Il est quand même étonnant que ceux qui s’offusquent aujourd’hui de l’utilisation "abusive" du terme génocide au sujet de la Palestine - et je suis assez d’accord avec ça : c’est une qualification abusive - soient les mêmes qui ont contribué à la systématisation de ce terme, requalifiant massacres, victimes civiles collatérales et dures réalités de la guerre, en "génocide". Ce terme fait désormais partie du vocabulaire courant de l’historien, du politologue, du diplomate, du crétin lambda. On l’emploie indistinctement au passé, quand cela n’avait guère de sens, au présent et au futur, avant même que le génocide en question ait eu lieu. Le génocide est devenu le prolongement inévitable de la guerre, une réalité impossible à contourner. Ce n’est même plus une menace réelle ou fantasmée de génocide qui est invoquée par les belligérants, mais les "intentions" supposées génocidaires de l’adversaire. En Ukraine, les Ukrainiens et les séparatistes russes s’accusent mutuellement de visées génocidaires en prenant à témoin les démocraties occidentales.
Comment en est-on arrivé-là ?
Voilà 30 ans que BHL et sa clique aboient au génocide et au crime contre l’humanité aux quatre coins du monde. Les néocons sionistes ont justifié toutes les guerres occidentales depuis 10 ans en invoquant un "risque de génocide" (Libye) ou un "génocide en cours" (Syrie). Le mot "génocide" est constamment utilisé en France, avec une légèreté parfois scandaleuse, par des historiens, des journalistes, des intellectuels pour qualifier pêle-mêle l’esclavage, les guerres de Vendée, la colonisation de l’Algérie, la déportation des Juifs sous l’occupation (76000 morts), le Rwanda.
Et nous devrions accepter l’effarement des Juifs et des Israéliens lorsque ce terme leur est jeté à la figure de manière "abusive" voire injustifiée ? On devrait soudainement considérer les choses avec un œil froid et rationnel, en refusant d’accrocher notre jugement à l’immédiateté trompeuse des images ? Effectivement. On devrait.
Génial, à moi le "snorkeling"....... quand j’étais gosse on appelait ça regarder sous l’eau, mais je suppose qu’il était impossible de le rentabiliser sous cette forme. Le snorkeling ou la randonnée palmée ou l’exploration à la palme ou la
randonnée aquatique ou la pratique dite « avec palmes, masque et tuba »
(PMT), est une activité de loisir aquatique d’observation des fonds et
des espèces vivantes sous-marines, réalisée en nageant à la surface de
l’eau ou en plongeant en apnée.
Il n’y a rien de pire qu’un Etat qui se met à "distribuer la rente" pour assurer à la population un niveau de vie artificiel et mettre de son côté les classes populaires, un peu comme on le voit au Venezuela.
Le pouvoir algérien utilise cyniquement la manne d’hydrocarbures pour se maintenir au pouvoir et ne pas avoir à répondre à des exigences démocratiques de base. La fameuse "malédiction de la rente". Les Algériens ne vivent pas bien, mais ils ne vivent pas mal non plus. Ils ne sont pas assez frustrés pour exiger le changement et obliger le pouvoir à investir dans le secteur productif, l’industrie, l’éducation, etc., qui sont indispensables à la création d’une classe moyenne économiquement autonome qui n’attend plus que l’Etat lui octroie des moyens médiocres de subsistance.
Le contexte culturel (Islam) favorise évidemment cette stagnation.
Vous avez tronqué ma phrase, je précise justement que ce point de vue me paraît absurde. Car c’est l’argument absolutiste par excellence, utilisé tant par les internationalistes bienpensants que par les libéraux qui considèrent que tout homme ne crevant pas de faim dans le monde occidental devrait s’estimer heureux, alors que l’on est toujours riche ou pauvre par rapport aux autres, dans un contexte social particulier.
La perception sociale du smicard dans son milieu est-elle meilleure que celle du paysan pauvre dans le sien ? Pas sûr. La hiérarchie des besoins est différente. Le paysan vit peut-être dans une famille, en transmettant ses valeurs personnelles à ses enfants, alors que le jeune smicard français vit peut-être en marge de la société dans un logement merdique, en se tirant médiocrement sur la nouille. Vous me direz, tout ça, c’est subjectif, ce qui importe, c’est le niveau de vie matériel tel qu’on peut le mesurer avec des indicateurs précis. Pour moi c’est seulement partiellement vrai car il faut tenir compte d’autres facteurs, dont l’investissement positif de l’image de soi qui est un critère décisif dans le monde occidental, alors que ce besoin est relativement inexistant dans les cultures traditionnelles. Bref, vous avez des certitudes que je n’ai pas.
Et n’y a t-il pas malgré tout une certaine forme de perversité intellectuelle à opposer les pauvres d’ici aux pauvres de là-bas ? Que cherchez-vous à justifier au fond ? Le smicard est un être rationnel, il cherche donc à améliorer ses conditions de vie objectives dans le milieu où il vit : lui dire qu’il serait irrationnel voire illégitime d’exiger mieux dans la mesure où des gens plus défavorisés que lui se débattent sous le seuil de pauvreté dans une partie plus pauvre du monde, c’est lui demander de faire preuve d’irrationalité... il y a un paradoxe.
Car l’héritage est le plus gros mécanisme fabricant de l’inégalité.
C’est faux, l’héritage fabrique de l’inégalité uniquement dans la mesure où il facilite la reproduction sociale en haut de la pyramide. A l’inverse, un ouvrier qui thésaurise précautionneusement pour permettre à ses enfants d’effectuer des études dans de meilleurs conditions, ou qui investit son maigre pécule dans un capital immobilier qu’il pourra transmettre à son fils, ne contribue pas à la reproduction sociale, c’est plutôt le contraire... A moins que l’on n’estime que ce fils d’ouvrier part avec un avantage injuste par rapport à un déshérité complet, mais là, on tombe dans une définition purement géométrique et absurde de l’égalité, et en outre inapplicable (sauf dans un contexte autoritaire).
C’est comme ces fils d’acteurs ou de producteurs qui expliquent que pour eux, "rester dans le métier" c’est exactement la même chose qu’un enfant de boulanger voué dès la naissance à reprendre l’activité commerciale de ses parents. Extérieurement, la logique peut sembler similaire, mais on sent bien que l’argument est biaisé dans la mesure où ces milieux sociaux sont trop différents pour être comparés. Le fils du boulanger n’a pas le même accès à la culture ni le même horizon d’avenir que le fils d’acteur.
Car il est indéniable que le libéralisme à fait croître la richesse de
tout le monde, mais plus vite pour certains que d’autres. Ca ne remet en rien en cause l’effet de ruissellement.
L’effet de ruissellement des richesses, ce n’est pas une loi physique, donc encore une fois, pas quelque chose d’absolu. Cela peut être vrai à une période et moins à une autre. Malheureusement, les libéraux confondent trop souvent l’économie et les sciences physiques.