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Pierre Régnier

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    Pierre Régnier 25 décembre 2011 10:39


    C’est dans de nombreux pays d’Afrique que les femmes, particulièrement courageuses, feraient un monde pacifique, égalitaire et solidaire…


    si les démocraties ne les trahissaient, à Paris et ailleurs en Europe, là où l’égalité des sexes est officiellement proclamée.


    Puisse 2012 être l’année qui verra la fin de cette trahison.



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    Pierre Régnier 20 décembre 2011 18:29

    @ Valérie Igounet (s’il lui arrive de lire les commentaires d’Agoravox TV)

     

    Dès sa sortie en 2000 j’ai lu votre Histoire du négationnisme en France. C’est un livre précieux, dont je recommande la lecture à mes amis, et que je tire de temps en temps de ma bibliothèque pour me remettre à l’esprit des évènements et des noms que j’ai plus ou moins oubliés.

     

    C’est en mars 2000 que j’ai achevé et daté un petit essai, toujours inédit, que j’ai titré Désacraliser la violence religieuse, objectif qui me préoccupait depuis des décennies.

     

    Je suis né en 1938, et j’ai découvert le génocide des juifs vers ma quinzième année. Avant cela j’étais bien conscient qu’on sortait d’une terrible guerre, mais il me semble que le sort qui y avait été fait aux juifs n’était pas le contenu principal des informations sur le sujet.

     

    Dans mon petit essai j’avais inclu une Lettre ouverte à Roger Garaudy, que j’avais en vain, dans un premier temps, proposée en tribune libre au Monde, puis qu’avait publiée le journal philosophique dirigé par Oscar Brénifier, Le vilain petit canard.

     

    C’était une époque où Le Monde publiait de piètres libres opinions sur Garaudy pourvu qu’elles tapent sans mesure sur le bonhomme. Ainsi avait été publié un papier de Robert Rédeker qui reprochait au Monde de qualifier Garaudy de "philosophe" simplement parce qu’il était agrégé de philosophie et publiait des livres qu’il prétendait philosophiques. "On devrait alors", disait ironiquement Rédeker en substance "considérer le négationnisme comme une philosophie et l’enseigner comme telle à l’école de nos enfants".

     

    J’avais écrit, via Le Monde, une lettre à Rédeker pour me moquer de lui, en lui faisant remarquer qu’il se comportait comme les staliniens qui avaient effacé, des photos historiques de la révolution d’octobre, le visage de Trotsky quand celui-ci était devenu un "traître" dans la propagande des nouveaux maîtres.

     

    Ma moquerie pour Rédeker me rendit d’autant plus à l’aise pour le défendre, plus tard, quand ce fut lui qui subit les attaques odieuses - comme par exemple celle de Pascal Boniface dans Témoignage Chrétien à l’automne 2006 - après ses justes critiques de l’islam dans son fameux article du Figaro.

     

    Depuis, des journalistes du Monde ont rejoint les judéophobes "de gauche" qui justifient leur antisémitisme par leur "antisionisme", et qui ne reconnaissent comme véritable antisémitisme que celui qui s’exprime encore au Front National. C’était prévisible.

     

    Vous n’avez pas rejoint ces intellectuels égarés, mais est-ce suffisant ? Ne pensez-vous pas qu’on n’en serait pas là - à cette judéophobie de gauche en France comme aux égarements anti-israéliens et pro-islamistes au Moyen Orient - si on avait accepté de voir l’inacceptable complaisance multimillénaire pour la conception criminogène du Dieu de l’Ancien Testament au service de son "peuple élu".

     

    Si, par exemple, on avait reconnu que, dans Les Mythes fondateurs de la politique israélienne, Garaudy relevait un véritable problème dans le premier chapitre titré par lui "Les Mythes théologiques".


    On ne gagne jamais durablement à négliser ou à nier un grave réel problème pour servir une plus importante noble cause, comme par exemple la dénonciation de l’ignoble négation du génicide des juifs par Hitler.


    "L’autre négationnisme" ici relevé devra bien être reconnu et combattu lui aussi très fermement. J’ai longtemps cru et espéré que des penseurs aussi honnêtes et scrupuleux que Daniel Sibony ou Pierre-André Taguief allaient le faire. Ils ne l’ont pas fait.


