Si ce que vous dites était vrai, alors là, ce serait effectivement très simple. Mais cela ne l’est pas.
Un Etat qui se retire de l’UE ne s’expose à aucune sanction des pays membres puisqu’il ne reconnaîtrait plus l’UE et donc ne pourrait plus se voir imposer quoi que ce soit.
Là où vous vous trompez lourdement, c’est d’imaginer que parce qu’un Etat invoquerait l’article 50, il échapperait à l’animosité des autres Etats ou des groupes ayant intérêt au maintien de cet Etat dans l’UE (groupe à l’intérieur ou à l’extérieur de cet Etat). Cela, c’est ridicule et c’est faux. Les Européistes n’ont rien à foutre qu’un pays se retire de l’UE en invoquant l’article 50 ou quoi que ce soit. Ce qui les dérange, c’est que cet Etat se retire, et c’est cette décision qui provoque l’animosité que vous évoquez.
La question n’est pas tellement du moyen, qui au fond n’a pas d’importance. Ce qui compte, c’est la décision de sortie, et non pas le moyen qui ne sera que la conséquence de celle-ci.
L’article 50 n’existe que depuis le traité de Lisbonne, mais seuls les Européistes les plus sectaires prétendaient qu’il n’était pas possible de quitter l’UE avant qu’il ne soit introduit.
Si un Etat décide de sortir de l’UE en dénonçant les traités et en cessant donc de les appliquer, ce "moyen" sera peut-être mal ressenti par les autres membres de l’UE, mais il sera tout aussi (et en tous les cas plus rapide) que l’utilisation de l’article 50.
L’autre possibilité, c’est bien entendu que tous les pays membres de l’UE signent un nouveau traité avec l’Etat retrayant.
Je ne connais pas assez l’UPR, mais je ne vois personne d’autre que François Asselineau, avec toutes ses limites, pour tenir le premier rôle. C’est normal et c’est habituel.
Après, il n’y a pas que lui à l’UPR, ce reproche qui est fait n’est pas juste. Vincent Brousseau est de très loin le plus intéressant, mais il n’a non seulement pas la stature mais surtout pas le charisme suffisant pour se démarquer. Ses conférences, très techniques (même moi qui ait étudié l’économie, j’avais parfois du mal à suivre) sont ennuyeuses au possible. Il y a aussi un petit jeune, Charles-Henri Gallois qui lui n’est pas mal du tout. Mais lui travaille, il a un métier et il ne peut pas tenir ce rôle et en plus il est vraiment trop tendre : j’ai essayé d’argumenter avec lui mais très très vite ses limites apparaissent et il ressort le catéchisme uprien (dont en revanche je ne sais pas s’il est le dupe. Vincent Brousseau à mon avis non).
Si FA a créé l’UPR, c’est pour se promouvoir lui. Il ne faut donc pas lui reprocher de le faire, c’est le but premier de l’UPR (et d’ailleurs, toutes les affiches électorales de l’UPR montrait sa tronche).
François Asselineau n’a pas que de défauts. Mais je pense qu’effectivement il n’est pas un bon client pour les médias. Cela a déjà été dit et je ne veux pas appesantir là-dessus, mais son physique n’est pas avenant, c’est le moins qu’on puisse dire. Cela ne fait pas tout et je ne me suis jamais arrêté à cet aspect, mais cela joue (et c’est ce que les militants de l’UPR ne veulent pas comprendre). Ceci étant dit, François Hollande a été élu avec un physique à peine plus flatteur.
Mais surtout, François Asselineau n’est pas un si bon orateur que cela. Perso, je le trouve très mauvais conférencier parce que j’ai la culture et le recul suffisant pour ne pas me laisser embarquer dans ses propos à l’emporte pièce, mais je peux comprendre que d’autres se fassent avoir et le prenne pour bon, surtout compte tenu de son CV. Mais vous lui enlevez son power point, et c’est un orateur plus que quelconque. De même, il débat assez voire très mal, et ce pour plusieurs raisons : la 1ère, c’est qu’il n’a pas du tout l’art de la synthèse (ce que tous les militants UPR, à part les plus acharnés, reconnaissent). La 2nde, c’est que François Asselineau peut se montrer extrêmement arrogant voire méprisant pour ses interlocuteurs tout en se montrant mielleux envers les journalistes (cf. son interview par JJ Bourdin). Et ça, ça ne passe pas. Enfin, je trouve qu’il n’a pas du tout le sens de la répartie (ce qui est très difficile, mais ce qui est sûr c’est que lui ne l’a pas).
Les anglais vont utiliser l’article 50, c’est une certitude mais il n’y a pas de débat là-dessus. Il y a une raison simple pour expliquer ce projet : ils voulaient partir sans négocier autre chose que leurs relations futures avec les pays restants de l’UE.
S’agissant des autres formations politiques (que sont DLF, le MRC ou le FN), la perspective est différente puisqu’eux veulent transformer la nature de l’UE pour faire rendre gorge à la bête fédéraliste. Dans cette optique, il est logique que ces partis ne se limitent pas à l’article 50.
Soit dit-en passant, les partisans du vote leave au Royaume-Uni avaient notamment expliqué qu’ils ne se limiteraient pas à l’article 50 :
A titre personnel, je pense que leur argumentation était bancale. Mais l’important n’est pas là. L’important, c’est de montrer aux Européistes la détermination des partisans du "Leave" à mettre en oeuvre leur programme, quelles que soient les barrières ou arguties juridiques employées par leurs opposants.
Je pense bien entendu que l’article 50 est la voie la plus indiquée pour prendre le chemin du Brexit. Mais les partisans du Brexit ont intérêt à montrer qu’ils ne s’y soumettent que parce qu’ils le veulent bien. Cela peut paraître anecdotique, mais c’est au contraire fondamental. C’est ainsi que les Britanniques récupèrent un pouvoir de négociation.
Si vous ne voyez pas l’incohérence qu’il y a entre insulter les journalistes et réclamer d’être invités par eux, bah, je ne peux pas grand chose pour vous. De même, on ne peut pas à la fois faire de sa prétendue censure un argument de campagne et dans le même temps aller dans plusieurs médias.
Contrairement à ce qu’il raconte, François Asselineau n’est pas censuré des médias : au cours des dernières années, il a été invité plusieurs fois sur BFM TV, sur i-télé, sans oublier son passage, en qualité d’invité principal, à On n’est pas couché en 2014, un reportage lui a été consacré par rien de moins que le 20h de France 2 au sujet de sa page wikipedia... A la radio, il est passé sur RMC, il a été invité dans quantité de radio locales... Bref, il faut arrêter, il est certes peu invité, mais il l’est quand même et il n’y a pas de censure particulière.
Personne ne nie que l’UPR, comme toutes les petites formations politiques nouvelles, est dans une situation très difficile et qu’il lui est très difficile de briser le cercle vicieux que vous et moi décrivons : l’UPR n’est pas ou mal connue, fait de petits scores électoraux qui ne justifient pas que les médias l’invitent, reste marginale etc.
Maintenant, d’autres formations nouvelles très peu médiatisées font des scores proches de ceux de l’UPR. Par exemple, pour les régionales, la liste du parti libéral dont j’ai même oublié le nom menée par Aurélien Véron, qui a été médiatisée sans doute encore moins que l’UPR, a réalisé un score proche de cette dernière (mais il est vrai qu’eux n’étaient présents que dans quelques régions).