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@machiavel1983
J’ai hésité à préciser que les guillemets n’étaient qu’une façon de leur faire dire autrement ce qu’ils ont dit. C’est ma faute. Mais c’est ainsi que j’ai perçu leur pensée dans la vidéo des questions/réponses quand, justement, les deux évoquaient le comment sortir du monde dans lequel on vit.
Je suis tout à fait d’accord avec vous sur le fait de devoir sortir de ce monde qui me dégoûte sur bien des points. Dans l’idéal, comme j’ai eu l’occasion de le dire déjà sur Agoravox, la vie totalement en autonomie est ce qu’il y a de mieux pour un bonheur (re)trouvé. Mais nous ne sommes pas dans l’idéal et je ne vois donc pas en quoi chacun n’aurait pas droit à ce bonheur-là. A mon sens, une majorité est peu éclairée et peu capable des efforts à faire pour se créer cet autre monde. Si ces êtres-là ne sont pas conduits vers un autre chemin, ils ne le prendront pas. Et là est l’égalité et la réconciliation : égalité entre TOUS (les petites gens en peine sont aussi blanches, me semble-t-il...) et réconciliation par un projet commun pour TOUS (nous tous, les petites gens, pourrions prendre un autre chemin vers un véritable bonheur). Et ce projet devrait être conduit par un leader éclairé et en mesure de porter ce changement pour ceux qui ne sont capables de le faire eux-mêmes.
Peut-être me répondrez-vous : "idée délirante sans aucun fondement et aucun avenir... " Peut-être, effectivement. Mais je crois que, au fond, je préfère de loin cette idée que celle qui veut que l’une partie de la population n’avait qu’à se prémunir en s’en foutant plein les fouilles avant que ça merde, pendant que l’autre, justement, ayant eu cette très bonne et louable (!) idée en sera un jour à se marrer de ces cons qui se sont faits baiser jusqu’au bout (les électeurs de Le Pen peut-être...)...
Je me mets plutôt du côté des contempteurs que des thuriféraires de ces deux personnages s’exprimant de ces vidéos. Je partage un certain nombre de points de vue avec l’un et l’autre, certes mais trop nombreux sont les points sur lesquels mon agacement est grand tant leur mépris l’est aussi.
Quand je les entends dire que les petites gens qui n’ont rien comme capital maintenant n’auront qu’à crever la dalle, puis crever tout court quand tout se cassera la gueule, parce qu’ils n’auront pas eu ce qu’il fallait au départ pour "s’autonomiser", ça me sort par les trous de nez ! Où est la réconciliation, où est l’égalité quand on dit à un pan certain de la population française qu’ils n’avaient qu’à faire en sorte de thésauriser, qu’ils n’avaient qu’à entuber du patron, qu’ils n’avaient qu’à se faire payer par des milliardaires pour leur tendrement rappeler (petit billet en retour...), à "ces êtres déconnectés" que le "légume du jardin est préférable au légume Bonduelle", qu’ils n’avaient qu’à baiser de la putaine fricos parisienne, faire la pute à la télé et puis finir par bosser pour le FN en sous-marin pour avoir de quoi mettre en réserve ?
Ah oui... C’est un constat ! Mais quel constat ? Celui qui dit que, quoi qu’il arrive, il faut dire comme ceux qui dirigent, manipulent et ont le blé : "vous n’aviez qu’à avoir du pognon, bande de cons ! Vous vous en seriez sortis !" ? Ce constat est vomitif. Et il est exactement celui qui sous-tend le propos de ces deux personnages. "Ben ouais, moi, je préfère le lave-vaisselle plutôt que me la taper !", même "dans un monde de l’autonomie" nous expliquer San Giorgio. Donc, le petit salarié, la petite gens, l’ouvrier (qui n’est rien et n’a aucune qualification, qui ne vaut rien, donc... Selon Soral), l’employé... Tout ceux-là et d’autres n’ont pas à rêver pouvoir avoir ou garder leur lave-vaisselle ! Non, eux n’ont qu’à aller se faire prendre en double par le "système" d’un côté et les "prêts à combattre des banlieues" de l’autre...
Oui, le système dans lequel on vit est mauvais. Oui, la surconsommation est mauvaise. Oui, l’opposition des "ethnies" est malsaine. Oui, le monde de la finance est pervers au possible. Oui, il faut revenir à une réalité matérielle et physique de la consommation saine, de la production réfléchie et mesurée. Oui, il faut de l’entraide et un retour à une morale a-matérialiste. Mais je ne vois pas en quoi cela ne se ferait que par et pour ceux qui ont déjà de quoi sortir de ce monde malsain... C’est-à-dire le pognon qui, comme par miracle étrange, est et reste toujours le centre de toutes les activités possibles ; il suffit de bien écouter le parcours décrit par San Giorgio pour en avoir la douce piqure de rappel.
Je comprends très bien votre remarque. Deux petites précisions qui, je pense, font le fond de notre discordance :
- ce n’est pas une exigence croissante mais une exigence tout court de ma part. Je l’admets volontiers. A mettre en parallèle avec cette exigence que j’applique à tout et tous. Mais que l’on peut néanmoins contrebalancer par une volonté aussi de justice et d’honnêteté qui ne peut me faire toujours soutenir quelqu’un parce que je l’aime, ou toujours rejeter quelqu’un parce que je l’abhorre en général. (La relative gratuité du film que vous rappelez n’est en rien un argument devant alléger sa critique négative, me semble-t-il.)
