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Et je m’excuse pour la formule "fantasmes post-pubères", effectivement, ça n’apporte rien à la conversation.
Le nationalisme n’était pas prédominant en 1870-1880. Il avait quelque victoire à son actif (en Allemagne) mais il ne règnait pas sur l’entièreté de l’Europe loin de là. Le libéralisme était prédominant.
Le nationalisme est une idéologie politique, le libéralisme est un principe de philosophie politique, l’un et l’autre ne peuvent pas être mis sur le même plan ni même être opposés historiquement puisqu’ils apparaissent environ à la même période (fin XVIIIème siècle) et sont tous deux issus de la même souche révolutionnaire "de gauche" : le premier auteur à parler de nationalisme pour le fustiger est l’abbé Barruel, un catholique conservateur réactionnaire à l’origine des théories du complot autour de la révolution française... en réalité nationalisme et libéralisme convergent durant une longue période :
- avant 1850, à travers le mouvement du printemps des peuples, les libéraux et les nationaux - souvent les mêmes - s’opposent au système Metternich, sorte de corporatisme continental des dynasties d’Ancien Régime.
- après 1850, nationalisme et libéralisme divergent politiquement mais continuent de s’associer : on parle d’ailleurs de national-libéralisme dans le cas de l’Allemagne ou du second empire français, Napoléon III ayant mené à la fois une politique économique libérale et une politique étrangère nationaliste. En Angleterre, le libéralisme est porté par l’impérialisme le plus brutal, et réciproquement.
Ce n’est qu’à partir du moment où le nationalisme passe progressivement à droite (du boulangisme encore de gauche aux antidreyfusards) que les courants commencent à s’opposer radicalement. Parallèlement, les républicains de gauche rompent progressivement avec le socialisme (répression de la Commune) et s’associent aux libéraux pour mener des réformes.
Donc ta perception du libéralisme et du nationalisme comme idéologies opposées au XIXème siècle est subjective plus qu’historique.
Le
libéralisme classique disparu complètement au tournant de 1914, détruit
précisément par ces mouvements collectivistes (nationalistes, etc.).
Là c’est le problème de la poule et de l’oeuf. De mon point de vue, le libéralisme "disparaît" parce que les moyens de production capitalistes ont été concentré et centralisé dans les mains de l’Etat pour soutenir l’effort de guerre, mais ce n’est pas le cas partout.
Ensuite, tu exagères la force des nationalistes. En réalité, les crédits militaires diminuent jusqu’au début des années 1910. Chez les Républicains, comme chez les socialistes et les syndicalistes, l’antimilitarisme, le pacifisme, voire une certaine germanophilie internationaliste dominent, faisant hurler Maurras le germanophobe. Les socialistes ne votent pas la loi des trois ans. Nombre de "collectivistes" rejettent le concept même d’Etat-Nation qui est de leur point de vue un instrument entre les mains de la bourgeoisie libérale. Bref, c’est complexe. Mettre d’un côté des libéraux parés de toutes les vertus et de l’autre des "collectivistes" assoiffés de destruction et de nationalisme, c’est caricatural. Poincaré, qui dirige la France après la guerre, est tout sauf un collectiviste enragé, et Jacques Rueff est d’ailleurs un de ses proches conseillers durant la crise du franc.
Comment croyez-vous que des Marx ennemi public par excellence pouvait
s’en aucun problème se déplacer en Belgique puis à Londres ? Alors que
de toute évidence c’est pas exactement la tasse de thé ou de bière des
gouvernements en place ?
Si tu appelles le fait de fuir la censure ou d’être chassé d’un pays du "libéralisme", bon, certes... de toutes façons, ce cosmopolitisme concerne exclusivement l’élite financière et intellectuelle européenne, et existait déjà auparavant dans l’Europe des cours.
Pour le reste le libéralisme était prédominant mais il n’était en rien
seul. Il était en compétition direct avec les mercantiliste et leur
impérialisme. L’impérialisme était condamné par les libéraux sauf
exception notable comme Gladstone, libéral britannique qui était
historiquement contre mais défenda néanmoins l’intervention en Egypte en
1882.
