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  • 7 votes
    Joe Chip Joe Chip 14 septembre 2018 11:37
    Je vous livre le scénario de l’élection européenne. 

    En Phase 1 (9 mois < >3 mois) les médias vont lancer l’opération "Il faut sauver le soldat Le Pen" alors que Macron a déjà réduit le scrutin à un choix simple entre le camp des "progressistes modérés centristes" (gentils) et des "populistes conservateurs de droite et de gauche" (méchants).  

    Durant cette phase, Marine Le Pen sera invitée partout, traitée avec complaisance voire bonhommie sur les plateaux télé, les cadres du FN seront accueillis comme des invités politiques "faisant partie de la vie politique nationale" selon l’expression consacrée. Les chroniqueurs expliqueront avec condescendance qu’il faut "écouter cet électorat dans la détresse".

    Vers la fin de cette phase, les sondages montreront que le FN/RN est "au coude à coude" avec LREM. Dès lors, tous les éléments de la dramaturgie électorale seront en place et plus rien ne pourra changer le résultat.

    La Phase 2 (3 mois < > 15 jours) dite opération "Vous n’allez quand même pas voter pour ces nazis" sera alors lancée par les médias qui changeront alors totalement de ton et d’approche vis à vis du FN. MLP sera questionnée impitoyablement sur le Vel d’Hiv, la torture en Algérie, les sombres histoires de jeunesse d’un obscur conseiller communal d’un village du Vaucluse, les liens supposés d’un cadre du FN avec des néonazis autrichiens ou tchèques. L’électorat du FN sera désigné comme un cheptel problématique d’inadaptés sociaux et sociétaux prêts à "sacrifier l’Europe" et la dignité essentielle de la nation à leur petits griefs mesquins.  

    Cette phase se conclue inévitablement par l’épisode du Retour du Vieux (3 semaines < > 1 semaine) qui lance une salve de petites blagues et de propos humiliants sur sa fille dans les grands médias en réaction à une supposée "trahison du Front National" par cette dernière.

    On commencera alors à entendre les refrains médiatiques du "Retour des Vieux Démons" et autre "Vous voyez bien que seule la devanture a changé, la boutique est toujours la même".

    Enfin, la dernière phase commence quand les experts économiques lancent des prévisions anxiogènes tout azimut dans les journaux et les émissions d’actualité : les retraites et les pensions ne seront plus garanties, l’inflation va augmenter, la dette va exploser. Cette terreur économiciste mélangeant éléments rationnels et irrationnels démobilise définitivement les secteurs de l’électorat qui auraient pu faire basculer le scrutin, les uns ne voulant/pouvant pas porter le stigmate moral associé au vote FN, les autres redoutant de perdre 100 ou 200 euros de pouvoir d’achat.

    Ce petit scénario bien huilé depuis 20 ou 30 ans ne permettra pas à Macron de faire un carton mais de remporter sans coup férir l’élection avec une base électorale sociologique de 20%. Et cela continuera tant que la famille Le Pen sera en charge de l’électorat dit "contestataire", ce que la jeune Marion semble d’ailleurs avoir parfaitement compris, en cherchant à la fois à se distancier de son héritage familial et à se rapprocher d’un électorat socialement plus homogène, avec des valeurs de droite et des intérêts mieux définis.


  • 6 votes
    Joe Chip Joe Chip 12 septembre 2018 17:22

    @maQiavel

    On pourrait te répondre que les rivalités fratricides entre Anglais, Français et Espagnols n’ont pas empêché la colonisation globale des Amériques par les Européens ni la conversion des autochtones au catholicisme. Pendant tout ce temps, l’Eglise universelle Romaine ne cessait d’appeler à la paix entre les belligérants et au bon traitement des indigènes. Il n’empêche que les colons tout en étant rivaux justifiaient leurs entreprises au nom de la religion, les uns (protestants) considérant que l’Amérique était une nouvelle Terre Promise offerte au Peuple élu de la Nouvelle Alliance, les autres (catholiques) que l’Eglise devait accueillir en son sein les Indigènes qui possédaient une âme semblable à la leur, c’est à dire les convertir.

    Je dirais même au contraire : l’émulation entre des acteurs concurrents au sein d’une même dynamique contribue à renforcer cette dynamique bien mieux que ne le ferait une puissance unique, homogène et centralisée entièrement consacré à cet objectif. 

    On pourrait citer de multiples exemples historiques, comme les rivalités entre peuples germaniques durant l’antiquité tardive : ces peuples se combattaient et se fuyaient les uns les autres, certains étaient tour à tour des ennemis ou des alliés de Rome, tous s’inscrivaient néanmoins dans une dynamique historique incontestable de poussée vers l’ouest qui a entraîné ou accéléré la dissolution de l’Empire Romain.

    Et après tout, la Chine, à l’époque où les Européens se projetaient sur les océans, a renoncé à l’aventure coloniale, sans doute en partie parce que les pressions internes - militaires, démographiques et religieuses - qui s’exerçaient en Europe, poussant les puissances continentales à se livrer une concurrence féroce sur les mers et dans les colonies, n’existaient pas en Chine où l’autorité impériale régulait la quasi-totalité des activités après être parvenu à supprimer toute opposition interne, défaire tous ses ennemis potentiels et sécuriser son territoire derrière la Grande Muraille. 

