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    bebol bebol 12 avril 2012 18:15

    @Cassia : je suis soulagé. J’avoue avoir tout de même douté... Vous auriez pu me confondre avec toug.
     
    @Machiavel1983
     
    Essayons d’être clair (cela va être difficile, je pense) :
     
    - je vois, comme vous, le monde tel qu’il est. Je sais les différences, je sais les antagonismes, je sais aussi les égoïsmes, les haines, les mépris, les misanthropies, etc... L’humain étant ce qu’il est, je ne lui donne pas tant de crédit que cela. Et je ne suis probablement pas quelqu’un de meilleur qu’un autre. Mais ce constat de ma part ne me semble pas devoir être mis au même niveau que celui d’un prétendu socialisant (pour éviter le terme de socialiste) comme Soral ou même d’un homme comme San Giorgio qui, simplement par le fait de faire des conférences, vendre des livres et, surtout, pratiquer cette horrible mise en scène (en début de conférence) consistant à faire s’asseoir tous ceux qui n’entreraient pas dans le monde de ceux qui pourront demain. Ces hommes prétendent à l’exposition d’une autre vie mais, de facto, en excluent un grand nombre pour les raisons que j’ai évoquées plus haut déjà. Cela me semble une attitude stupide et chargée de mépris de leur part.
     
    - je suis athée et n’ai donc aucun rapport avec les religions, la transcendance, la métaphysique, etc... Cela ne m’empêche aucunement de penser en-dehors de ma seule sphère et penser qu’il existe peut-être (oui, il faut préciser ce peut-être, malheureusement) une solution pour tous. Si tant est que cette catastrophe arrivera comme ces deux hommes l’attendent (à lire le commentaire de nimbuss un peu plus bas qui me semble bien intéressant). Cela ne m’empêche pas non plus d’avoir des considérations morales auxquelles je tiens fermement et qui me font voir le monde comme je le vois. Considérations morales qui s’approchent étonnement de l’amour du prochain.
     
    - Lorsque j’utilisais le mot de "force" pour parler d’un leader éclairé (voyez-vous Chavez comme un dictateur ?) prêt à vouloir mener son peuple vers un mieux, je pensais bien évidemment à une force contre un gouvernement établi, non la force contre le peuple. Je crois à la nécessité de certaines contraintes, oui. Je ne crois pas à une totale liberté des individus, agissant en tous lieux et tous temps comme ils le veulent. Voyez où nous en sommes aujourd’hui. Comme je tentais de le dire hier : on peut essayer de mener des individus vers un réel bonheur sans que, eux-mêmes, soient capables de le vouloir pour eux a priori. Si ce chemin ne leur convient pas, le monde est suffisamment vaste pour tenter autrement et ailleurs.
     
    - Ce n’est pas à vous, ni à moi de sauver autrui. Je pense qu’il est à un être de grande et belle volonté de vouloir s’atteler à la tâche (Sankara, par exemple), de s’atteler à cette difficile tâche de réunir les individus, de recréer un véritable lien social, de recréer de la richesse pour son peuple, de la nourriture, un toit et une culture pour son peuple, de récréer un lien qui ne se fera pas que par cette cochonnerie de portable ou cette inhumanité qu’est Facebook. Vous-même désirez trouver votre voie dans ce monde qui sortira de ce chaos possible. C’est bien normal. Mais ce n’est pas à vous, me semble-t-il, de donner à tous autres le chemin vers ce nouveau monde. Des êtres comme Soral ou San Giorgio, tous ceux qui produisent de la littérature, qui font des conférences, se donnent une parole au-dessus du lambda sans nom, sont ceux qui se positionnent comme des personnes capables de produire les idées en vue d’un autre demain. Et ce qui sous-tend les idées des deux hommes en cause dans ces vidéos ne me plait pas du tout.
     