    Puissiez-vous être l’historienne qui, courageusement, le fera. 



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    Pierre Régnier 20 décembre 2011 11:30



    @ Catherine Ségurane

     

    L’islam "reste dans sa violence moyen-âgeuse", dites-vous.

     

    Je crois, moi, que cette violence est le fruit de la "spiritualité" criminogène contenue dans le Coran, justifiée et prônée par le prophète Mohamed (par ailleurs contre-exemple en humanité dans sa vie personnelle).

     

    Il me semble que la principale différence entre votre pensée et la mienne est ici : Je crois en plus que la violence coranique n’a été possible que parce que les Pères de l’Eglise catholique ont confirmé et justifié la violence antérieure du Dieu des juifs et des chrétiens (trahissant ainsi le prophète juif Jésus dont ils se réclamaient).

     

    Quinze siècles plus tard, et alors que cette croyance dans une authentique "juste violence ancienne" de Dieu commençait à tomber en désuétude après Vatican II, le cardinal Ratzinger, mauvais conseiller de Jean-Paul II devenu par la suite son successeur Benoît XVI, l’a réanimée, re-dogmatisée et re-sacralisée.

     

    Et ses théologiens, comme lui redoutablement dogmatiques, ont publié la terrible Bible annotée de Jérusalem (en 2001, le Nouveau Catéchisme, lui, est de 1998).

     

    Dans cette Bible les notes réaffirment que la criminalité de Dieu était réelle, juste et bénéfique à l’époque de l’Ancien Testament, notamment quand Dieu appelait au génocide des cananéens  : il s’agissait, disent explicitement les monstrueux théologiens, d’annoncer la venue, plus tard, du merveilleux Jésus qui, lui aussi, obéira totalement à Dieu mais, cette fois, pour appeler à l’amour et à la paix universels.

     

    Je suis convaincu que, dans l’Eglise catholique actuelle, de nombreux responsables, y compris à de très hauts niveaux, ont pris conscience de la gravité de l’erreur qui a consisté à suivre le dogmatique Ratzinger et à en faire un pape mais, en plus de la difficulté qu’il y a toujours à reconnaître ses fautes, ils sont face à un énorme problème "de gros sous", comme je le disais déjà il y a 6 ans dans un texte reproduit ici sur Agoravox :

     

    http://www.agoravox.fr/actualites/religions/article/quand-la-communaute-sant-egidio-31120

     

    Comme vous, Catherine Ségurane, je souhaite que les musulmans rejettent la violence moyen-âgeuse fruit de la croyance directement criminogène enseignée par le prophète Mohamed et les rédacteurs du Coran. Mais, contrairement à vous, je crois qu’ils ne pourront le faire que si le judaïsme et le christianisme rejettent leur croyance indirectement criminogène, antérieure mais réactualisée et revivifiée par Ratzinger / Benoît XVI.


    Cette croyance judéo-chrétienne qui a permis la violente croyance coranique.


    Pour les catholiques et les chrétiens en général, il s’agit d’adhérer vraiment et d’adhérer seulement au merveilleux message de Jésus contenu dans les Evangiles. 



  • vote
    Pierre Régnier 19 décembre 2011 18:11


    @ Catherine Ségurane

     

    Voici donc que m’est montrée une mauvaise compréhension DE PLUS. Et, comme vous n’êtes pas morice, elle m’atteint très durement.

     

    C’est qu’elle touche le centre et le sens mêmes du combat que je mène depuis maintenant 20 ans dans le domaine religieux.

     

    Je suis persévérant dans ce combat car il me semble de la plus grande importance : je ne crois pas DU TOUT à la possibilité de la paix sur terre sans un changement radical, une INVERSION de la pensée religieuse en la matière. Je ne crois pas être obstiné, buté… et, si l’on me montrait que je me trompe je suis certain que je le reconnaîtrais : je ne vois pas de valeur plus indispensable dans la vie que l’honnêteté envers soi-même.

     

    Je sais que vous avez lu mon texte "Benoît XVI, premier responsable de la violence religieuse" mais je vois que vous l’avez lu trop vite, ce qui est excusable puisqu’il est très long.

