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  • Premier article le 19/07/2018
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    PumTchak PumTchak 29 janvier 2019 21:43

    @Belenos

    Ok alors mettons de côté le mot « intelligence » et remplaçons par « capacités à faire des choses ». Non seulement les machines ont certaines capacités dont ne disposent pas les humains (et vice et versa), mais elles peuvent aussi dénaturer les capacités humaines.

    Le rapport amoureux, par exemple, avec une poupée animée qui parle et interagit. Et la déviance amoureuse, si elle est partagée par un nombre significatif d’humains dans une société, peut devenir une nouvelle norme, pour laquelle il faut être tolérant, sinon vous êtes encore un machinphobe d’ultra droite. C’est vite fait d’ailleurs : un chanteur gagne l’Eurovision grâce à son duo avec sa bionique (le mot est pas mal, d’ailleurs), puis on rajoute un R comme robotique à l’acronyme sans fin de LGBT+ et c’est torché. Même si la machine ne connaît pas le sentiment amoureux, elle a tout de même la capacité à faire perdre la singularité de ce sentiment chez les humains.
    .
    Je reviens à Fei Fei Li : elle a aussi appris à son programme (ImageNet) à devenir capable de décrire en langage humain les scènes des images qu’elle lui présente. Elle pourrait aussi lui programmer la valeur esthétique : un ciel bleu meilleur score qu’un ciel gris, encore plus avec un arc-en-ciel, et un Soleil meilleur score quand il est coloré d’autres nuances que le jaune dominant. Et ainsi des milliers, ou plus, d’informations de toutes sortes, avec des lois mathématiques de formes, répartitions, harmonie, etc... En lui ajoutant des bras mecaniques, le programme peut combiner des paramètres esthétiques (optimisation des scores), pour produire une nouvelle chromatique jamais peinte, ou un nouveau trait qui révèle des réminiscences d’une scène plus puissantes que l’impressionnisme, ou une composition abstraite encore plus océanique que le triptyque bleu de Miro. Et puis installer des programmes ImageNet à chaque continent, monitorés par des scientifiques de cultures différentes, qui produiront de tableaux typés les uns par rapports aux autres.

    Si je trouve un tableau d’ImageNet plus joli qu’un Jeff Koons, ou que la plupart des tableaux de Pollock : je dis que ce n’est pas de l’art car c’est signé numériquement, alors que l’étron de Koons est de l’art parce que conçu par un esprit vivant ? Je prends un exemple provocateur, mais vous voyez que l’intégrité de l’art comme expression de l’esprit peut aussi en prendre un coup.

    .

    Les machines n’auront jamais de conscience, d’esprit ou d’intelligence, comme les humains, surtout si vous persistez qu’elles sont le propre de l’homme. Mais elles les dénaturent, elles rongent la singularité humaine au point que ce qui était « naturel », « en soi », ne l’est plus. L’essence, un des concepts fort de toute la philosophie depuis Aristote est en train de fondre comme un sucre sur une flaque.

    .

    Beo111 a dit des choses intéressantes : De toute façon pour revenir au titre de la vidéo la machine ne peut pas être créative au sens où on l’entend, mais elle peut si bien simuler la créativité que de toute façon, vu que nous sommes tous plongés dans le Maya (la Grande Illusion) ça fait pas une grande différence.

    Les machines en deep learning accumulent la mémoire des expériences, comme les humains. Elles restent sous forme d’engrammes, ou d’empreintes, dans la matière numérique ou dans la matière biologique. Les matériaux ne sont pas les mêmes, un métal ne ressent pas comme un être fait de chaire, mais ils accumulent les images des réalités qui les entourent ou les confrontent, pour renforcer la capacité à faire des choses.

    .

    Et, à tout hasard : je n’adhère pas, je ne fais qu’essayer de décrire un cauchemar.



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    PumTchak PumTchak 29 janvier 2019 09:26

    @Belenos

    La réalité virtuelle, qui supplante celle humaine, l’augmentation des équipements et performances aux activités dépassant les nôtres, finissent par créer un nouvel hubris. Il s’impose et s’autonomise dans notre environnement générant son propre écosystème artificiel, régulant et domestiquant les activités de notre espèce. Le GAFAM peut déjà mieux décrire votre personnalité que vous ne pourriez le faire. Les machines n’ont peut-être pas la conscience pour comprendre, mais l’explosion des connexions electro-numériques réduisent, du moins dans ses résultats, les écarts de compréhension entre l’humain et la machine qui donne de plus en plus d’ordres à nos activités.

    .

    Depuis Etienne de la Boetie, on sait notre propension à la servitude volontaire. C’est notre espèce qui transfère vers les machines les moyens de nous prendre en charge. L’homme se laisse prendre à son propre piège d’inventer des créatures à son image, comme dirait l’autre démiurge, avec la créature pouvant finir par dépasser le créateur. La machine est le substitut de l’homme, mais jusqu’à quand ?

    .