    -Le fait de considérer comme un privilège d’être en bonne santé, d’avoir une fortune personnelle à même de pouvoir "vous retourner", d’avoir les moyens de se préparer ne me sied pas du tout. Il ne me sied pas quand il est prononcé par une certaine élite oligarchique, il ne me sied pas quand il est prononcé par Soral ou San Giorgio. Non pas que j’aie un oeil candide sur le monde, loin de là. Simplement, c’est une manière si facile et évidente de concevoir les choses. C’est si facile de dire : chacun pour sa gueule. Car c’est ce qu’ils disent.
     
    - Je finis ce long blabla par ceci (pour rebondir un peu sur ce qui dit nimbuss plus bas) : Soral évoque la Russie de Eltsine en disant la ruine qu’elle était devenue, la proie de tous les requins possibles et imaginables. Poutine a cherché et cherche à oeuvrer pour son pays, à lui redonner ce qu’il a perdu. Et la Russie, me semble-t-il (selon mes lectures), n’est pas aussi mal que sous Eltsine. Il y a donc preuve que des choses peuvent être faites avant la fin totale du monde... Du moins, le considéré-je comme ça. Notre monde est-il alors aussi assurément promis à la chute vers le chaos et à l’inéluctable destruction comme le prétendent Soral et San Giorgio ?
     
    Je suis désolé d’avoir été aussi long et confus... C’est difficile de se dire précisément sans devoir écrire de longs et interminables paragraphes.



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    bebol bebol 12 avril 2012 16:09

    @cassia
     
    Est-ce moi le petit hystero à la pensée nulle ? Si oui, j’avoue être presque choqué...
     
    @remy40
     
    Vous êtes trop aimable.
     
    Concernant vos considérations sur le sujet de la vidéo : je vais en grande partie dans votre sens sur le besoin d’un retour à la nature, à une réalité plus tangible, plus simple, plus saine, plus pure et plus primaire (au sens propre) qui ne peut qu’être bon pour l’homme (en précisant peut-être que c’est une considération parmi d’autres de ce qui doit être la base du bonheur de l’homme ; d’autres pensées diront bien autre chose, parfois même le contraire). De ce côté-là, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire sur Agoravox, rien ne me distance particulièrement de la pensée qui veut un retour vers la nature.
     
    La seule chose que je déplore (avec violence, il est vrai) est celle qui veut, de la part d’un penseur du social comme le prétend Soral, qu’il est normal d’exclure une part de la population qui n’aura pas eu l’heur d’avoir eu de quoi financer ce changement à venir. Alors que tout le monde ne peut pas financer, tout simplement. Les smicard, ça existe. Les gens qui s’endettent juste pour avoir deux-trois petits objets matériels histoire de se prétendre un peu plus qu’ils ne sont, aussi. Ca ne fait pas d’eux des porcs qui se sont jetés dans le matérialisme le plus vulgaire en toute connaissance de cause et avec ce qu’il faut comme pognon pour y parvenir. Et moi, je ne vois pas en quoi il faudrait les exclure en leur disant qu’ils n’avaient qu’à avoir de l’argent et qu’ils n’avaient qu’à investir. Toute la pensée que ces deux hommes développent équivaut à celle d’une élite qui veut une réduction de la population mondiale, qui considère que l’argent est une nécessité dans la vie pour parvenir au bonheur, qui considère que l’égalité (? ?) n’a aucun sens et aucun intérêt, etc...
     
    Je précise que j’ai très souvent attaqué Soral pour ses errements, ses contradictions, l’absence de développement de pensée propre (en-dehors des analyses nombreuses, parfois justes, mais aussi souvent construites à partir d’autres, dixit lui-même) sur Agoravox. Ici, j’ai écouté la conférence pour découvrir un peu San Giorgio que je ne connaissais pas. Et Soral était avec, qui n’a pu s’empêcher de pérorer par mille fois sur son extrême intelligence toujours dans le juste (notez sa volonté de passer pour un prophète de tous les malheurs en répétant par deux fois l’hypothèse d’un égorgement de gaulois par un personnage à la Merah) et donc développer, sans gêne aucune, l’idée que c’est, en fait, chacun pour sa gueule, et que ceux qui n’avaient pas d’argent seront ceux qui, comme toujours, se feront entuber les premiers. Comment peut-on seulement prétendre à une pensée sociale lorsque l’on présente les choses de cette façon ? San Giorgio développe une position tout à fait similaire et c’est surtout pour cela que j’ai exprimé mon désagrément extrême, hier.
     
