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  • 4 votes
    Joe Chip Joe Chip 29 janvier 2020 21:49

    @yoananda2

    La liberté par exemple de pouvoir critiquer une religion sans être traitée de pute et lynchée en place publique (sur les réseaux sociaux). 

    Ma remarque se voulait ironique à un moment où les politiques, en particulier au gouvernement, donnent dans la surenchère féministe (#metoo) et prétendent défendre les droits des femmes, la liberté des femmes...

    Or voilà une gamine de 16 ans jetée à la vindicte des barbus pour avoir "blasphémé", menacée de mort, déjà déscolarisée tandis que la justice ouvre une enquête pour "incitation à la haine raciale" et que la ministre de la justice l’accuse "d’atteinte à la liberté de conscience".

    C’est évidemment la lâcher dans la mesure où l’atteinte à la liberté de conscience ne peut être retenue que pour des individus et non pour une religion.



  • 6 votes
    Joe Chip Joe Chip 29 janvier 2020 15:47

    @yoananda2

    Je n’aime pas trop cette façon de saucissonner et triturer les propos pour les reformuler à ta propre sauce, les annoter, en distribuant bons et mauvais points, je crois que mes intentions sont claires et qu’on ne peut pas m’accuser de la moindre complaisance à l’égard des autres identitaires (primaires et "de droite") que je dénonce au même titre que les identitaires "de gauche" qui disent en réalité les même choses mais au nom d’une conception détournée et relativiste de l’égalité. 
    Ainsi, pour un identitaire de gauche, la liberté de blasphémer n’est pas reconnu comme un droit universel mais comme un droit relatif qu’il faut définir en fonction des individus. Ainsi on peut sans aucun problème dénoncer Jésus et la religion chrétienne dans la mesure où celle-ci est associée, dans cette logique, à la culture historique des dominants blancs. En revanche on ne devrait pas pouvoir s’attaquer frontalement à l’Islam dans la mesure où elle serait la religion de peuples "dominés", racisés ou colonisés.
    Il faudrait donc constamment réévaluer nos principes et les géométriser en fonction de critères raciaux, religieux, sexuels. 

    sous la pression d’une idéologie importée des campus américains

    La French theory, Derida&co qui ont fait un détour chez les amerloques et qui nous revient en boomerang, en effet.

    Il faut arrêter avec ça, la "french theory" n’est pas française, c’est juste un terme qui a été acollé de manière assez arbitraire par les Américains à un corpus de textes appartenant plus ou moins au champ du post-structuralisme. Cela fait longtemps que les cultural studies puis les partisans des identity politics ont dépassé le déconstructivisme des "Derrida&co" qui ne sont d’ailleurs plus du tout révérés par ces derniers. Foucault a été abondamment critiqué ces dernières années par les progressistes américains pour son conservatisme, son élitisme, son abstraction ou son opacité, en bref pour son côté irréductiblement français. 
    T’as déjà lu "Derrida&co" et les cultural studies ? Bon, soyons sérieux, ça fait partie des trucs que tout le monde fait semblant de connaître sans en avoir lu 10 pages.

    je mets entre guillemets car je ne crois pas à l’existence sociologique d’un tel vote

    Et pourtant ... Les musulmans votent peu, c’est vrai. Mais ils ont voté à 90% pour Hollande, et ça a fait le petit plus qui lui permis de gagner face à Sarkozy. Alors bon, on ne peut pas dire que ce vote n’existe pas et qu’il n’a pas d’influence,

    Ben écoute tu as le droit de penser ce que tu veux mais je répète qu’il n’y a pas de vote sociologique ni de "destin électoral" induit par le fait d’être musulman. Il y a sans aucun doute une partie des musulmans relativement importante qui considère que le facteur religieux est déterminant au moment du vote, mais ça ne constitue pas une classe homogène et quantifiable du point de vue de la sociologie. Par conséquent il n’existe pas de vote sociologique musulman. 

    Toujours est-il que LREM envoie des gages aux musulmans

    Oui parce qu’ils savent ce que je viens d’expliquer.