    Le transfert est aussi affectif, on le sait avec les assistants domestiques et les poupées sexuelles. Mais cela va plus loin : au-delà des prouesses du robot Atlas découvertes avec sa vidéo devenue virale, cette séquence, jusqu’à 2:23, nous informe de la sollicitation (ou son détournement) de notre sens moral nous poussant à « défendre » la machine contre l’humain « persecuteur ». Cela dépasse les 3 lois d’Asimov. On sait que beaucoup de membres de la SPA préfèrent les animaux aux humains, cela peut marcher aussi pour les robots. La série « Real humans » raconte une fiction (encore lointaine), mais tout à fait plausible de la conquête des droits des robots androïdes aux côtés de ceux des humains.

    .

    Autre transfert : les machines n’ont pas de sexualité et en ignorent tout le déploiement de l’intelligence humaine, un luxe rare de l’univers. Mais ils peuvent fabriquer d’autres machines, répliquer, améliorer des lignées artificielles, ou des cerveaux de substitution. Ce n’est pas une nouvelle espèce, certes, mais elle peut prendre place parmi les espèces. L’hominidé était insignifiant jadis, il n’avait pas d’espoir de monter au sommet de la chaîne alimentaire, mais sans crocs, ni griffes, ni force ni masse musculaire, il a supplanté toutes les espèces en utilisant d’autres lois qui n’existaient pas entre elles.

    .

    Une fourmi ne comprend pas comme nous, mais elle a une intelligence collective, une puissance grégaire que nous n’avons pas. La connexion des machines peut développer sa propre compréhension, par exemple sa nature rationnelle alors que la nôtre ne peut pas l’être. Hal 9000 nous a avertis : ce ne sont pas les machines qui font des erreurs, mais les humains.

    .

    Je ne nie donc pas l’émergence d’une intelligence artificielle. Si je n’y crois pas trop, c’est plutôt pour une raison externe : l’accident écologique qui nous ramènera à nos réalités premières.



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    PumTchak PumTchak 29 janvier 2019 08:58

    @Zatara

    Dire l’inverse est aussi une posture.

    En effet. Je ne suis pas un geek ni un scientifique et les nouvelles technologies ne m’enchantent pas, ou alors il faut examiner plus en détail. Mais ce n’est pas prudent non plus d’affirmer qu’une machine ou un ensemble de connexion ne peut pas devenir intelligent.

    Cela me rappelle le mantra des années 80 qui disait que les chinois ne savent qu’imiter, pas inventer. Y compris mon prof d’économie qui m’énervait tout le temps avec ça. Maintenant, on comprend l’erreur, mais c’est trop tard.

    Je développe plus bas.



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    PumTchak PumTchak 28 janvier 2019 14:32

    @Belenos

    Pourtant David Louapre montre bien la différence entre les le programme qui joue au échecs et celui qui joue au go. Le premier est un algorithme qui examine et compare les différents coups possibles dans un jeu, alors que celui du go est un programme deep learning : il a accumulé une mémoire de jeux qui ont été joués et cette mémoire permet de passer de la performance (le nombre d’opérations examinées à la secondes) à la pertinence (la retenue des coups les plus intéressants à piocher dans la mémoire). La différence entre ces deux programmes est l’accumulation utile d’expériences.

    Fei Fei Li, dans la vidéo ci-dessous explique comment elle a appris à un programme doté d’une caméra à reconnaitre un chat dans une image. Un chat est petit ou plus grand, peut avoir différentes positions corporelles, a différentes couleurs de pelage, peut être à moitié caché par un meuble : il faut le reconnaître. Et il faut savoir le distinguer, par exemple, d’un raton-laveur. Et une statue de chat n’est pas un chat. La chercheuse est partie du processus d’apprentissage de l’enfant et a confronté le programme à des milliers (millions ?) d’images, afin qu’il puisse reconnaître un chat en toutes situations. Et ainsi de différents objets.
    https://www.youtube.com/watch?v=40riCqvRoMs

    Dire qu’une machine ne peut pas être intelligente, c’est une posture. A défaut de définir l’intelligence (ce qui n’est pas facile), on l’essentialise ce qui permet l’entourloupe de se dire que seuls les humains sont intelligents. On procède par élimination, (le "oui mais") en disant que mais la machine n’est pas créative, puis mais qu’elle n’a pas d’émotion, puis mais qu’elle ignore ce qu’est l’amour, etc... Mais le progrès scientifique, lui, permet à la machine de maîtriser peu à peu les différents aspects de l’intelligence humaine. Il y aura toujours des philosophes ou des artistes à grands cheveux, pour dire "attention, ce n’est pas pareil", pendant ce temps, les machines iront en dépassant les capacités humaines. Pour l’instant elles conduisent automatiquement des voitures, elles écrivent des compte-rendus synthétisant différents documents, tiennent compagnie et le rôle d’aide soignant aux retraités japonais, etc...



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    PumTchak PumTchak 19 janvier 2019 10:07

    @medialter
    .

    Oui P’pa.

    .

    Ils ne sont pas rentrés à la niche les GJ ? Tout était prévu pour qu’ils se satisfassent de leur vie de con non ?

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