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Si j’étais "complotiste" je pourrais même soupçonner Zemmour de chercher de manière délibérée à insuffler ou cultiver chez les Français cet état d’esprit menant de manière logique et fatale au renoncement et au désespoir. Il est certain qu’à force de dire que l’on est fini, au bout d’un moment on finit par l’être....
@Qirotatif
"Zemmour reste bien entendu dans le champ culturel parce qu’il est conscient des limites à ne pas franchir sur un plateau télé mais aussi parce qu’il sait que ses contradicteurs l’attendent tous sur le thème "Vous êtes vous aussi originaire d’Afrique du Nord". "
C’est un procès d’intention qui ne repose sur rien d’autre qu’un ressenti.
Dire qu’une chose est "un procès d’intention qui ne repose sur rien d’autre qu’un ressenti’" est un procès d’intention, n’est pas un argument. Il me serait très facile également de dire que tes propos, en général et donc en particulier, reposent sur des procès d’intention, de la malhonnêteté intellectuelle ou du "ressenti".
Je crois avoir largement pris la place et le temps hier de préciser mes idées, trop sans doute. C’est la raison pour laquelle je rechigne de plus en plus à participer à des "débats" prolongés sur internet. Plus on en dit, plus on se justifie, et plus vos contradicteurs impatients ou peu enclins à vous écouter vous accusent de faire des procès d’intention, d’être dans le "ressenti" (sous-entendu, dans l’instinctuel, pas dans la logique, les faits... ce qui constitue au mieux un argument ad hominem).
EZ réécrit le même livre depuis "Mélancolie française" et ce livre lui donne de plus en plus raison à mesure que le remplacement et le communautarisme progresse.
Ce livre m’est tombé littéralement des mains. Sa thèse de fond, c’est que le peuple français est fini, lessivé, ruiné, trahi par ses élites qui cherchent à le remplacer, au mieux conduit épisodiquement par des chefs d’Etat nostalgiques et dépressifs (de mémoire c’est de cette manière peu flatteuse qu’il décrit le général De Gaulle).
Par conséquent, puisqu’il ne saurait, par sa propre force ou détermination, reconstituer sa "grandeur", sa seule planche de salut serait désormais de se concevoir comme une petite entité ethnique menacée de toute part et qui devrait chercher à conserver l’étant au lieu de chercher à persévérer dans son être tant sur le plan matériel que moral. C’est ce que j’appelle l’indigénisation.
Bref, ce bouquin est la bible des déclinistes franchouillards, ça je l’ai bien compris, et c’est la raison pour laquelle je ne me définis pas comme identitaire ou conservateur tout en reconnaissant la nécessité absolue de lutter contre l’immigration massive (une idée qui ne devrait pas être spécialement "identitaire").
Ce fétichisme zemmourien chez les identitaires est assez amusant. Ils devraient se reporter sur les propos, rares mais instructifs, que Zemmour tient sur Israël. Là il n’est plus du tout question d’un petit peuple exsangue et pathétique promis à la dissolution ou à l’ethnicisation.
En outre, sur le seul plan historique, nombre de ses affirmations sont contestables et ont été contestées.
C’est un décliniste, un nostalgique, un désespéré qui a acté que la situation française ne s’améliorera pas. A titre perso, je ne partage pas ce point de vue sans pour autant contester son état des lieux.
Voilà c’est tout ce qui me dérange chez lui. Et il me paraît difficile de séparer "l’état des lieux" de l’état d’esprit. L’un conduit naturellement à l’autre. Ce que certains à droite comme Rochedy ont d’ailleurs bien compris, prenant leur distance avec ce qu’ils ont correctement assimilé comme un courant essentiellement défaitiste et décliniste de la pensée d’une partie des élites françaises (depuis Chateaubriand) à jamais inconsolable de la faillite de l’Ancien Régime, et qui ne cesse de projeter sa nostalgie de fin de race sur l’ensemble du pays.
Malgré tout ça, je respectais chez Zemmour le dialecticien subtil, l’érudit (partial) et surtout le pourfendeur de bobos surfaits à l’époque Ruquier. Aujourd’hui, il est dans un registre beaucoup plus limité et stéréotypé si le mot caricatural ne te convient pas.
