"Et que nous soyons déterminés ou non à croire à l’existence de notre libre arbitre n’y change rien. Ce qui change en revanche, c’est d’y croire ou de ne pas y croire."
"change quelque chose" à quoi, Micnet ?
Si "cela change quelque chose", c’est que tout n’est pas déterminé. C’est cela que dit Valyria.
"Il importe au contraire que tout ne soit pas déterminé à l’avance pour que CROIRE ait l’importance que vous lui donnez : c’est-à-dire le pouvoir d’influencer le déroulement de l’histoire de façon non déterminée."
Le déroulement d’une histoire prédéterminée pourrait inclure la croyance erronée en une libre détermination chez certains être humains. Certains personnages seraient ainsi déterminés à croire qu’ils peuvent infléchir la course de l’histoire et donc déterminés sous l’impulsion de leur enthousiasme et de leur opiniâtreté à mener les actions mécaniquement nécessaires pour que s’accomplisse un scénario déjà écrit... ne sachant pas qu’il est déjà écrit. La croyance en la liberté d’action, même fausse, serait simplement une cause secondaire comme une autre (l’instinct de survie, la pulsion érotique, la météorologie, etc.) sur la scène phénoménale.
Là, vous avez oublié la subtilité précisée deux fois déjà par Micnet : il ne défend pas en ce moment la thèse selon laquelle il existerait un libre arbitre, mais il dit que la croyance — vraie ou fausse, peu importe — en une possible non-détermination produit des hommes plus entreprenants et des sociétés plus ouvertes.
Et plus profondément encore : nous effectuons nécessairement nos choix en fonction de nos motivations ou de nos objectifs (raisonnables ou capricieux, peu importe), ce qui implique que l’acte de choisir n’est, par définition, jamais lui-même autodéterminé. Bien que cela semble contre-intuitif, il est donc philosophiquement pertinent d’affirmer qu’un acte véritablement libre ne peut pas être "choisi". L’acte libre, s’il est possible, est celui qui n’a aucune motivation (aucune cause) et aucun motif (aucun objectif). C’est le geste effectué spontanément en parfaite fluidité avec la totalité de l’univers sans être pour autant déterminé ou instrumentalisé par celui-ci. Peut-être un geste d’amour, un geste artistique ; certainement un geste gracieux (dans tous les sens du terme "gracieux" : gratuit, beau, divin...)