     

    C’est précisément la Bible de Jérusalem, que vous me conseillez, que je considère comme le pire de tout dans l’Eglise d’aujourd’hui. Mais entendons-nous bien : je parle de la version ANNOTEE ajoutée après le Nouveau catéchisme par des théologiens aussi GRAVEMENT DOGMATIQUES que Ratzinger / Benoît XVI lui-même. Je me cite :

     

    "" La Bible annotée de Jérusalem, éditée en France en l’an 2000, juste après le Nouveau catéchisme (1998) nous donne la « bonne interprétation ». En de nombreux endroits elle nous dit de multiples manières que « le glaive c’est la Parole de Dieu ». Mais c’est sans doute en marge du Livre de Josué que les théologiens papistes donnent le plus écoeurant exemple de « bonne interprétation ».

    Les chapitres 3, 4, 7 et 8 décrivent avec de nombreux détails la conquête du nord et du sud de Canaan. Chaque fois que le « Dieu Sauveur » livre une cité à son peuple en lui assurant la victoire il insiste pour que tous les ennemis soient « passés au fil de l’épée » afin que ne reste absolument aucun survivant. La consigne est respectée, jour après jour, jusqu’à la fin du massacre. Une note en marge nous dit la leçon que nous devons en tirer : « La puissance de Josué réside dans son total abandon à la volonté de Dieu. Il fait comme Yahvé lui avait dit. Il préfigure ainsi le Christ Jésus dont la toute puissance sera l’obéissance jusqu’à la mort : « non comme je veux, mais comme tu veux ».

    Jésus donnera sa propre vie dans l’obéissance à « Dieu son Père », et il la donnera pour faire comprendre aux humains qu’ils « doivent s’aimer les uns les autres ». Josué massacre tout un peuple pour occuper sa terre mais il faut comprendre, selon les théologiens « interprétant correctement » que, dans les deux cas, c’est le même enseignement qui est donné au lecteur ! C’est ce qu’annonce d’ailleurs explicitement l’introduction au Livre de Josué : « L’ensemble du  livre est une figure de la vie et de l’œuvre qui seront celles de Jésus-Christ. Le Dieu Sauveur fait entrer son peuple, l’humanité, dans la Terre promise, figure du royaume à venir, le Royaume des Cieux ».

    Et les « bons interprètes » n’hésitent pas à créer, dans cette Bible de l’an 2000, un personnage unique à deux têtes, deux âmes, deux conceptions humaines complémentaires, pour eux très cohérent, qu’ils nomment « Josué-Jésus » !  ""

     

    Dans le passage que vous critiquez je n’ai pas précisé, comme je le fais habituellement, ce qui distingue Benoît XVI de Mahomet après leur commune - et écoeurante selon moi - manière de voir la "Parole de Dieu" : le pape dit que Dieu A CESSE depuis 2000 ans d’appeler à massacrer des peuples, Mahomet et ses descendants d’aujourd’hui disent que ses appels au meurtre SONT TOUJOURS VALABLES.

     

    Moi je dis que JAMAIS Dieu, s’il existe, n’a appelé à massacrer. Je dis que ce sont des CHERCHEURS DE DIEU qui le lui ont fait dire. Je le disais déjà dans ce texte publié il y a 4 ans :

     

    http://www.centpapiers.com/la-decennie-au-profit-des-enfants-du-monde-va-finir-en-catastrophe/76309

     

    Et j’insistais encore dans cette suite publiée deux ans plus tard :

     

    http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/irina-bokova-voudra-t-elle-64907

     

    Et je considérais déjà ma réflexion comme se situant DANS LA CONTINUITE de celle des CHERCHEURS de Dieu que, comme tels, j’ai toujours respecté.

