consommation de produits médiocres mais associés à la "liberté" et au mode de vie de l’Ouest, une vénération de tout ce qui touchait de près ou de loin aux Etats-Unis, et dans le meilleur des cas les gens répondaient par une circonspection polie à mes réserves sur le consumérisme. Privés de tout, ils ne pouvaient entendre que des rayons de supermarchés remplis de merde colorées n’avaient pas que des avantages.
Si l’on veut même être un peu cynique on peut dire que dans de nombreux cas l’inutilité sera payée plus cher que l’utilité dans un système capitaliste. La plupart des loisirs sont par définition inutiles. L’innovation est aussi inutile : aller sur la lune ne servait à rien. La vraie question qu’il faut se poser, c’est "Qu’est-ce qui est utile ?" et son corollaire politique "Qui définit ce qui est utile ou non ?"
On peut définir que ce qui est utile comme ce qui est nécessaire. Dans ce cas, pas besoin de capitalisme, le gouvernement peut facilement définir les besoins de base de la population - alimentation, hygiène, espace habitable, loisirs de base — et y pourvoir. Malheureusement, l’expérience montre que le seul moyen d’imposer durablement de telles conditions de vie est de suspendre la plupart des libertés individuelles, puisque la subjectivité individuelle et le besoin de distinction inhérent à l’être humain ne peuvent interférer dans ce genre de système utilitariste et égalitariste.
Donc je suis tenté de répondre à Ruffin que sa question est d’ordre purement rhétorique. Dire qu’une caissière est plus utile qu’un trader, ça ne veut pas dire grand-chose, puisque la réponse à apporter à cette question dépend évidemment du contexte économique global et des circonstances. En période de crise sanitaire, les priorités sont évidemment différentes, certaines fonctions redevenant temporairement plus "utiles" que d’autres. Mais à priori on ne pas va vivre en permanence en état de crise sanitaire et donc les démons de la rareté et de la valeur ajoutée vont revenir très bientôt s’imposer à nos dirigeants qui pour le moment ne prennent aucun risque à faire de la démagogie en annonçant que le "monde de demain" sera plus juste et égalitaire.
En outre, si on se met à la place d’un capitaliste en ce moment, à mon avis il n’est pas en train de se demander comment il va faire pour augmenter de 5% le salaire de ses caissières mais plutôt comment il va procéder pour remplacer les caissières par des caisses automatiques et des robots, comme ça, si le coronavirus repointe chaque année le bout de son nez, on n’aura pas besoin de s’embarrasser avec tous ces masques et toutes ces feignasses qui ne veulent pas risquer leur peau pour un smic.
Enfin moi, si j’étais un salaud capitaliste, c’est comme ça que je raisonnerais.
A mon avis il serait beaucoup plus intelligent en ce moment de ramener le sujet du revenu de base ou revenu universel, ce serait en tout cas plus pertinent que ce marxisme de bas étage et cette démagogie utilitariste sachant que le marxisme est un productivisme au même titre que le capitalisme. Il ne répond en rien à la crise sanitaire, à la crise environnementale, à la crise énergétique, et encore moins à la crise morale qui se profilent.
@Jean Robin contre Fantômette
Ce film n’a strictement rien à voir avec la réalité historique et n’est en rien "sympathique" avec les Indiens ou alors dans le mauvais sens — paternaliste — du terme. Il met en scène un "bon blanc" qui fraternise avec les Indiens contre les "méchants blancs" en baisant au passage la fille du chef (si mes souvenirs sont bons). On peut se demander si l’inverse (un indien baisant la fille d’un politicien blanc) aurait été aussi bien accepté par les spectateurs.
Car les Américains se sont évidemment tous identifiés à Kevin Costner et pas aux méchants blancs d’ailleurs assez peu aperçus dans le film. L’idée défendue par le scénario est que le mauvais traitement réservé aux natifs était lié à des dérives individuelles de "salauds" et non à un système clairement colonialiste. C’est là qu’une fiction peut devenir manipulatrice et mensongère en permettant au spectateur de s’identifier à un héros positif.
Des représentants des tribus indiennes se sont insurgés à l’époque contre
cette représentation "romantique" et subtilement révisionniste du colonialisme yankee. Leur protestation s’est perdue dans le concert de louanges vantant "l’humanisme" du film.
Hollywood a réitéré dans The Revenant où cette fois les méchants blancs agressifs et violeurs étaient les trappeurs français (vieux cliché des colons anglais sur les français ensauvagés au contact des Indiens)
Pas touche au mythe de la frontière et de la destinée manifeste...
@Simple citoyenne
Il parlait à ce moment-là du confinement dans des lieux fermés (stades de foot, salle de concerts) pas du confinement à domicile tel qu’il a été appliqué ensuite.
L’extrait est tronqué, dans la suite il parle bien de limitation des rassemblements publics.
Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Ubuntu, PHP, MySQL, CKEditor.
Site hébergé par la Fondation Agoravox
Contact / Mentions légales / Cookies et données personnelles / Charte de modération