    Pour conclure (car, je sais, je me répète) : l’idée d’un retour à la nature, d’un retour aux choses essentielles est loin de me déplaire (Epicure, pour ce qu’il nous reste de lui exprime une pensée de l’essentiel pour atteindre le bonheur qui est d’un merveilleux sans pareil... Mais l’être a écrit il y a 25 siècles et voyez où nous en sommes). Mais je pense qu’il serait bon de la part de ces "penseurs" de penser autre chose que : "c’est chacun pour son cul et, à la limite si tu peux me servir à quelque chose, on peut discuter, mais si tu m’emmerdes, je tire."



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    bebol bebol 11 avril 2012 21:35

    @machiavel1983
     
    Vous êtes bien gentil. Je ne suis pas sûr être bien intéressant, mais le compliment fait néanmoins plaisir.
     
    Je vous réponds une nouvelle fois donc : c’est amusant de voir que nous fonctionnons un peu de la même manière dans nos vies alors que nous ne voyons pas toujours les choses de la même manière.
     
    Pour préciser un peu plus ma vision des choses : je ne suis pas sûr qu’il faille convaincre ceux qui, par rejet automatique, par peur, par manque de connaissance ou d’information, ne vont pas dans votre sens. Je sais bien que mon propos restera ici grossier (ce n’est pas le lieu par être d’une finesse totale) mais je crois que, tout simplement, à la manière d’un Chavez au Vénézuéla, je ne serai absolument pas contre un homme prêt à prendre les rênes de l’Etat d’abord par la force, ensuite, après avoir pu mettre en valeur sa vision, proposer l’élection au peuple et ainsi conduire même ceux qui, au préalable, n’auraient pas, naturellement, penché du côté de cette vision sociale à mettre en place pour chercher à améliorer le sort de tout un chacun. Je vous dis sincèrement que je me fous de la démocratie, du suffrage universel (comme il fonctionne chez nous, à force de promotions Canal+esques et autre gerberies peopolisantes comme seules méthodes d’embrigadement du peuple), de la pseudo-république dont on nous abreuve la valeur à longueur de temps sans jamais rappeler son sens véritable.
     
    Vous parlez de toug ou d’autres : je fais aussi partie de ceux qui vous ont conseillé de ne pas vous ennuyer à répondre à ces gens-là. Pourquoi ? Personnellement, je n’ai rien contre la contradiction (peut-être avez-vous eu le temps de lire mon échange avec Maximus78 sur le films de Dieudonné : deux conceptions assez opposées mais le dialogue s’est fait malgré tout car il existe des êtres qui comprennent ce qu’est dialoguer AUSSI quand l’autre dit l’opposé de ce que l’on dit soi...) et nous deux en sommes aussi la preuve. Mais lorsque l’on a affaire à des êtres qui prétendent être au-dessus de tous autres et toujours dans le bon et le juste en prétendant que vous-mêmes ne valez rien, il n’est rien à leur répondre. Tout simplement. Mais cela n’empêche pas de ne pas exclure même ces êtres-là d’une conception autre de la société que nous désirerions connaître. Si ces êtres-là se voient plutôt hors de cette société, qu’ils s’en séparent, bien sûr. Mais il n’est pas à moi de les jeter d’emblée comme sils ne méritaient pas d’y participer aussi.
     
    Je ne sais pas si c’est clair... Vous avez raison de dire qu’on ne peut pas sauver les gens contre leur volonté. Mais je dirais néanmoins qu’il n’y a pas à les rejeter d’emblée quand on se considère d’esprit social, socialiste (ce que prétend Soral en disant, par exemple, avoir amené le FN sur sa ligne sociale... qu’il ne définit jamais correctement). Bien évidemment, ce que je dis ne vaut aucunement pour ceux qui, dès le départ, prétendent à un égoïsme total. Leur logique étant définie clairement dès le départ, on pourra leur reprocher leur inhumanité peut-être, mais d’être incohérents.
     
