La remarque de Sapir est intéressante car elle a du sens.
Une victoire de la Russie en Ukraine serait une menace
vitale pour l’UE au plan psychologique et idéologique, proclame Sapir.
En effet, après la victoire de Trump aux USA, l’UE est le dernier
gros bastion du progressomondialisme sansfrontièriste et antinations.
Alain Minc sur FI face au patron des bourses européennes, un
soutien emblématique de l’idéologie UE (la mondialisation heureuse), en vient à
souhaiter un effondrement des bourses mondiales afin de ruiner les retraités américains
qui alors chasseraient Trump (Ubu roi, un maboul selon Minc mais avec derrière lui des stratèges déterminés).
Suite à une défaite de l’UE en Ukraine (une victoire de la Russie) et face aux pouvoirs nationaux autoritaires aux USA, Chine et Russie, l’UE
verrait ses peuples réagir dans un sens qui menacerait son idéologie
mondialiste. Sapir n’a pas tort.
A contrario, j’ai toujours pensé que la principale menace vitale
pour l’UE est sa soumission aux USA et au « parapluie nucléaire » US,
interdisant la constitution d’une Défense européenne (indispensable pour exister en tant qu’entité géopolitique). Les choses sont en train
de changer à la faveur de la guerre en Ukraine : l’UE prend conscience des
inconvénients à être accouplée aux USA, qui par ailleurs priorisent sur l’Asie.
La guerre en Ukraine aura sûrement un effet sur l’UE et son
devenir. Qu’est-ce qui va l’emporter, les forces centrifuges (isolement
idéologique mondialiste de l’UE et remontée des nations) ou centripètes (découplage/USA et Défense
européenne renforçant l’UE) ? Difficile à dire.
L’Europe du Nord et la Pologne ne sont pas prêtes à s’éloigner
des USA. D’un autre côté, l’isolement idéologique n’est peut-être pas fatal, en
attendant une reprise de la mondialisation. A suivre.
La grande Histoire nous dit que cette guerre d’Ukraine
pourrait évoluer vers un conflit nucléaire de grande ampleur. D’abord sur le
territoire ukrainien, puis possiblement dans toute l’Europe si les Américains
ne bloquent pas au niveau ukrainien l’escalade qu’ils dirigent et maîtrisent
depuis 2022, en fait depuis le début des années 2000 en poussant l’extension de l’OTAN.
La grande Histoire des deux siècles passés, c’est la guerre
entre les Anglo-Saxons, les Prussiens et les Slaves. L’enjeu est la domination
de la planète.
C’est aussi l’échec de la première mondialisation, fin
XIXème.
On vit en ce moment l’échec de la seconde mondialisation,
déclenchant des turbulences dont on n’a pas encore idée de l’ampleur (Trump).
On vit en ce moment une lutte pour la domination mondiale
entre les Anglo-Saxons et l’Asie (Chat GPT contre DeepSeek), les Prussiens (et l’Europe) dominés par les
Anglo-Saxons depuis 1945 se cherchant un nouveau positionnement (la sortie de la GB de l’UE s’inscit dans ce nouveau positionnement).
L’Ukraine et les slaves moscovites pourraient jouer le rôle d’allumette
dans cette confrontation des Anglo-Saxons avec l’Asie. L’Ukraine apparaîtra
peut-être un jour comme l’attentat de Sarajevo du XXIème siècle : le point
de départ d’une redistribution des cartes dans le monde.
A surveiller : l’allumette slave (Sarajevo, Kiev). Elle fait perdre la
tête aux Anglo-Saxons et aux Prussiens, pour des raisons mystérieuses, peut-être religieuses.
Oui pardon, je m’en suis souvenu après avoir posté, cf. ses relations je crois avec le Dalaï Lama. Cela dit, vu mes limites en matière d’hindouisme et de bouddhisme, c’était un peu la même chose dans ma tête.
@TchakTchak La plongée dans le sujet est ahurissante,
Jusqu’à accuser (Libé, mais à tort dirait-on) des sommités intellectuelles tel Jean-François Revel (père collabo. passionné de poésie, fils moine hindou d’un côté, énarque sous-ministre de l’autre, lui-même aimant bien sortir de l’académisme).
Je l’avais lu dans ma jeunesse, puis un jour me trouvant dans la queue pour prendre un avion pour l’Italie, je me retourne et suis face à face avec Revel. Je prononce "ni Marx ni Jésus" et le voilà qui démarre une conférence justifiant le titre de son bouquin, seule l’avancée de la queue a pu l’arrêter.