    Evidemment, l’analogie est un peu formelle mais montre bien quand même que les critères d’hétérogénéité (culturels, politiques, nationaux...) ne sont pas forcément exclusifs ni contradictoires avec une certaine forme d’homogénéité civilisationnelle/religieuse - et peuvent même au contraire traduire son dynamisme interne. Il serait un peu trop facile de s’appuyer sur un relevé pointilliste et didactique des innombrables nuances qui divisent ou opposent les musulmans pour nier l’existence, l’emprise ou le dynamisme actuel de l’islamisme, notamment au sein de la société française.

    Pour revenir à la France, on sait tous que l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie, l’Algérie et le Maroc se livrent une guerre d’influence interne via un certain nombre d’officines politiques, culturelles ou religieuses qui constituent leur relai politique en France, qui se déroule à trois niveaux :

    - institutionnel/politique : la prise de contrôle des instances communautaires et autres bidules institutionnels mis en place par l’Etat (l’exemple typique étant l’UOIF qui a d’ailleurs été classée comme "organisation terroriste" - ne pas rigoler - par les EAU car contrôlé par les Frères Musulmans liés au Qatar et à la Turquie) 

    - religieux/cultuel  : imposer une vision conservatrice de l’Islam passant par la défense du port de voile, la promotion/diffusion du halal, l’implantation de mosquée, le soutien scolaire, les associations sportives, etc. 

    - culturel/communautaire : exercer une domination sur les esprits au sein de la/les "communauté(s)" comme le fait par exemple Erdogan en sollicitant la fibre nationaliste des Turcs de la diaspora 

    Peut-on en conclure pour autant que cette concurrence manifeste nous empêche du même coup de penser une dynamique d’islamisation de la société française qui lui serait concomitante voire sous-jacente ? 

    Je ne le crois pas et je dis sans forcément souscrire à la plupart des analyses des "anti-islams" (que je ne connais pas dans le cas d’Alain Wagner). A titre personnel je parle d’ailleurs le moins possible d’Islam, car je pense qu’il s’agit en partie d’une diversion pour ne pas parler d’immigration (sujet dont on ne parle jamais en France, d’un point de vue technique, soit on est dans le racisme décomplexé ou l’humanitarisme abstrait des bobos) et pour l’Etat de se défausser de ses responsabilités abyssales derrière des rapports inutiles de 800 pages qui ne font que reprendre des analyses et des conclusions déjà connues depuis 20 ou 30 ans.



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 11 septembre 2018 14:55

    @DJL 93VIDEO
    @microf

    La Chine n’a pas été colonisée par les Européens, mais plutôt assujettie, subordonnée. 

    La colonisation est un processus irréversible qui transforme en profondeur une société, en particulier sur le plan culturel. Le Canada, l’Algérie ou l’Inde (ou en remontant encore plus loin, la Gaule) ne sont jamais redevenus ce qu’ils étaient avant la colonisation, ce qui n’est pas le cas de la Chine, qui a conservé sa langue, ses traditions, ses moeurs, et même son système politique, sauf à considérer que le maoïsme a constitué une forme particulière de "colonisation idéologique".  

    Les Chinois s’estiment les égaux, sinon les supérieurs, des Occidentaux, c’est pourquoi ils démontrent aussi cette morgue à l’égard des anciennes colonies africaines. Du reste, comme tous les peuples asiatiques, les Chinois raisonnent en termes de rapport de force et la mentalité victimaire leur est étrangère : est bon et bien ce qui domine, est mauvais et répréhensible ce qui est dominé. 

    C’est pourquoi il est un peu absurde d’attendre de leur part une "sensibilité" particulière à l’égard des pays africains et anciennement colonisés, en supposant qu’il existerait une communauté de destin ou au minimum une confraternité des pays du sud contre "les pays occidentaux". Cette dialectique marxisante est totalement révolue, la Chine est à la pointe du capitalisme mondialisé, il serait quand même temps de vous réveiller. L’organisation des pays non-alignés n’est plus qu’une coquille vide et ne servait d’ailleurs à l’époque qu’à rehausser le prestige international du parti communiste chinois face au "grand frère" russe.



  • 2 votes
    Joe Chip Joe Chip 10 septembre 2018 13:19
    scolastique
    nom féminin
    1. 1.
      Philosophie et théologie enseignées au Moyen Âge par l’Université.
    adjectif
    1. 1.
      Relatif à la scolastique.
    2. 2.
      péjoratif
      Qui rappelle la scolastique décadente, par son formalisme et son abus de la dialectique.
      Esprit scolastique.


  • 3 votes
    Joe Chip Joe Chip 7 septembre 2018 18:10

    Encore un rapport inutile (800 pages !) qui ne servira à rien et connaîtra sans doute le même sort que tous ces petits amis entassés dans les archives des ministères. 

    Pour faire simple, je suis tout à fait opposé à cet "Islam de France" qui aboutirait à la création d’un énième bidule politique dont les islamistes en costume (CCIF, frérots....) prendraient graduellement le contrôle en interne, marginalisant les "modérés" et autres cocus de "l’’Islam des Lumières", trop habitués à vendre leur Islam idéalisé aux kouffars à la télé.

    "L’islam de France" serait une passerelle à double sens qui permettrait à des islamistes "respectables" de s’ingérer au coeur de la politique d’Etat, selon le principe des vases communicants. 
      
    L’argument apparemment invoqué par les auteurs - créer un statut officiel pour L’Islam en France au prétexte de lutter contre les dérives islamistes - est particulièrement spécieux, et à mon sens sens intellectuellement indéfendable, que ce soit du point de vue laïque ou religieux.
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