Non, mais c’est quand même lui qui l’a donné. C’est le paradoxe politique : on peut donner du pouvoir alors qu’on ne l’a pas soi-même (par exemple donner le pouvoir de déclencher une guerre nucléaire, pouvoir qu’on n’a jamais eu soi-même). Pas seulement par le fait de soutenir activement et voter pour quelqu’un mais aussi par le fait de consentir au quotidien à être obéissant, donc même tout simplement par l’inaction et la passivité. « Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. » Pierre Victurnien Vergniaud
"Tant qu’on est sur la Voie oui y a altérité, après, en théorie, y a plus."
Après la Voie ? Rappelons au lecteur de passage que La Voie est le terme français pour traduire le mot chinois Tao. Or, selon Lao Tseu, l’auteur du Tao-tö-king, « livre de la Voie et de la Vertu », la Voie est "la « mère du monde », le principe qui engendre tout ce qui existe, la force fondamentale qui coule en toutes choses de l’univers. C’est l’essence même de la réalité et par nature ineffable et indescriptible. Il est représenté par le caractère taìjítú, symbole de l’unité au-delà de la dualité yin-yang." La Voie est "la matrice préalable au sein de l’univers au passage du qi ou souffle originel, précédant la parité binaire du yin-yang." (Wikipédia)
La Voie n’est pas un chemin qui mène quelque part, elle est au commencement.
“
L’homme suit les voies de la Terre, la Terre suit les voies du Ciel, le ciel suit les voies de la Voie, et la Voie suit ses propres voies.”
Ok, les vieux croûtons mais on peut retrouver quelque chose des bonnes références musicales de vos archives (combinées avec d’autres) dans ce concert plus récent d’Archive : https://www.youtube.com/watch?v=FzmaF5p96pc
"Le problème est que je ne suis pas convaincu du tout que Krishnamurti fut dans la non-dualité..."
Moi non plus et il toujours difficile d’avoir de certitude sur ce point, surtout quand on n’a pas connu personnellement la personne. En revanche, il est assez clair que son enseignement (qu’il soit bon ou mauvais) s’inscrit dans cette approche.
"Quant à l’Amour il me semble toujours risqué, l’exemple type c’est l’amour de couple qui est un pari où l’on s’investit pleinement.. "
En effet, et c’est un bon exemple de l’impossibilité de vivre pleinement si l’on ne veut prendre aucun risque, en voulant toujours être assuré de ne pas souffrir et de ne rien perdre, dont il est question dans l’article de Micnet.
"D’ailleurs pour la non-dualité le terme même d’Amour me semble inadéquat. Puisque précisément, l’amour suppose la dualité."
Je dirais plutôt qu’il suppose l’altérité, et la nuance est importante. Mais précisément, dans les approches relevant de la non-dualité, le mot "amour" ne peut pas avoir le sens commun qu’on lui donne. Pas plus qu’une opposition dualiste entre "positif" et "négatif" ne permet de comprendre l’altérité paradoxale du taoïsme. Une compréhension subtile du monde demande un sens de paradoxe. Si l’on réduit systématiquement le paradoxe à une simple contradiction, toutes les approches philosophiques, métaphysiques, spirituelles, expériencielles (ou peu importe le nom qu’on leur donne) n’ont plus aucun sens et on peut juste en ricaner.