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En l’occurrence, je partage l’avis de Gerfaut exprimé plus haut, il y a certains sujets dont on perd un peu la substance en cherchant à la définir trop précisément, et la virilité en fait partie :
Il ne faut pas trop chercher à rationaliser car mettre des mots là-dessus c’est déjà y perdre.
Le net regorge aujourd’hui de sites et de publications masculinistes censées enrayer le déclin de la virilité dans le monde occidental. A mon avis, ce soi-disant déclin est surtout lié à des causes environnementales ("oestrogénisation" de l’eau potable et des matières plastiques, par exemple). En 50 ans, la quantité de spermatozoïdes par éjaculation a diminué de moitié aux Etats-Unis. Le nombre de bébés nés avec des micro-pénis est en augmentation. A l’inverse, la puberté féminine est de plus en plus précoce, les petites filles ont parfois une conscience aiguë de leur féminité avant l’âge de 10 ans. Le volume moyen de la poitrine féminine a augmenté dans la plupart des pays développés, les fabricants de soutien-gorges proposent désormais en série des grandes tailles qui étaient auparavant uniquement proposées sur commande ou par des sociétés spécialisées (ne me demandez pas comme je sais tout ça). A celles (et ceux) qui s’en réjouiraient, il faut signaler que ces perturbateurs hormonaux expliquent aussi l’explosion des cancers du sein, liée à un taux élevé d’oestrogènes.
On peut tergiverser, il y a une composante physique (hormonale et génétique) importante dans la virilité comme dans la féminité. La part culturelle consiste simplement à encadrer cette partie pulsionnelle et à la dévier vers les fins supérieures de la vie civilisée, ce qui implique un certain "corsetage" donnant lieu à des codifications viriles parfois très différenciées en fonction des cultures. La sobriété évoquée par Qaspard est virile dans le monde occidental bourgeois mais cela n’a pas toujours été le cas, on a même connu des périodes de l’histoire où les hommes de pouvoir portaient des tenues chatoyantes et des robes d’une complexité invraisemblable.
Les prisons sont remplies de types agressifs chargés de testostérone qui n’ont aucun contrôle pulsionnel, aucune maîtrise, et dont personne ne nierait pour autant la virilité, sinon la masculinité. Les Américains mènent beaucoup d’études sur ce sujet qui ne sont pas possibles dans notre pays en raison de certains préjugés sociologiques tenaces (influence jugée prépondérante du milieu). Selon ces travaux, les "leaders" présenteraient souvent des traits communs avec les sociopathes (indifférence pour le résultat négatif de leurs actions, manque d’empathie, manipulation charismatique, etc.) et les femmes, naturellement attirées par les hommes présentant un taux élevé de testostérone, auraient tendance à se caser dans la durée avec des hommes moins "virils" mais qu’elles jugeraient - intuitivement - plus stables et moins enclins à les abandonner avec un gosse sur les bras pour aller disséminer leur gênes dans la nature (comportement "originel" du mâle humain). Zemmour rappelle bien que le mariage, contrairement à l’idée reçue, est une institution plutôt matriarcale visant à attacher l’homme à son foyer et à l’éducation des enfants.
Et d’autres données intéressantes établissant une corrélation chez la femme entre l’appétit sexuel et le taux de testostérone. En gros, plus une femme est masculine et plus ses besoins sexuels - notamment la quête de partenaires multiples - seraient élevés. Tout cela tend à montrer que la théorie du genre n’est pas entièrement infondée, biologiquement parlant, et qu’il existe bien une variabilité hormonale au sein de la division des sexes, la vraie question étant celle du cadre social que l’on cherche à instituer autour de cette réalité biologique.
Quand je vois une Farida Belghoul, je ne peux pas m’empêcher de lui trouver un côté hommasse, une voix grave qui porte, et un comportement pas vraiment féminin, sans parler de sa recherche délibérée de défi viril ("Soral t’as pas de couilles").