     

    Vous avez raison de dire qu’il n’y a, chez les chrétiens, "aucune complaisance dans les massacres". Vous avez tort de dire que "le fondamentalisme catholique cela n’existe pas", même si vous reconnaissez que l’Eglise "se réserve le monopole de l’interprétation". Autre citation du dernier texte conseillé ci-dessus (un passage revenant bien souvent dans mes écrits sous une forme ou sous une autre) :

     

    "" La fameuse "interprétation" est depuis toujours, dans toutes les religions monothéistes, la manière de dire que c’est le lecteur qui ne sait pas lire lorsqu’il tire des conséquences désastreuses, mais parfaitement logiques, de sa lecture. C’est aussi la manière de lui faire porter seul la responsabilité de ses actes, et d’innocenter l’institution qui lui a donné ses mauvaises lectures. Je crois qu’il serait plus honnête, plus courageux, et même plus bénéfique pour ces religions, qu’elles reconnaissent enfin que leur erreur - gravissime - fut dans la divinisation / sacralisation / dogmatisation de simples créations littéraires humaines, celles de chercheurs de Dieu, le plus souvent très bien intentionnés parce que soucieux de trouver, pour soi et dans son rapport avec les autres, la plus noble, la plus juste manière de vivre la vie sur terre.

     Il faut cependant insister sur ce qu’est devenue, dans les faits, la conception violente de Dieu cultivée par les religions monothéistes. Aujourd’hui les juifs et les chrétiens, même s’il faut regretter leur persistante tricherie théologique, ne demandent plus jamais, dans aucune de leurs composantes, que la prétendue violence de Dieu soit mise en application. On peut même soutenir que c’est en trahissant le Jésus dont elle se réclame que l’église catholique tient à la considérer comme toujours vraie pour l’humanité contemporaine de l’Ancien Testament. Le judéo-christianisme continue de former des croyants schizophrènes, mais il n’est plus qu’indirectement responsable de la violence religieuse effective du monde actuel.

     Il n’en est pas de même de l’islam, dont le prophète a affirmé la prétendue criminalité divine "pour la bonne cause", valable sinon éternellement, du moins jusqu’à ce que le Dieu coranique domine le monde dans sa totalité. Et c’est en se référant très explicitement au prophète Mohamed et à son Coran que des musulmans méprisent aujourd’hui très ouvertement, très publiquement, tout ce qui ne vient pas de cette loi religieuse, qu’ils empêchent les femmes de vivre une vie réellement humaine, qu’ils maltraitent et qu’ils tuent. ""

     

    Ne vous inquiétez, Catherine, ni pour moi ni pour les chrétiens. Ils supportent pour le moment le dogmatisme intolérable (indirectement criminogène) de leur pape mais, dès qu’un membre de l’institution catholique dira que le problème mérite au moins réflexion, ils le suivront massivement, j’en suis convaincu, en clamant qu’il est plus que temps qu’on le reconnaisse. Et la radicale réforme viendra alors très vite.

     

    Encore un extrait d’un texte plus ancien, après ma vaine tentative de faire réfléchir tout de suite après le 11 septembre 2001 :

     

    "" Le problème de la violence religieuse sacralisée se présente exactement comme se présentait, il y a quelques années, celui du principe quasi-sacré de la "non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats". Nous étions probablement très nombreux à penser que, lorsque des violations manifestes des Droits de l’homme pouvaient être constatées dans certains pays ce principe était choquant et inacceptable, et qu’il fallait au contraire le remplacer par un droit, voire un devoir d’ingérence. Nous ne savions comment faire prendre en compte cette conviction et ne l’exprimions que dans des courriers privés. Il n’a fallu que l’expression publique de cette conviction par quelqu’un qui avait accès aux médias - Bernard Kouchner - pour que le devoir d’ingérence soit exigé aussitôt par un grand nombre d’individus et très rapidement obtenu. Une fois rendue publique l’exigence de désacralisation de la violence, les religions ne tarderont probablement pas, sur l’insistance de leurs fidèles, à procéder à la désacralisation. "" (PR déc. 2001)

     

    Pardon d’avoir été très long mais, d’une part les éditeurs n’ont pas voulu que je dise tout cela dès le 15 septembre 2001 et, d’autre part, j’en reste persuadé : nos enfants et ceux qui les suivront NE POURRONT PAS connaître durablement la paix sur la terre tant que la conception criminogène de Dieu n’aura pas été RADICALEMENT REJETEE PAR LES INSTITUTIONS DU MONOTHEISME.

     

    Bien cordialement.



  • vote
    Pierre Régnier 18 décembre 2011 22:20

    Bien d’accord, DIVA, sur le mercantilisme devenu première religion du monde. Pas sur le reste.
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