Lorsqu’ il parle de
sentiment héréditaire des races, il faut le comprendre de cette manière :
il existe des caractéristiques spécifiques à cette chose qu’est la foule qui
sont fonction des peuples : une foule Française a des spécificités qu’une
foule Allemande, Russe ou chinoise n’a pas.
C’est surtout de l’essentialisme plaqué à contre-emploi...
Notre modèle intellectuel historique comprend non seulement l’essence (d’Aristote), mais aussi l’existence. Une foule, ça existe, mais ce n’est pas un être au sens propre : son essence c’est d’être une collection d’existences plus ou moins reliées entre elles, plus ou moins désordonnée
Cette confusion est la confusion révolutionnaire par excellence, comme si un groupe d’homme n’était - pour l’éternité - voué à former comme un seul. C’est pratique : ainsi, une opinion générale suffirait pour la guider. Mais c’est juste la négation du politique... Ce genre de conception du politique est très artificielle et, hélas, très inopérante : la preuve, la France va de crises en crises, il n’y fleurit que des chrysanthèmes.
L’introduction fait très fin dix-neuvième siècle, à chercher dans le passé les raisons dont sera déterminé l’avenir, ceci pour se faire croire qu’on n’erre pas sans but. La civilisation de l’Espérance a passé. Elle a pris le relais, cette civilisation de l’Avenir déterministe et programmé.
Elle l’a pris en mieux soi-disant.
Comme elle erre, certes unie, mais sans commun but, ne fleurissent plus les oraisons pour clamer ce but, ne fleurissent que des raisons en vue de le prédéterminer.
On notera, dans cette introduction, je cite : ’les sentiments héréditaires des races’, comme si les races avaient des sentiments qu’une hérédité concernerait. Le bon prend des collectifs pour des personnes, et c’est pourquoi il peut écrire ’psychologie des foules’. Mais une foule n’est pas une personne.
Déjà, commençons par désigner les choses : Soit une personne, elle a une intelligence, avec son état d’âme. Soit une foule, une collection d’intelligence, une colligence. Soit ce qui relie, à cette foule, les personnes dont leur intelligence : sa religence. Soit son but commun, son combut.
Que l’intelligence soit à la personne comme la religence soit à la foule.
Soit un combut, passer à un guichet, par exemple. Chacun attend. Les gens contendent au guichet. Une fois le but atteint, les gens quittent la foule.
Qu’il y ait donc des combuts contingents, et donc une religience seulement accidentelle, sans aucune religiosité, soit.
Mais que toute colligence qui jamais subsistât, insistât d’exister par une religiosité pérenne !
Qu’une colligence puisse ainsi tout-à-coup exister, résister, ou se désister.
Mais que ce en quoi consiste son insistance ait plutôt à voir avec la logique d’une religence qu’avec celle d’une intelligence.
D’où que l’on ne dût pas dire psychololgie, mais qu’il eût fallu dire religiologie.
Que ce soit ’religiologie des foules’, plus précisément, ceci pour que soient aussi par ailleurs : la religiologie des familles ; le religiologie des universités ; la religiologie des partis ; la religiologie des associations ; la religiologie des parlements ; la religiologie des médias ; la religiologie des écoles ; la religiologie des coporations ; la religiologie des rues ; ...etc ; Ceci afin de répondre chaque fois aux questions : qu’est-ce qui retient les gens dans tel cercle ? A quoi contendent-ils en s’y trouvant ? S’y contentent-t-il ? Y consentent-ils ? Y’a-t-il plusieurs modalités de contendements ?
De ce point de vue, il me semble que le travail de Le Bon fut trop approximatif. Il y manque des degrés et des nuances dans l’analyse. Je trouve les travaux de Augustin Cochin bien meilleur sur ces sujets.
C’est vital pour le régime en place, qui est né dans la terreur, qui a envoyé 1 million 500 jeunes hommes à la mort en 14, s’il veut se maintenir, de montrer un moyen-âge plus que terrible.
Pourtant, c’est au moyen-âge que furent inventé les universités, les hôpitaux, les écoles, les parlements, nos procédures de droit, la possibilité d’être assisté par un avocat, le droit d’appel, les communes, les caisses d’assistance professionnelles, les grandes entreprises d’états (manufactures)...
Le régime actuel a surtout inventé un verbiage pour enrober ce qui existait déjà, mais passant souvent, hélas, tout d’abord par une étape de destruction de ces institutions, pour devoir les recréer ensuite face aux catastrophes provoquées.
Mais, de plus, le terme moyen-âge est une création à postériori, qui implique déjà un sous-entendu d’obédience positiviste : les sociétés humaine suivraient une évolution linéaire, passant par divers ages, de l’enfance (l’antiquité) à l’age adulte (aujourd’hui) en passant par l’adolescence (le moyen-age).