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Je n’ai jamais entendu autant d’ânerie de la part de TV...
Il semble qu’elle vienne (enfin) de découvrir que les indicateurs officiels mentaient, et que le pays était pillé et saccagé depuis plusieurs décennies. Mais pour ce faire, il aura fallu qu’elle s’appuie sur un point de vue très personnel (et erroné) de l’économie, qui l’amène à reléguer le problème du partage des fruits du travail et à rejeter l’idée de rétablir une juste participation de la minorité qui se les accaparent.
Déjà, elle confond deux problèmes distincts, qui sont la santé économique du pays (c’est-à-dire la taille du gâteau à partager) et la redistribution des richesses (c’est-à-dire les parts relatives du gâteau attribuées aux convives). La réforme des retraites et la taxation des riches, mais également la part des bénéfices consacrée à l’investissement productif, sont des questions relatives au second problème... qu’elle occulte alors qu’il a des conséquences directes sur le premier (au même titre que la mondialisation, la financiarisation, l’UE, l’euro, etc.).
En effet, l’économie ayant pour finalité de fournir à la population ce dont elle a besoin, son bon fonctionnement suppose surtout que cette population (retraités inclus) dispose d’un pouvoir d’achat et donc de revenus suffisants pour y prendre part, et que l’on ait réalisé à tous les niveaux les investissements nécessaires à la production de richesses utiles (à l’inverse de la tendance actuelle, donc). Ainsi, un juste partage des richesses créées apparaît comme essentiel à l’économie du pays.
Ensuite, son point de vue que la production d’objets conditionnerait la survie, au contraire des services qui n’interviendraient que sur les conditions de production de ces objets, n’est pas pertinent.
En effet, un service hospitalier n’a pas pour finalité de favoriser la production d’objets (sauf peut-être dans la tête des capitalistes misanthropes) mais de profiter directement aux populations en sauvant des vies. A contrario, nombre d’objets produits (comme par exemple les gadgets électroniques) ne sont d’aucune réelle utilité pour la survie des populations.
Enfin, son idée d’exclure les services de la définition des richesses produites sous prétexte qu’ils seraient forcément déjà comptés dans la valeur ajoutée d’un bien matériel est tout aussi incongrue.
Par exemple, les populations ont besoin de survivre aux maladies et aux accidents, tout comme elles ont besoin de se nourrir. Le médecin crée donc, à partir de ses connaissances et de ses savoir faire, un bien immatériel essentiel qu’est la préservation de la santé et de la vie. La valeur produite par son travail, qu’on paye au travers d’une partie de ses honoraires, est similaire à la valeur ajoutée créée par le travail de l’agriculteur qui produit la nourriture dont les gens ont besoin pour manger, et on peut l’estimer en utilisant les mêmes méthodes.
Quand on s’intéresse à la valeur ajoutée créée par un ouvrier qui fabrique des objets, ni l’achat de sa nourriture ni le paiement de ses consultations chez le médecin n’entrent en ligne de compte. Ou alors il faudrait considérer qu’ils interviennent tous les deux. De ce point de vue, les services médicaux n’auraient pas plus de raison d’être exclues du bilan économique que l’industrie agro-alimentaire.
Bien évidemment, la valeur créée par un service qui intervient effectivement dans la production d’un objet ne doit pas être comptée une deuxième fois dans la valeur ajoutée de ce dernier. Mais cela est également vrai pour les composants matériels qui interviennent dans la production de cet objet.
La présence dans le bilan économique des richesses immatérielles créées par les services reste pertinente tant qu’on traite celles-ci de la même manière que les richesses matérielles.
Il ne fait aucun doute que la falsification des indicateurs officiels va bon train, que la définition, l’élaboration et/ou l’utilisation du PIB sont à revoir, et qu’une société qui repose principalement sur une économie de services est en grand danger. Mais ce ne sont pas des raisons pour raconter n’importe quoi.
@mmbbb
Vous avez raison.
Néanmoins, pour faire comprendre les mécanismes de cette perte de souveraineté, il convient de désigner sans erreur les causes et les responsables des effets qu’elle produit.
Quand bien même Nicolas Hulot aurait lu le rapport et fait lancer la construction de six EPR (on peut toujours rêver, hein !), cela n’aurait rien changé aux difficultés actuelles de nos boulangers (et de tous ceux, encore plus nombreux, qui se retrouvent dans une situation similaire). Le commentaire de Pascal Praud induit une confusion entre le racket organisé au moyen de l’AREHN, qui résulte directement du diktat de la Commission Européenne, et les errements de nos politiques écolos anti-nucléaires. Cela n’est certainement pas de nature à résoudre nos problèmes, particulièrement dans un contexte où, pour les régler, certains réclament justement encore plus d’AREHN.
