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@Qirotatif
"Quelques flingues"... le problème c’est que les barbus chiites bénéficient d’une mansuétude dans la mouvance "natio-souveraino-patriote" grâce à Soral (encore et toujours) du fait de leur "antisionisme" affiché alors que le fondamentalisme chiite précède le fondamentalisme sunniste dans sa forme révolutionnaire (79) et est tout aussi virulent même si en façade il peut apparaître plus "policé" et plus politisé. Les conservateurs chiites quand ils sont revenus au pouvoir ont repris les éléments de langage des marxistes et des nationalistes arabes de l’époque pour attirer la jeunesse vers l’islamisme ; en gros, le djihad résoudra la guerre des classes. Ce thème est aujourd’hui central dans la dialectique des islamistes de tout bord, chiites et sunnites et malheureusement la dénonciation générale du capitalisme, de la société occidentale ou de la société de consommation est devenu un mode d’entrée dans l’islamisme pour de nombreux jeunes "en rupture" qui n’ont pas forcément un gros bagage religieux.
En outre, les fanatiques chiites ajoutent à la subversion islamiste de base une dangereuse tendance au mysticisme et au messianisme apocalyptique (préparation de l’avènement du Madhi, thème absent dans le sunnisme).
On le voit très bien ici même et sur de nombreux médias "dissidents" qui relaient complaisamment (apparemment sans trop se soucier des éventuelles conséquences dans le contexte actuel, optimistes les "modos" d’Ago) la propagande hallucinée et les appels au djihad armé de Nasrahllah qui peut appeler à "redessiner la carte du Moyen-Orient" à coups de missiles tout en scandant le nom d’un "martyre" mort il y a un millénaire, mais il glisse le mot "sionistes" dans chaque phrase ou presque donc c’est ok.
Donc en ce qui me concerne il n’y a pas de "pauvre Yahia" qui tienne même si ça ne justifie pas l’attitude complaisante des autorités envers d’autres mouvances comme les frères musulmans, il faudrait être intraitable avec tous les islamistes qui n’ont pas leur place dans la société française.
@Yakaa
Perso, ça m’a fait penser aussi à du Dieudonné, tant sur la forme que sur le fond, et je n’ai pas l’impression d’être en proie à une crise de pavlovisme.
Il faut dire qu’il met le doigt là où ça fait mal c’est à dire sur tout le non-dit suggéré par ces photos. C’est pas seulement les allusions à l’homosexualité, on sent qu’il y a effectivement quelque chose de malsain dans le rapport qu’entretient Macron avec la "diversité".
Car l’érotisation du corps des autochtones (positive ou négative) renvoie à l’imaginaire colonial (ou à l’esclavagisme, aux USA les esclaves noirs étaient fréquemment utilisés comme "jouet sexuel" par leur propriétaires). Ici on a une sorte de renversement bizarre où l’ancien "maître blanc", tout en restant dans un rapport de domination teinté de paternalisme, semble se retrouver dans une position d’infériorité (les regards, les corps noirs dénudés, la sueur....) sans que l’on puisse vraiment déterminer si cette infériorité est subie ou consentie.
La France est dirigée par une caste de hauts-fonctionnaires qui ont progressivement pris le pouvoir à partir du milieu des années 70. Je pense que c’est un des principaux problèmes que nous avons puisque cette caste s’auto-reproduit à la tête de l’Etat en se dissimulant derrière le concept de "méritocratie républicaine" ("vous n’avez qu’à passer les mêmes concours que nous"). On voit d’ailleurs très bien qu’ils sont tous produits dans le même moule et issus du même milieu sociologique. Si Bourdieu, qui a dit et écrit beaucoup de conneries, a été progressivement marginalisé dans la vie des idées en France, c’est aussi parce qu’il dénonçait les mécanismes cognitifs de cette reproduction sociale au sommet de l’Etat.