    @Cassia
     
    Je ne parle pas de l’adversité qui fait ce qu’elle a à faire, justement. Mais encore une fois : pour tout être qui se dit clairement, sans détour et sans hypocrisie aucune totalement égoïste et sans considération sociale, je n’ai rien à dire, rien à reprocher. Mais pour tous ceux qui prétendent avoir ces considérations sociales, j’avoue ne pas comprendre l’idée du rejet de ceux qui ont plus de difficultés que d’autres à entrer dans cette nouvelle façon de vivre qui, je le répète, n’est pas quelque chose que je rejette.



  • 2 votes
    bebol bebol 11 avril 2012 20:24

    @machiavel1983
     
    Je comprends votre pensée même si je ne la partage pas.
     
    Disons simplement ceci : contrairement à Soral, je pense avoir une véritable conscience sociale et une véritable pensée sociale (autrement que dans les jolis livres qui remplissent sa bibliothèque), c’est-à-dire celle qui englobe la société et non pas qui en choisit une élite certaine (terme utilisé aussi par l’un ou l’autre dans cette conférence...).
     
    Disons aussi que je ne cherche aucunement à empêcher ceux qui ont les moyens de s’autonomiser. Mais je n’approuve aucunement leur idée (surtout de la part de Soral qui se prétend toujours un esprit social... à moins que je me trompe) que seule cette part aura droit à un renouveau après le chaos. Pour dire les choses autrement : ces deux messieurs me semblent dire (exactement de la même manière que les riches qui consultent San Giorgio ; selon ce qu’il dit, il connait 4 milliardaires... donc pas des gens qu’on rencontre au coin de rue et pour lesquels on travaille sans gain retour)  : "on s’en fout du social, on s’en fout de la réconciliation, on s’en fout de l’égalité (tout de même les termes dans le nom du site de Soral...), ce qu’il faut c’est du pognon, pas mal de pognon pour vous établir et après, ça roulera, vous verrez. Vous qui êtes trop bêtes pour comprendre : allez crever. Vous qui comprenez mais avez peur : allez crever. Vous qui qui tenez à votre lave-vaisselle : ben ouais, mais il fallait aussi mettre de côté... Vous ne l’avez pas fait ? Alors allez crever..." Ce type de vision me gonfle, c’est vrai. J’aurais préféré autrement plus de considération sociale dans leur propos, c’est vrai. C’est mon erreur. Mais c’est ainsi.
     
    Pour dire deux mots sur moi (ce que je n’aime pas spécialement faire) : je suis plus détaché que pas mal d’autres au monde de la consommation. Mais pas totalement, bien sûr. Comme tous ceux qui sont là sur le net, ceux qui ont les ordis pour surfer, ceux qui ont les micros en salle pour faire leur conférence... A part acheter ce qu’il me faut pour la bouffe de la semaine, je n’achète pas grand-chose, je dois le dire. Pas de portable, pas de bagnole, pas de télé, pas de micro-ondes, pas de Senseo (purée, le choc de n’en voir pas lorsque quelqu’un vient chez moi), pas de lave-vaisselle et que sais-je encore... Je gagne peu mais cela me suffit largement (1400 € Net / mois) et c’est déjà bien plus que beaucoup d’autres. Mais déjà comme elle est (pourtant luxueuse à bien des égards) ce n’est pas une vie que les autres envient... Alors que faire pour ceux-là qui, pourtant, ont parfois bien plus de difficultés que moi à finir leur mois ? Quand on a véritablement un esprit social, on ne peut dire ce que dit Soral, me semble-t-il... Il faut plutôt penser à une solution pour tous et pas ceux qui peuvent déjà...
     
    M’enfin, je pourrais écrire encore très longtemps là-dessus... Seulement, je ne voudrais pas lasser plus que je ne le fais déjà. Donc, je m’arrête là.



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    bebol bebol 11 avril 2012 19:29

    Petite précision : un leader éclairé que l’on ne trouvera bien évidemment pas parmi les candidats la présidentielle...

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