Comment voulez-vous que les gens puissent voter dans l’intérêt général et dans leur propre intérêt, alors que les médias passent leur temps à les induire en erreur ?! En leur servant des informations incomplètes, imprécises, inexactes ou mensongères, en se retenant de leur présenter des informations essentielles et en les abreuvant de conclusions incongrues ou absurdes, les « journalistes » nuisent gravement aux capacités de compréhension de nos concitoyens.
Je rappellerai par exemple que le référendum de Maastricht, qui a ouvert la voie à l’abandon de notre souveraineté au profit de l’UE, s’est joué à seulement 539000 voix (2,08 %). Cela n’a été rendu possible que par une opération d’enfumage médiatique qui, en relayant les mensonges politiques, en rendant les informations obscures et indigestes ou en s’abstenant d’énoncer les conclusions qui s’imposaient, est parvenue à convaincre 13 millions de "oui" et à démobiliser les 11,6 millions d’abstentionnistes qui auraient pu faire toute la différence.
Ici, mon propos est que les journalistes portent une lourde responsabilité dans les mécanismes qui ont conduit à la situation actuelle et qui empêchent qu’elle s’améliore. On attend d’eux qu’ils nous informent, et non pas qu’ils racontent n’importe quoi pour susciter des réactions émotionnelles au détriment de la réflexion... comme le fait malheureusement Pascal Praud dans cette vidéo.
Un détail qui a son importance.
Pascal Praud dit à propos de Nicolas Hulot : « ... et aujourd’hui, à cause de gens comme lui, on est en difficulté et les boulangers ne peuvent pas... comment dire... avoir de l’énergie, ou ils la payent dix fois plus ... ».
Nicolas Hulot a certainement une part de responsabilité dans nos problèmes énergétiques actuels, a minima du fait de son inaction lorsqu’il était au gouvernement en 2017-2018.
Mais les difficultés financières que nos boulangers rencontrent aujourd’hui, elles, sont le résultat de l’organisation néolibérale du marché de l’électricité, dictée par la Commission Européenne, imposée sous la menace et transposée en France dans la loi NOME de 2010 (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité) et son dispositif AREHN (Accès Régulé à l’Électricité Nucléaire Historique).
Il ne faudrait pas que, dans la recherche des responsables de la situation actuelle qu’on mène depuis quelques mois, certains soient jetés en pâture à la vindicte populaire (certes avec raison) pour faire oublier que d’autres ont eu une part de responsabilité encore plus importante et qu’ils continuent toujours de nuire.
@arthes
Sauf que le sens du terme « race » ne se limite pas au seul concept désigné ainsi dans le jargon de cette branche particulière de la science qu’est la taxinomie (d’ailleurs, le mot « racisme » qui en découle ne se limite pas non plus à cette seule acceptation).
Dans le langage courant (celui de l’Académie Française) il désigne aussi (et entre autres choses) le type de rapprochements et de distinctions que vous rappelez.
Or, ne plus voir dans des mots qu’une seule signification à l’exclusion de tout autre constitue un énorme obstacle à la communication et à la pensée. (Par exemple, imaginez un monde où le mot « cheval » ne serait plus utilisé que pour exprimer la puissance du moteur sous le capot d’une voiture : on ne pourrait plus dire ni même concevoir simplement que des chevaux gambadent dans un pré.)
Quand cette forme d’illettrisme est provoquée, on a affaire au syndrome de la novlangue du roman 1984 de George Orwell, dans lequel il décrit une simplification lexicale et syntaxique destinée à empêcher la formulation et l’élaboration d’idées susceptibles de menacer le régime totalitaire qui sévit. Malheureusement, on n’a plus affaire à une fiction.
De plus, quitte à amputer le dictionnaire pour des raisons idéologiques, il est assez bizarre que ceux qui cherchent à le faire ne souhaitent conserver que le sens taxinomique du terme « race », c’est-à-dire justement celui qui a servi de faux prétexte scientifique au massacre de millions d’êtres humains et provoqué les traumatismes qu’on connaît.
@Mr.Knout
L’Académie Française s’occupe de la langue française, que vous vous évertuez manifestement à comprendre de travers quand on l’emploie.
Soit vous êtes incapable de saisir ce que dit Michel Onfray, soit vous tentez très maladroitement de faire croire que Michel Onfray ferait de la taxonomie animale quand il parle d’êtres humains, et que son propos aurait le sens particulier que vous souhaitez lui donner plutôt que celui, bien plus évident, que j’ai rappelé ci-dessus.
Bref, c’est bien vous qui êtes bête, pas lui.
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