ASSEZ DE BLABLA VOILA L’ESSENCE ULTIME DE LA SEULE VRAIE VIRILITE AUTHENTIQUE :
@Qaspard
Vous faites part vous-même de vos doutes un peu plus haut quant à l’authenticité de ces images, donc pourquoi ironisez-vous un peu gratuitement sur le ressenti de Primate ? (pas de jeu de mots).
Sans être aussi excessif que lui, je partage ses réserves, la situation est fabriquée et clinquante comme un colifichet ethnique exposé dans une vitrine. Le côté malaisant vient du fait que l’on est censé percevoir quelque vérité fondamentale sur les cultures ("c’est quoi,un être humain" selon vos propres mots) alors que le décalage créé entre eux et nous est en grande partie le produit de cette "confrontation" artificielle qui n’a aucune pertinence épistémologique. Si c’est un banal reportage de journalistes, alors il n’est peut-être pas utile de se demander si l’évolution tehnologique a quelque chose à voir avec la qualité morale d’une culture.
Et puis il faut voir ce que les gens font de cette comparaison. Les uns (comme Gangrène) pensent que notre technologie est le révélateur de notre "force" et que ces indiens ne font que prêcher une fausse vertu dissimulant leur débilité. Les autres, comme cela semble être votre cas, estiment au contraire que nous sommes pervertis par la technologie, ou que la technologie serait le révélateur d’un manque de sagesse, voire d’une certaine immoralité. Sous prétexte de relativisme culturel, ce genre de reportage contribue donc paradoxalement à renforcer les préjugés essentialistes : il y a "eux" et "nous".
Par contre, Primate a tort dans le sens où on peut s’intéresser à ces cultures, mais bien évidemment pas sur un mode journalistique. Il y a des gens véritablement passionnés qui se rendent sur place durant des mois voire des années pour produire des travaux sérieux et distanciés qui évitent le double écueil du folklorisme (attirance pour la couleur locale) et de l’humanisme écologique un peu niais. Au niveau du grand public, Cousteau, que je cite plus haut, a réalisé un travail de fond en Amazonie, sans idéalisation naturaliste des indigènes.
C’est très possible. Certaines "tribus" vivent en réalité dans un isolement relatif et savent très bien comment jouer les "primitifs naïfs" devant les caméra en échange de quelques dollars. Je me rappelle d’un récit de Cousteau évoquant les contacts qu’ils avaient eu ou plutôt tenté d’avoir avec des indigènes durant une expédition profonde en Amazonie. Les indigènes les suivaient et les observaient en restant à distance dans la forêt. Le guide leur donnait des instructions précises pour éviter de se faire massacrer.
D’ailleurs :
https://www.youtube.com/watch?v=jWGbkpKVmpY
Dès les premières minutes, on y voit un guérisseur "soignant un bébé avec de la fumée de cigarette" tandis que la voix off précise que les indigènes à l’image "ne dansent pas pour plaire aux Dieux mais aux touristes". Les mêmes images sans le commentaire sembleraient parfaitement authentiques à un regard extérieur et correspondre à notre idée préconçue du "bon sauvage" vivant au contact de la nature... alors qu’en fait tout est artificiel. Voilà un exemple de "falsification subtile" et de création d’un "faux authentique". Le public occidental demande d’ailleurs de l’authenticité plutôt que de l’authentique, de la vraisemblance plutôt que la vérité. Et les journalistes d’aujourd’hui n’ont sans doute pas la rigueur ni la profondeur d’un Jacques-Yves Cousteau qui a passé deux ans en Amazonie...
Bah étant donné qu’on a un topic sur la virilité-vraie-authentique-des-hommes-d’avant-à-l’ancienne deux ou trois fois par mois, il faut bien dédramatiser un peu.
En plus celui-là est écrit par un homosexuel bodybuildé chasseur de zombies et préfacé en français par Piero San Giorgio, alors c’est la fête
)
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