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@perlseb
Si un homme court à 60 km/h tout le monde va aussi l’applaudir, alors que si c’est une machine, ce ne sera pas considéré comme un exploit remarquable. Il existe des êtres humains capables de prouesses cérébrales surprenantes, notamment dans le domaine de la vitesse de calcul et de la mémorisation, mais on ne peut pas en déduire pour autant qu’ils sont plus intelligents que la moyenne des autres. Car l’intelligence logique et mathématique excelle dans les formules abstraites mais elle est très peu efficace dans de nombreux autres domaines. C’est une toute petite partie de l’intelligence globale. Certains de ces surdoués spécialisés peuvent d’ailleurs être incapables de nouer leurs lacets de chaussure ou d’entretenir des relations sociales minimales avec leur entourage."Globalement, si un chercheur résout un problème de math, tout le monde l’applaudira pour sa démonstration, surtout si elle est novatrice. Si on apprend que c’est une machine, ce n’est pas de l’intelligence..."
L’intelligence est une propriété complexe du vivant qui est difficile à estimer avec précision parce que ce n’est ni seulement quantitatif ni seulement linéaire : on ne peut pas la mesurer comme on mesure la température locale avec un thermomètre.
En dehors du vivant, si l’on veut rester sérieux, on parle plutôt qu’efficacité que d’intelligence. C’est pour des raisons publicitaires et de spéculation financière que le terme d’IA désignant initialement un domaine de recherche (la simulation de l’intelligence humaine) a fini par désigner des systèmes de services en ligne. Il est raisonnable de parler d’intelligence à propos de perroquets, de plantes ou de moisissures, ou même simplement à propos de tous les processus biologiques, bref de la nature. Cela dit, personne ne vous en voudra d’utiliser les mots d’une manière métaphorique ou poétique si cela vous plaît. Cela risque juste de vous embrouiller les idées.
@perlseb
Pourquoi être gêné par le fait que les mots ont un sens ?"Pourquoi être gêné par des termes en particulier ?"
@perlseb
Si des robots font l’intégralité du "travail" (y compris le travail politique, juridique et administratif) et que cela satisfait les êtres humains et leur permet de vivre heureux, en bonne santé et libres de faire autre chose que du "travail" (yoga, danse, poésie, promenade, érotisme, ski nautique, etc.), où est le problème ?"Oui, vous pouvez vous en servir, considérer qu’on gagne en productivité comme n’importe quel outil. Et tant pis pour ceux qui ne savent pas s’en servir. Mais jusqu’à quand votre "robot" aura besoin de vous pour faire intégralement votre travail ?"
Mais si cela ne rendait pas tous les êtres humains heureux et en bonne santé, c’est donc qu’il resterait aux humains un certain travail individuel ou collectif à faire, un travail dont les robots n’auraient, de fait, pas été capables (dans cette hypothèse, le travail consisterait, par exemple, à concevoir des systèmes d’organisation politique, juridique et administrative où les richesses produites par les machines autonomes seraient réparties assez intelligemment pour vivre heureux et en bonne santé).
Dans le fond, quelle est votre inquiétude CONCRETEMENT ? Vous craignez que les mathématiciens n’aient plus de travail et qu’ils s’ennuient, ne sachant comment occuper leurs temps libre ? Ou bien vous craignez que les mathématiciens deviennent pauvres ?
@perlseb
Tant mieux : tout ce qui peut être mieux fait par une machine que par un homme doit être fait par une machine. Il faut garder ça en tête pour ne pas se perdre dans de faux problèmes. Après, je ne sais pas exactement ce que vous appelez un "métier intellectuel" mais la plupart des professionnels que je connais, de l’artisan électricien à l’ingénieur en construction en passant par l’historien ou le musicologue, profitent largement des services apportées par les IA. Seul celui qui a cru que l’existence humaine consistait à se comporter comme une machine peut craindre d’être remplacé par machine. Et, encore une fois, ce sera une bonne chose qu’il le soit car le travail sera mieux fait et cela donnera à l’être humain l’occasion de réfléchir à ce qui le différencie d’un robot. Et si rien ne le différencie d’un robot, alors il n’y a aucune problème non plus : un robot plus performant remplace un robot moins performant. En attendant, il n’existe même pas encore de robot capable de nettoyer correctement l’intérieur d’une voiture ou de changer le joint d’un robinet de baignoire. Donc, si un journaliste ou un avocat peuvent être avantageusement remplacés par des simulateurs intellectuels, c’est qu’il ne doit probablement pas s’agir des meilleurs représentants de leur profession."En attendant, quand les entreprises d’IA décideront de s’attaquer à un métier intellectuel (quel qu’il soit), les IA feront mieux et pour moins cher (et sans réfléchir en fin de compte)."
@perlseb
Par rapport aux trains, les humains sont aussi très lents. Et par rapport à un disque dur ou même à une encyclopédie, un annuaire ou une liste de courses, ils ont aussi très peu de mémoire."Par rapport aux IA, les humains sont très lents et ont très peu de mémoire"
Ajoutons que les humains ont aussi très peu de poils par rapport à un manteau de fourrure, très peu de résistance à l’impact d’une flèche par rapport à un bouclier ou une armure, très peu de pouvoir tranchant par rapport à un sabre de samouraï, très peu de capacité de refroidissement par rapport à un congélateur, très peu de puissance vocale par rapport à un ampli Marshall 4x12, etc.
Mais toutes les inventions humaines ne sont-elles pas conçues, fabriquées et vendues pour augmenter les capacités humaines en puissance, en vitesse, en précision, etc. ?
A quoi servirait-il d’inventer un engin de chantier ou même de forger une pelle de maçon si cela n’était pas plus efficace que de monter des murs en terre crue à partir de boue, avec juste nos mains et nos pieds ? Aussi décevant : un ordinateur qui calculerait moins vite qu’un être humain (avec des jeux vidéo au ralenti et des réseaux sociaux limités à la famille). 
C’est faux : un avion a le droit d’utiliser tous les termes qu’il veut mais il ne fait pas souvent usage de la parole par convenance personnelle. On se demande pourquoi. Certainement, l’avion est taiseux. Personnellement, je ne lui interdirai jamais de dire qu’il vole et même de le chanter s’il se prend pour un merle ; cependant, je préfère qu’il évite d’essayer de battre des ailes, surtout si je suis à bord. Et pour répondre sérieusement : un chatbot ou agent conversationnel apporte des réponses à des questions sans les comprendre (et ce système peut même expliquer comment il fait cela, sans comprendre sa propre explication), tout comme un avion vole sans battre des ailes."Un avion n’a pas le droit d’utiliser le terme voler sous prétexte qu’il ne bat pas des ailes"
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