"Dans le cas présenté, ce qui est appelé procès s’apparente à une sentence, une condamnation puisqu’on ne questionne pas l’animal sur sa responsabilité, il ne peut pas se défendre."
Un procès n’implique pas forcément que l’accusé puisse se défendre, ce serait être bien naïf que de croire cela. La sentence est la conclusion du procès. Comme vous le faites remarquer, le cochon ne peut pas se défendre lui-même, mais le juge a enquêté, notamment pour vérifier qu’il était vraiment l’auteur des faits (car les parents de l’enfant auraient pu vouloir accuser le cochon pour cacher leur propre crime). Le juge n’a donc pas prononcé une condamnation dans le vide, il a instruit un procès et en a ensuite rédigé le compte-rendu.
Bien entendu, ces "procès d’animaux" sont des bizarreries, personne n’a dit le contraire !
Je connais une personne qui a 6 doigts à une main. J’imagine que vous diriez à son sujet que sa main n’est pas une main humaine puisqu’une main humaine comporte 5 doigts. Oui, normalement c’est vrai. Pourtant cette personne est bien un être humain et c’est bien sa main. Donc c’est une bizarrerie, certes, mais ça existe. C’est la même chose pour les "procès d’animaux".
C’est la description des événements tragiques de ce qui est arrivé.
Non, ce n’est pas la description faite par un journaliste ou un écrivain. C’est le compte-rendu du déroulement de la procédure juridique par le juge lui-même, qui engage sa responsabilité en apposant son sceau.
Mais à aucun moment on a interrogé le porc, principal accusé, pour comprendre pourquoi il a fait ça.
Vous l’avez déjà dit. Vous avez même écrit précédemment "à aucun moment les juges n’ont acté que le porc refusait de parler, puisque un porc, ça ne parle pas". Dont acte. Puisque un porc ne parle pas et que le juge le savait, le porc mis en accusation n’a pas pu être interrogé, point barre. Et puisque le compte-rendu officiel du procès existe, c’est donc qu’il était possible à cette époque et en ce lieu de juger et de condamner un être avec lequel il était impossible de communiquer. Je vous signale, au cas où cela vous aurait échappé, que c’est justement cela qui fait la bizarrerie de ces procès d’animaux.
Mais ce n’est pas vous ni moi qui pouvons décider ce n’était pas un procès, selon nos critères personnels ou ceux de notre société. Le terme de "procès" a d’ailleurs une signification très étendue et il ne se limite évidemment pas à un code de procédure particulier qui nous serait familier. Dans plusieurs sociétés, le prévenu était "interrogé" sous la torture, et "l’enquête" consistait à le faire souffrir et le mutiler jusqu’à ce qu’il avoue. Et le juge et toute la société appelait cela un procès.
En fait, quel est l’enjeu pour vous dans cette discussion ?