C’est bien ce que je dis. Quand vous êtes confronté à un décalage entre votre vision idéaliste du libéralisme et la réalité, vous avez exactement le même réflexe que les communistes dogmatiques : ’’c’est pas du vrai libéralisme". Autrement dit, quand le libre-échange n’est pas si libre que ça et se décline à la pointe des cannons de la Royal Navy, c’est du "mercantilisme". C’est faux, encore une fois, les lois et les politiques mercantilistes sont toutes supprimées en Angleterre à mesure que son hégémonie sur les mers et les voies commerciales devient incontestable (défaite de la Hollande puis de la France). A partir du milieu du XIXème siècle, l’Angleterre pratique officiellement le "laissez-faire" qui est une doctrine totalement opposé au mercantilisme. Mais vous allez encore m’expliquer sans doute que ce n’était pas du "vrai" laissez-faire mais une variante paradoxale de "mercantilisme"... désolé mais c’est un tour de passe-passe purement rhétorique.
Pour prendre une analogie, c’est comme si une entreprise détruisait toutes ses concurrentes grâce à des pratiques illégales et non concurrentielles, puis déclarait ensuite l’ouverture totale à la concurrence.
Ce qui est gênant avec vous (au sens général) c’est que vous évacuez une argumentation entière pour pinailler sur des points de détails. Il me semble avoir démontré que la suggestion de Nyméo était absurde, c’est sur cela qu’il faudrait répondre.
Vous faites reposer votre raisonnement sur une croyance que vous étayez a posteriori (il n’y a pas de pénurie énergétique, juste des manipulations capitalistes). Un article tiré d’un site politiquement orienté ne suffit pas à remettre en question les centaines ou milliers de statistiques sur l’évolution de la production énergétique et agricole.
Comme je l’ai dit, la spéculation est liée à la rareté. On peut sans doute manipuler les marchés sur une période relativement courte, mais certainement pas induire artificiellement une raréfaction planifiée à l’échelle planétaire durant trois ou quatre décennies. Un constat demeure : les économies occidentales ne se sont jamais remises de l’ébranlement des crises pétrolières des années 70 qui a marqué la fin du pétrole abondant et bon marché.
Si un boulanger dans un village isolé diminue sa production de baguettes ou la quantité de farine qu’il utilise pour fabriquer une baguette, on peut supposer qu’il espère ainsi améliorer sa rentabilité ou augmenter son prix de vente unitaire.
Si à présent la production de baguette diminue dans toute la France durant 10 ans, ou si le coût unitaire d’une baguette augmente en raison du prix des matières premières - ce qui n’est pas tellement éloigné de la réalité - il devient beaucoup plus difficile d’imaginer une manipulation artificielle des prix.
C’est une façon de voir les choses. L’autre façon est de constater que les Français recrachent ce que les médias leur vendent : du socialisme il y a 40 ans, aujourd’hui du libéralisme. Forcément le français moyen qui entend parler des "économistes" et autres experts de la dette matin, midi, et soir dans les principaux médias, finit par obtempérer et voir le monde comme ses élites veulent qu’ils le voient.
La démocratie, quoi...
@oliderid
Jolie histoire mais tout ça est faux. Déjà, le nationalisme se développe dans les années 1870-1880, soit durant la phase la plus libérale de l’histoire française sur le plan économique, inspirée par le modèle britannique.
Le protectionnisme (partiel) est rétabli à la fin du XIXème siècle pour une raison assez simple : parce que les autres pays ne jouent pas le jeu de la "libre concurrence" et protègent leurs industries exportatrices : Allemagne, USA... Quant à l’Angleterre elle applique une forme de protectionnisme qui ne dit pas son nom en instaurant un système de "préférence impérial" au sein du Commonwealth. En gros, on a exactement le système actuel avec les mêmes contradictions et déséquilibres qui finiront par produire les mêmes effets...
En revanche, c’est la période où les pays occidentaux - Angleterre en tête - contraignent les marchés à s’ouvrir au commerce international et à adopter des législations très libérales, si besoin par la force : convention de Kanagawa imposée par les Américains au Japon, guerre de l’Opium lancée par l’Angleterre contre la Chine.
Personnes et marchandises pouvaient se ballader librement (lire : aucun règlement) d’un pays à l’autre.
Vous êtes drôle, là.... il faut arrêter de prendre vos fantasmes libertariens post-pubères pour la réalité.
Pour le reste, rappelons que cette période que vous tenez en haute estime est aussi celle de Zola, du travail à la mine et de la pauvreté institutionnalisée par le darwinisme social. L’espérance de vie des ouvriers et des travailleurs est largement inférieure à celle des bourgeois et des rentiers.
Au fond vous êtes atteint de marxisme mental, il y a d’un côté le libéralisme irénique basé sur le "droit" , et de l’autre les méchants nationalistes protectionnistes... sauf que cela n’est jamais arrivé au cours de l’histoire.
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