    Non, parce qu’ils posent des calculs électoraux en vue de 2022 comme je viens de l’expliquer. 

    Quant à la défense de la liberté des femmes

    Tu peux préciser ? quelles libertés au juste sont défendues de nos jours ? le féminisme première et 2ème vague ont effectivement défendu le statut des femmes. Mais aujourd’hui ? le post-féminisme du patriarcat du steak, ils défendent quoi au juste ? les lubbies de l’égalité des salaires (lol) ? d’abord ce n’est pas une liberté, ensuite c’est faux. Et pour le reste, je ne vois pas de quelles libertés ont parle. Le post-féminisme est une guerre contre les hommes (blancs, hétéro, éduqués), ouverte.

    Tu devrais directement arriver à ta conclusion, qui est en fait ton postulat ("guerre contre les blancs"), avant de passer par un pseudo-argumentaire censé répondre à mes propos sur la liberté des femmes. 

    Mila s’est faite traité de sale pute et de sale blanche, mais pas par un gaulois (qui, en dehors des cathos se moquent de qui couche avec qui généralement), par des arabozulmans.

    Bon voilà, on y arrive, en fait t’es pas content parce que je ne fais pas une lecture racialiste de cette histoire, mais une lecture politique, et que je ne tombe pas dans un réquisitoire contre les arabo-musulmans, en prenant par exemple soin de préciser que les islamistes s’engouffrent dans la porte ouverte par des gens qui croient mener un combat progressiste contre un "homme blanc" tout aussi essentialisé.
    Pour le moment, je m’intéresse surtout au traitement politique et médiatique de cette histoire. Se faire traiter de sale pute par des abrutis sur internet, c’est moche, je suis d’accord, ça peut même être traumatisant, mais c’est beaucoup plus grave d’être lâché, juridiquement parlant, par une ministre de la justice en exercice qui affirme que l’insulte à la religion (cad le blasphème) constitue un délit dans le droit français ("l’atteinte à la liberté de conscience" qui ne peut concerner que des individus).



  • 10 votes
    Joe Chip Joe Chip 29 janvier 2020 14:21

    Après l’ouverture d’une enquête du Parquet pour "incitation à la haine raciale" (en raison d’une "insulte" relevant du blasphème c’est à dire du droit à la critique de la religion), la ministre Nicole Beloubet a cru bon d’ajouter ce matin au micro d’Europe 1 que les propos de la jeune femme constituait une "atteinte à la liberté de conscience", de mieux en mieux :

    « Dans une démocratie une menace de mort est inacceptable, c’est absolument impossible, c’est quelque chose qui vient rompre avec le respect que l’on doit à l’autre. L’insulte à la religion c’est évidemment une atteinte à la liberté de conscience, c’est grave, mais ça n’a pas à voir avec la menace. »

    On a là un cas d’école du "et en même temps" et de l’hypocrisie du gouvernement. On feint de réprouver les menaces de mort visant cette jeune femme tout en les rationalisant via un sous-entendu appuyé ("évidemment, c’est grave") et ce alors même que la justice n’a pas établi les faits.

    Rappelons que les islamistes développaient la même dialectique faussement ambigüe au moment des attentats de CH, superficiellement condamnés en ajoutant aussitôt derrière qu’il n’y avait pas de fumée sans feu.

    C’est scandaleux d’entendre une ministre de la justice s’exprimer ainsi. La liberté de blasphémer est dans les faits suspendus, car qui osera encore critiquer le prophète ou l’Islam en tenant compte d’une part des risques encourus (tant physiques que psychologiques) et de l’attitude ambigüe des autorités ? 

