En allant
plus loin, il y a la question du déclencheur. Dans les cosmogonies, il y a un
milieu qui contient tout, en sommeil (Noun, Wuxi, œuf primordial, chaos…), d’où
naît le démiurge (Atoum, Pangu, Brama, Gaïa…).
Mais c’est
plus flou pour ce qui déclenche. Une graine peut rester sèche plusieurs années,
puis dans l’eau nutritive, il y a le tac, un coin de la graine qui pète, puis
le germe blafard qui sort, impatient du Soleil pour prendre des couleurs. Le
moment qui fait le tac, n’a jamais été bien compris.
Après si on
prend le modèle du Multivers, le problème est résolu d’une certaine manière, ou
renvoyé en arrière-fond, c’était l’hypothèse de Démocrite, c’est la cosmogonie
bouddhique.
Maintenant,
pour la connaissance sur l’Univers, on sait de moins en moins ce qu’est la
matière. Les atomes comme des boules de nucléons et les billes qui tournent
autour, les électrons, c’est fini. Ce sont plutôt des nœuds, ou nuages, ou
champs d’énergies qui font systèmes avec des équilibres des charges inverses. La "matière" ne serait tout au plus qu’une pellicule de surface, et encore.
De Même la "conscience" de l’Univers (en utilisant ce mot par défaut, peut-être une énergie de base...)
pourrait être un bruit de fond, diffus, global qui se condense avec des accumulations
locales de matières, en systèmes intriqués et corrélés, ou système d’informations.
Ce qui fait
la spécification des espèces et leurs évolutions darwiniennes, ne sont que des systèmes d’informations, engrammés,
des imagos (comme la graine qui n’est pas le marronnier, mais qui l’est quand même, au moins en programme), reproductibles, évolutifs et tellement condensés, qu’il en émerge chez les êtres vivants des tits bouts de consciences, comme des tites lumières.
Dit
autrement, l’univers a son intelligence propre, avec les nôtres spécifiques,
qui font partie de l’intelligence générale (pour le meilleur, comme le pire,
hélas avec notre espèce).
Ce qui est sûr, en tout cas, c’est que ça fait du bien de sortir de la cosmogonie figée et éternelle par des religions abrahamiques, et de pouvoir reprendre, comme l’ont fait les anciens, les spéculation spirituelles sur notre place et notre sens dans l’Univers. (sauf si entretemps le matérialisme transhumaniste, ou l’Islam crétin, n’ont pas tout recouvert comme une espèce envahissante. Je suis moins optimiste que vous sur le sujet).
Et vive notre système immunitaire naturel ouais ! et que ceux dont il est déficient crèvent !
Du tout. Qu’on puissent les soigner, au contraire. Ça s’appelle la médecine, ce qu’elle a toujours fait et ce qui est maintenant interdit. Vous l’avez écrit : le vaccin (quand ça marche, c’est moi qui ajoute), ça sert à prévenir, pas à soigner. Mais vos instants de lucidité sont bien trop fugaces.
La métaphore avec le téléphone est intéressante. Si vidéo=conscience,
si on coupe une vidéo d’un téléphone, elle ne disparaît pas, puisqu’on peut la
voir à partir d’un autre téléphone. Auquel cas notre corps biologique ne serait
qu’un support.
Mais ça demande un incommensurable boulot de pensée, car on est loin
de tout ça. En commençant par l’expérience constante de la singularité de notre
conscience. il est impossible de sentir comment est son conjoint,
par exemple, d’être à sa place et dans son corps. La panoplie des sentiments
et émotions permettent de s’en rapprocher, mais c’est pour mieux comprendre que
l’altérité est irréductible.
Autre inconnue : quid des animaux ? Les humains auraient une conscience capable de
se déplacer et de se réincarner dans d’autres humains ultérieurs et ce serait
niquedouille pour les autres êtres vivants ?
Maintenant qu’on en sait un peu plus de l’histoire de l’Univers,
que l’énergie et la matière ont propension à élaborer la complexité, dont nous
sommes nous-mêmes un résultat, ça n’a rien de déconnant d’imaginer que sa "conscience" ou quelque chose d’équivalent s’éveille avec. Cela a d’ailleurs déjà été raconté dans différentes cosmogonies. Et les êtres vivants seraient alors
des supports, ou des signaux, plus ou moins élaborés de cette "conscience" universelle, ou d’une
parcelle de celle-ci. Auquel cas, le bouddhisme aurait eu la bonne intuition
avec son éveil, son Nirvana.
Bon, ça n’a pas l’air de rendre les humains plus
intelligents sur Terre, qui sont en train d’accumuler des folies collectives. C’est
con. Même si l’idée est sympa : que nous soyons parties-prenantes de cette
conscience universelle et co-constructeurs de l’ordre du monde possible et des harmonies délectables. Puisque tels que nous sommes faits, nous sommes naturellement plus proches de Vishnou-la-paix dans la Trimurti.