- c’est justement en considérant le courage de Dieudonné, et que je ne remets aucunement en question, que je trouve le film raté : ce dernier est tellement moins brûlant (brutal, dirais-je même) que l’aurait exigé -à mon sens- ce même courage.
Je finis en disant que, quoi qu’il en soit, Dieudonné reste un personnage très important à mes yeux et j’espère bien qu’un jour il brillera à nouveau comme il brillait jadis. Car il mérite une autre place que celle du pestiféré qu’on feint de lui allouer (interdictions de salles qui sont d’une ignominie sans nom de ce pays qui se prétend défenseur des libertés et des paroles). Mais, je le répète, je comprends son combat même s’il ne me semble pas être à même de le représenter le mieux... Car je pense que ce combat lui est tombé dessus plutôt qu’il est allé lui-même s’en emparer.
En tout cas, cette conversation aura été bien intéressante. Cela me change des nombreux êtres qui parcourent le Net et qui n’ont aucun sens du dialogue, seul celui si aisé de l’insulte et de l’étalage d’ego.
Je dois vous avouer ne pas comprendre comment on peut considérer ce film comme une comédie "légère". Il est incroyable de se limiter à cette indulgence quand on sait qui est Dieudonné, quel est son parcours depuis à peu près une dizaine d’années, ce qu’il exprime comme propos dans ses spectacles mais aussi dans ses interviews, ses débats, ce qu’il présente comme son combat, quand on se rappelle simplement du titre du film, du sujet principal autour duquel ne cesse de tourner le film (les autres sujets étant quelque peu effleurés pour éviter complètement l’obsession), quand on se rappelle justement que le film n’a pas été validé par l’establishment (juif ou non, je n’en sais rien...)
Dieudonné est l’humoriste français que je préfère et ce, depuis de longues années. J’ai pourtant toujours déploré le basculement de son propos vers une sorte de combat idéologico-politique qu’il ne me semble pas être à même de pouvoir porter... Qu’il moque les Juifs, cela me va très bien. Je me fous bien de leurs pleurnicheries et déplore comme d’autres leur vision du monde. Mais Dieudonné, à mon sens (je peux bien sûr me tromper) montre dans ce film aussi que, par-delà quelques bons mots (faciles pourtant), on ne trouve absolument rien de tangible qui soit l’image cinématographique de ce combat qu’il prétend mener depuis si longtemps.
Vous parlez du spectacle "Mahmoud" : mais qui dit-il donc dans ce spectacles sur le dit Mahmoud ? Rien ou si peu, convenez-en. Titrer un spectacle avec un tel nom induit nécessairement une volonté de provoquer, de chahuter... Mais si, au final, on ne trouve rien que deux blagues crétines et sans fond sur le personnage central du spectacle (qui ne compte pour presque rien en temps dans la durée totale du spectacle), on ne fait jamais que dévoiler la seule raison pour laquelle on a fait usage de son nom : amener la clientèle...
Je respecte votre jugement et il est peut-être le bon. Je dois pourtant vous avouer ne pas pouvoir m’y ranger.
Comme film anti-film chargé d’auto-dérision, je préfère Takeshis’ et Banzai Kantoku de Kitano...Si l’on parle bien de la forme, de l’humour né de la façon même d’exposer cette histoire de film en plein tournage.
Si l’on parle du fond de l’histoire, ce film me semble, là aussi, tout aussi manqué... C’est écrit à la manière des derniers spectacles de Dieudonné : à la va-vite, allant au plus simple et au plus primaire pour espérer provoquer le rire ou le choc ; tout ceci étant tellement loin de la qualité de ses premiers spectacles, à l’écriture autrement plus fine et travaillée. Et je crois que le plus triste de tout (car, avec un titre pareil et un réalisateur et auteur comme DIeudonné...), c’est que ce n’est pas provocateur, ce n’est pas révélateur, ce n’est pas corrosif, ce n’est pas osé. Oui, on entend "juif" et "antisémite" des dizaines de fois... mais sans jamais aucune finesse, aucune force de conviction, aucune puissance idéologique... Il n’y a rien.
Si l’on ajoute à ce ratage, des personnages sans aucune valeur, au mieux supportables, au pire agaçants au possible (le réal’ homo, la comédienne juive hystérique, le dragueur mono-maniaque...), on ne peut que s’attrister de voir que Dieudonné a totalement raté son retour au cinéma.
Ceux qui ont apprécié ce film n’ont pas l’apanage de l’amour porté envers Dieudonné le comédien, l’humoriste de très grand talent (bien au-delà de tous autres), ni même du respect porté à son encontre au su des difficultés lourdes qu’il a subi après ce qu’on sait. Mais, à moi, cela ne suffit pas pour m’aveugler et prétexter tout et n’importe quoi dans le seul but de prêter à ce film quelque qualité que je ne parviens pas à lui trouver...
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