Derrière cet amoncellement de platitudes les paroles du chef d’entreprise sont tout-à-fait emblématiques de ce que l’on nous fait passer pour démocratie : tout le monde peut ne pas être d’accord, a le droit de se rebeller, mais en dernier ressort c’est moi qui décide.
N’est-ce pas ce qu’on nous impose lorsqu’un débat sans vote entérine une aventure guerrière et coloniale en Afrique ?
N’est-ce pas ce qui nous a été imposé lors du référendum sur le TCE avec accord de la plupart des responsables socialistes ?
N’est-ce pas aussi ce qui nous est imposé idéologiquement lorsqu’on traite péjorativement de "populistes" les revendications populaires et sociales ?
Enfin tout n’est-il pas mis oeuvre pour exclure tout véritable débat sur les questions de politique intérieure ou extérieure qui déterminent les choix politiques actuels ?
Non seulement il faut avaler quotidiennement des couleuvres particulièrement énormes, mais on encourt le risque d’être qualifiés de déséquilibrés si on a le malheur de ne pas souscrire au récit qui nous est imposé de façon unilatérale.
Il y a contradiction entre le titre de l’article et le contenu du message d’Attali : il ne souhaite pas un gouvernement mondial mais européen à 17 !
Comme si on pouvait confondre la planète avec le parlement de Bruxelles et que l’humanité devait se plier aux diktats d’une Europe qui est celle du fric et de la domination des financiers.
Quelle leçon de démocratie peut nous donner une Europe qui est devenue de fait le 51° état étatsunien et le meilleur allié du sionisme ?
Sûr, si plus personne ne réfléchit, nous serons tous des légumes béats ou plutôt des proies idéales pour les démagos qui veulent nous faire gober qu’il vaut mieux adhérer émotionnellement aux plus puissants que s’interroger afin de se révolter.
La
seule chose qu’oublient les auteurs de ce reportages, c’est que le
manichéïsme est totalement partagé par eux-même et les
théoriciens du complot.
Toutes les énormités qui nous ont
été assenées comme une vérité définitive sur la Libye ou la
Syrie sont aussi "fragiles" que les constructions les
plus délirantes des adeptes non critiques des complots en tous
genres.
Et l’opposition entre les "gentils"
démocrates pro- étatsuniens et sionistes et les suppôts des
régimes "assassins de leur peuple" aussi radicale et
puérile que l’opposition entre le bien et le mal décrit dans
l’émission.
Il est d’ailleurs intéressant d’observer qu’Al
Qaïda change de camp selon les besoins des conspirationnistes
officiels des principaux média. Quand les opposants aux régimes
syriens sont islamistes radicaux, ils sont absouts de leurs crimes et
"intégrés" dans le camp de la démocratie. Quand au
contraire il s’agit de banlieues ou d’autres régions du monde comme
le Mali, ils continuent d’être les ennemis n°1 !
Pour sortir
de cette ornière réductrice, on peut toujours chercher des analyses
et des infos peut-être moins "sexy" que les récits
fantasmatiques des conspirationnistes de tous bords mais qui ont le
mérite de nous inviter à réfléchir au lieu de croire
aveuglement.
Quelques liens parmi d’autres (avec
d’ailleurs des points de vue différents mais
étayés).