    S’il fallait encore à certains des démonstrations de 1) l’américanisation croissante des élites du pays sous la pression d’une idéologie importée des campus américains faisant passer l’identité, notamment religieuse, avant l’appartenance à la communauté politique nationale et 2) de la compromission électoraliste de la macronie prête à tous les renoncements pour avoir le "vote musulman". Je mets entre guillemets car je ne crois pas à l’existence sociologique d’un tel vote, contrairement aux identitaires de gauche qui voient tout à travers le prisme de l’identité raciale et religieuse. Toujours est-il que LREM envoie des gages aux musulmans ou à la frange conservatrice des musulmans, en croyant sans doute ainsi pouvoir éviter la formation de listes communautaristes en banlieue qui ferait basculer beaucoup d’électeurs du côté du RN, adversaire probable et anticipé de Macron dans le cadre du second tour à la présidentielle de 2022. 

    Quant à la défense de la liberté des femmes, on voit bien que dès lors que celle-ci ne coïncide plus avec les impératifs prioritaires d’un combat antiraciste dévoyé et instrumentalisé, elle tombe tout en bas de la hiérarchie intersectionnelle et il devient possible d’accabler publiquement une jeune femme, de la soumettre à l’opprobre et à la violence sexiste avec la caution légale des autorités et de la justice du pays.



  • 3 votes
    Joe Chip Joe Chip 29 janvier 2020 13:29

    C’est complètement personnel, il n’y a rien de politique dans cette opposition. Les macronistes ont un côté petit bourgeois moqueur, ils aiment se payer la tête des petits, des gens qui déparent et ne font pas partie de leur monde (les technocrates qui savent tout mieux que tout le monde).

    Hulot était ainsi passé lentement mais sûrement du statut de mascotte écologiste du gouvernement à celui de souffre-douleur de Macron et de ses petits potes du conseil des ministres qui prenaient paraît-il, le grand écolo pour un grand niais un peu lent au démarrage.

    Même chose pour notre génie des mathématiques qui aurait fait les frais de blagues potaches mais bien senties stigmatisant un autisme supposé et des tics comportementaux peu compatibles avec l’idée que ces gens-là se font de l’übermensch économique de la mondialisation.

    Bref, dans un cas comme dans l’autre, c’est l’histoire du cave qui se rebiffe et qui finit par devenir incontrôlable en comprenant qu’il a juste été l’élu d’un dîner de con politique, instrumentalisé pour servir de caution à l’air du temps (écolo) et de mascotte sympathique permettant d’agglomérer un électorat disparate d’individus sensibles qui aimeraient "changer les choses" sans toutefois remettre les dites choses en question.

    Rappelons que Griveau était aussi l’auteur immortel de la saillie drolatique présentant les gilets jaunes sous les traits de "la France qui roule au diesel et fume des clopes". 

    C’est ça, la France de Macron, la France des petits bourgeois et des parvenus qui se prennent pour la noblesse d’Ancien Régime, des cons qui savent tout et des DRH qui se foutent la gueule du monde jusqu’à ce que la réalité revienne leur claquer dans la tronche.



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 15 janvier 2020 16:41

    @Jean Robin contre Fantômette

    Ce n’est pas vraiment le logiciel de l’antiracisme des années 80 mais plutôt la fixation raciale et communautaire des Américains qui voient tout mais absolument tout à travers le prisme de la race et de la couleur de peau. Les Américains, qu’ils soient de droite ou de gauche, blanc ou noir, sont absolument obsédés par la race. Quand l’équipe de France a gagné la coupe du monde en 2018, les médias les plus libéraux on salué une victoire de l’Afrique, ce qui avait d’ailleurs donné lieu à un échange agacé entre l’ambassadeur de France et un présentateur télé qui affirmait que "l’Afrique avait gagné". Obama lui-même avait déclaré que les joueurs français ne ressemblaient pas à des gaulois. 
    Les Américains sont tout simplement passés du ségrégationnisme à une vision positive de la race en tant qu’affirmation identitaire. Au fond, c’est évidemment le même constructivisme racial mais il est désormais perçu comme "progressiste", même s’il produit les mêmes pathologies : haine des autres, victimisation, séparation communautaire, désignation de boucs-émissaires extérieurs au groupe, etc. 

    Nos antiracistes historiques sont largués par ce mouvement, ils n’en sont plus du tout à la pointe et ne l’animent pas culturellement. 

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