@Qirotatif
Cette idée que nous autres patriotes/souverainistes serions condamnés à demeurer un mirage politique parce qu’il n’y aurait pas la place entre une extrême-droite qui phagocyte l’électorat de la colère (en gros les prolos Blancs perdants de la mondialisation sur le plan éco comme sociétal) et une droite vaguement libérale (je dis vaguement parce qu’en France, pas grand monde n’est réellement libéral) et plus ou moins conservatrice dont l’électorat est constitué principalement des plus de 50 ans CSP+.
Ce n’est pas un problème d’espace politique mais de lutte des classes. En France, le peuple et la bourgeoisie ne vivent pas dans la même société, c’est tout simple. Va en Angleterre ou aux USA, tu verras la différence. La condition de cette union est l’acceptation sans condition par les "prolos blancs perdants" de conditions de vie objectives qui nous sembleraient insupportables (cumul de petits boulots, pas de sécu, bouffe de merde, parfois ni eau ni électricité). Ces gens vivotant dans l’Amérique profonde sont appelés "white trash" (déchet blanc). Tu vois déjà un peu le scandale provoqué par les petites saillies de Macron sur les ouvrières illettrées, les chômeurs et les alcooliques du nord, donc je te laisse imaginer si demain la droite conservatrice adoptait ouvertement ce ton avec les "petits blancs". La politique de Trump qui a consenti des baisses d’impôt massives en faveur des plus riches et des règles du jeu plus favorables à Wall Street tout en retirant les réformes de l’assurance santé est une bonne illustration de ce "consensus conservateur".
Le monde culturel est objectivement très "à gauche". Une certaine évolution de la société l’a clairement fait pencher en ce sens et ce qui était beaucoup plus équilibré au 19e, s’est nettement polarisé à partir de la 2ième moitié du 20e. Je ne vois pas ce qu’il y a de naïf dans ce constat mais soit, il est peut-être un peu surévalué.
Merci de ne pas déformer mes propos. J’ai dit que c’était l’inversion binaire de ce postulat par la droite qui était "naïve" dans le sens où la gauche n’a pas atteint sa position "d’hégémonie culturelle" après avoir "gagné la bataille culturelle" au sens où Gramsci entendait le concept.
@maQiavel
J’ai de plus en plus de mal à prendre au sérieux Todd. L’humeur et les sentiments personnels semblent vraiment avoir pris le pas chez lui sur le côté académique et universitaire.
Sinon , je remarque depuis plus d’une année ( est ce que ça coïncide avec l’élection de Trump ? ) la multiplication d’articles , de publications , de livres sur le protectionnisme. Même dans les médias audiovisuel et dans la presse écrite , le protectionnisme est souvent abordé avec sérieux. Ca fait bizarre , il y’a quelques années à peine, il était diabolisé et tout ceux qui le préconisaient passaient pour des illuminés voulant mettre fin au sacrosaint libre échange mondialisé. Certes , les libre échangistes sont toujours dominants dans les médias mais le rapport de force est visiblement entrain de changer …
Sans doute un effet de la guerre culturelle
Ou une énième illustration du fait que l’économie n’est pas une science exacte, et que les blasphèmes d’hier peuvent devenir les vérités d’aujourd’hui. Si demain des fascistes prenaient vraiment le pouvoir, tu verrais des économistes expliquer doctement que la planification économique par l’Etat est le seul système viable, qu’il faudrait être tout à la fois irrationnel, fou et dangereusement idéaliste pour imaginer d’autre façon de faire tourner l’économie
Même Baverez a mis beaucoup d’eau dans son vin et semble retourner vers un libéralisme plus classique. Le vent commence à tourner sans doute moins par la prise de conscience des failles conceptuelles de la théorie néolibérale qu’à cause de la peur concrète suscitée par le phénomène "populiste" au sein des élites occidentales.
Cela donne effectivement un truc très bizarre où les élites économiques semblent évoluer vers un néolibéralisme tenant compte du retour en force du sentiment national et du rejet de l’immigration.
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