@jjwaDal
Les gens qui ont ou qui plutôt prétendent avoir "décroché de la TV" passent leur temps à suivre et commenter des vidéos issues de la TV. Au mieux, c’est de l’inconséquence, au pire, de l’hypocrisie car comme toutes les statistiques le prouvent, le temps global de visionnage a explosé avec internet, au détriment du temps de lecture ou d’autres formes de loisir.
Ce n’est pas comme si ces gens abandonnaient la télé traditionnelle pour se consacrer au jardinage bio, à la solidarité communautaire, à l’étude, etc... par contre le fait d’avoir décroché superficiellement de leur écran télé leur donne une impression fausse d’avoir décroché du "système" et nourrit leur orgueil.
On peut discuter sur le fond de faire payer ces soi-disant "non-utilisateurs" mais sur la forme on se doutait bien que la correction allait intervenir, exactement comme l’industrie musicale a réussi à faire accepter le streaming payant, une idée qui semblait encore totalement inacceptable durant "l’âge d’or" du téléchargement illégal. Aujourd’hui, les majors du disque qui ont survécu à la crise du mp3 retrouvent des profits très confortables, avec l’assentiment de ceux qui il y a quelques années encore défendaient le téléchargement illégal.
En dernière analyse, le consommateur va toujours là où il peut obtenir le niveau de prestation ou de confort maximal, sans se soucier des implications idéologiques.
Donc il est prévisible que dans quelques années le fait de payer une redevance globale intégrée à un forfait sera passée dans les moeurs de la majorité des "non-utilisateurs".
@Zatara
Ce serait une erreur grave de considérer l’équilibre communautariste anglo-américain comme un modèle... ce sont au contraire des "antis-société" ultra individualiste et parfaitement atomiser. Mais vu l’échec latent fr et l’intérêt qu’il y a à suivre ce mode de fonctionnement, d’autant plus qu’il est parfait dans le cadre d’un empire monde ultra sécuritaire ou tout est marchandise, impeccable, on y va, et avec un cache sexe de gôche en plus....
Désolé mais c’est une caricature. C’est précisément le modèle français qui nie la société et la tradition en posant un lien à la fois puissant et problématique (car exclusif) entre l’individu et l’Etat. Toutes les médiations culturelles, religieuses et sociétales sont à priori écartées.
Dans le modèle anglo-américain, l’Etat est mis en retrait et la loi (common law) devient la médiatrice principale ds rapports entre l’individu et la société. C’est pour cette raison que le modèle anglo-américain accepte que les immigrés conservent leur culture d’origine et continuent de vivre, pour l’essentiel, au sein de leur communauté. Certains n’en sortent jamais et les communautés vivent juxtaposées les unes à côté des autres.
De notre point de vue, leur modèle est dysfonctionnel et conduit à une régression communautariste insupportable. Du leur, le nôtre est dysfonctionnel et conduit à un monopole autoritaire de l’Etat qui impose une culture, une langue voire une religion.
@Belenos
Si vous prenez tous les détails qui constituent un conditionnement socio-culturel, un par un, vous pourrez toujours dire que ce n’est pas ça qui fait un conditionnement socio-culturel. Mais le petit Mohammed sera (toutes choses étant égales par ailleurs)plus enclin à finir par "se balader en tunique avec femme sous chapiteau" que le petit Bertrand. Le prénom peut n’avoir qu’une toute petite influence, mais ça jouera quand même toujours plutôt dans ce sens là... En tout cas, ce n’est pas neutre... sans déconner ! Ne serait-ce que parce que ça va inciter l’enfant à se rapprocher plutôt des autres mômes qui ne se moquent pas de son prénom.
En fait vous avez raison tous les deux.
En tenant compte des éléments que j’ai indiqués plus haut (pas de processus uniforme d’assimilation culturelle) je dirais qu’à l’heure actuelle le fait de donner à un enfant le prénom Mohamed a une signification bien plus forte que de l’appeler Michel en terme de "condtionnement socio-culturel".
Je veux dire par là que Zemmour a tort quand il suppose que donner des noms d’origine chrétienne à des millions d’arabes musulmans contribuerait à leur "assimilation". En revanche, il a raison quand il suppose que la proportion importante de Mohammed dans les maternités traduit la diffusion et la vitalité de la culture arabo-musulmane en France.
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