Je ne connais ni l’un ni l’autre,mais selon ce que vous dites, Kant a l’air d’être fier de sa classe, et veut donc imposer son modèle, quitte à utiliser les forceps si d’aventure la "raison supposée" n’était pas au rendez-vous. C’est effectivement comme ça que ça fonctionne...
Je ne refuse pas l’inégalité de compétence, je l’appelle autrement : diversité. Un mot plus "naturel" pour une recherche de solution moins hiérarchisée. Allez, une organisation "fractale", je lâche le mot sans pouvoir vraiment l’expliquer : un monde composé d’entités variées, différentes, inégales, interconnectées de façon harmonieuse. Des interconnexions locales génère des organisations locales, elles mêmes interconnectées avec d’autres groupes locaux, formant des organisations de plus grande échelle etc. Fractale : comme la surface d’un océan, les plus grosses vagues ne sont pas des gouttes particulières, c’est juste une organisation de petites gouttes. Ce n’est pas la classe X de Paris qui se connecte avec la la classe X de Marseille, c’est le groupe organisé, fractal, de Paris qui se connecte avec le groupe fractal de Marseille. Ceci à toutes les échelles. Autrement dit l’organisation vient d’en bas, mais elle est capable de créer des vagues. Il n’y a pas d’architecte ou de classe "supérieure" qui s’octroierait le droit d’organiser les autres à sa manière. Même si elle était de bonne intention : en partant d’un point on ne dessine pas une fractale, on dessine une pyramide.
"pourquoi auriez-vous besoin de quelqu’un pour... couper le gâteau ?" Le problème c’est donc que moi je ne veux pas couper le gâteau, mais que celui qui a le couteau le veut, lui. Et que comme on est dans une société de classes, je ne peux rien faire.
Moi aussi je crois en l’homme, tous les hommes. C’est pour ça que je veux que ce soit lui qui organise.
Mais y’a une façon, de voir les choses, aussi Vous dites que la nature est inégale et que donc une société de classe est obligatoire. Je dis que la nature est diversifiée, et que donc une société ouverte est obligatoire. En considérant par "classes", des "tranches" de personnes "aptes à" des tâches, elles même classées par tranches Avec en plus la touche péjorative du fait que si t’es pas dans la bonne tranche, t’es niqué. Sans compter le mec qui coupe le gâteau, il ne peut pas s’empêcher de couper le gâteau dans le sens horizontal, c’est beaucoup plus difficile, mais comme ça y’en a un qui a toute la garniture du dessus. Si c’est le peuple qui coupe le gâteau, déjà je ne sais pas s’il le voudrait... mais quand bien même, il le couperait probablement comme un gâteau, verticalement, comme ça tout le monde a un peu de garniture. Ce n’est plus une société de "classes" à ce moment, c’est juste du partage des tâches. Mais y’a pas de tranches, donc on peut changer de tâche. Pour gérer les choses, quelques "aptes à" dans un bureau ne remplaceront jamais une multitude de "aptes de tous genres". Ca c’est un avis gratuit. Mais faudrait quand même essayer pour voir. Ce que je crois savoir en revanche, c’est que les société de classes, on en a bouffé en long en large et en travers. Pour en arriver où ? M’étonnerait pas que ce soit toujours vers les mêmes problèmes, les mêmes luttes... de classes. Il faut que le monde soit comme un océan, en mouvement, pas une pyramide. Un découpage horizontal, je pense que ça finit toujours en pyramide.
Je ne vois aucune raison pour que la "vertu morale" soit plus développée chez un aristocrate.
Ensuite, ceux que vous appelez les "meilleurs", j’imagine les plus "aptes à" (?) seraient les aristocrates ? "Il y’ a des actes techniques à commettre , des synthèses à faire , des nécessités à surmonter , des contraintes à dépasser" C’est ce que fait tout le monde, chaque jour, dans son petit périmètre. Permettez leur juste d’élargir un peu leur périmètre, et je suis persuadé qu’ils deviendront "aptes". Pas tout le monde j’en conviens, mais ceux là ne feront pas de politique. Encore une fois, vos "aptes" ne disparaissent pas, ils conservent leur utilité... mais pas leur pouvoir.
Après, confier la politique à une classe (après avoir répondu à l’épineuse question "qui entre dedans"...), avec un réel contrôle populaire, j’ai envie de dire oui... mais en fait ça suffit pas. Un contrôle populaire ça suffit pas ("Que choisir" fait des contrôles), il faut un pouvoir populaire ("Que choisir" interdit un produit). Et comment gérer ces contrôles, ce pouvoir populaire ? De façon démocratique ? On en revient à la question du départ, qui est apte à faire les contrôles etc . Donc soit vous construisez une société de classes, d’aptitudes à la poupées russes. Soit vous essayez la démocratie.
Vous semblez désabusé... R/ non, car il y a des espoirs, théoriques et pratiques 1. Tout le monde est apte politiquement ; R/ Je pense oui. Du moins ceux qui en ont envie. 2. La politique ne doit être qu’une gestion des affaires communes ; R/ Je ne sais pas ça... mais rapidement je dirais oui. A moins que vous me répondiez que le viol est un problème personnel et que donc ça voudrait dire qu’il ne faut pas légiférer. 3. Le suffrage ne sert à rien, ce que vous déduisez de l’inanité du vote extrême lui-même. R/ Si, il sert à légitimer le pouvoir en place. c’est ça que je ne veux surtout pas faire.
M’est avis que vous devez voir l’avenir de la France de manière bien sombre, non ? R/ Oui et non. Sombre si rien ne change, mais les adeptes de la fin de l’histoire n’ont pas encore gagné j’en suis persuadé.