C’est délirant... supposer l’existence d’une essence pure du fascisme (tout en prétendant paradoxalement combattre contre le fantasme de "pureté"...) qui prendrait indifféremment la forme d’une régime politique ou d’une idéologie politico-religieuse à travers le temps et l’espace, c’est ni plus ni moins agiter le fantasme du Diable.
Sur Agoravox, c’est chouette, on a le droit presque tous les jours à de la propagande néolibérale et de la propagande communiste qui offrent des images inversées du même état d’esprit imprégné de dogmatisme idéologique. Comme s’il n’y avait rien entre Hayek et les guignols sovietoïdes du PCRF.
La Chine, c’est une dictature. Si le salarié chinois est silencieusement productif, c’est aussi parce que la population a subi plusieurs décennies de décervelage collectif, l’idéologie du marché étant simplement venu remplir le vide laissé par l’idéologie marxiste. En outre, quand je vois les délires de la nouvelle bourgeoisie chinoise (clinique ultramoderne pour chiens, club de rencontre pour femme cherchant un milliardaire, etc.) et le mur écologique et social dans lequel leur système, certes hyper-productiviste, mais aussi archaïque et peu efficace (les diplômés ont beaucoup de mal à trouver des emplois qualifiés), est en train de foncer, sans même parler du problème démographique, je me dis que le vénérable M. Wu Jianmin ferait mieux de s’occuper des problèmes de l’économie chinoise et des salariés chinois en particulier.
Le régime chinois fustige le versant économique de l’égalitarisme, mais continue de célébrer le contrat social de Rousseau... que les libéraux haïssent.
Qu’un "libéral" revendiqué donne comme modèle une oligarchie marxisto-capitaliste qui a réussi la synthèse des opposés, ça ne manque pas de sel, mais de toute façon les libéraux authentiques sont en réalité très rares. La plupart sont de fait des néoconservateurs et des libéraux-conservateurs fascinés par l’autoritarisme social (Chine, pays de l’est, etc.). Des patrons du CAC qui applaudissent le représentant d’un gouvernement autoritaire, ça pousse quand même à la réflexion sur la pertinence de nos catégories politiques. Enfin bon, on connaît le comportement des grands chefs d’entreprise durant les guerres, pas vrai ?
Quant à Juppé, il rappelle précisément que la Chine n’est pas une démocratie, dans la mesure où la démagogie - on le sait depuis Tocqueville - est une des dérives inhérentes à la vie démocratique. La malhonnêteté dans ce domaine consiste à fustiger uniquement les aspirations égalitaires du peuple mais à ne rien dire, par exemple, de la décadence éthique, sécuritaire et culturelle (télé-réalité & cie) qui est elle aussi un produit de la démagogie... mais un produit rentable !
Défendre la sécurité sociale universelle, c’est démago... par contre promouvoir des connes narcissiques à heure de grande écoute pour refourguer des merdes made in China, là c’est la "liberté"...
Je sais qu’Obertone est considéré comme un demi-dieu sur fdesouche
(on rapporte des cas d’ovulation spontanée à la lecture de son précédent
ouvrage) mais je trouve sa prose un peu forcée dans le genre "droitard-sans-tabous-qui-vous-balance-la- vérité-vraie-que-la-gauche-gnangnan-et-les-médias-vous-ont-caché" et sur le fond... bon, est-ce si "politiquement incorrect" de nous dire que la violence est le propre de l’homme et de la vie en société ? C’est vrai, autant que la proposition inverse. L’homme est un animal mitigé, capable du meilleur comme du pire, sachant que le mal dissimule parfois un bien dont les résultats ne se manifestent pas immédiatement, et inversement. Un être "passable" disait Voltaire. Même Jésus prévient qu’il est là pour "apporter le glaive". Pour autant, je ne trouve pas que ça justifie de tomber dans le nietzschéisme de supermarché et les postures nihilistes. "La guerre est un fait, l’histoire n’a jamais prêté attention aux idéaux"... wahoo, super original, merci Obertone.