- Péan qui a pourtant écrit sur des sujets durs, difficiles et risqués me semble extrêmement fragilisé par Schneidermann dans cette interview : une âme plus faible qu’elle y parait ou une peur intense de la stigmatisation ad vitam d’antisémitisme, crime parmi les crimes ?
- Schneidermann expose une drôle de contradiction : "vous êtes écrivain, vous devez faire attention aux mots que vous choisissez", dit-il en substance... N’est-ce pas justement parce qu’il est écrivain et qu’il écrit ce qu’il écrit qu’il n’a pas à se défendre de choisir tel ou tel mot ? Dans cette drôle de contradiction (choix infini de mots / pas le choix quand le mot risque de devoir s’en défendre...), Schneidermann n’en est-il pas arrivé à nous rappeler que la liberté de parole n’existe pas en France ?
Comment définissez-vous l’expression que vous employez : "ça me fout la gerbe" ? Amorale ? Cette expression est suffisamment connue pour son intensité pour être la métaphore parfaite et donc si souvent usitée de ce qui nous insupporte moralement au plus haut point, me semble-t-il pourtant...
Vous semblez vous présenter comme un homme (?) antifasciste, antinazi prêt à tous les combats. Vos manières verbales, l’usage du gras à tout bout de champ, l’usage de l’écriture SMS me font pourtant penser à un adolescent à l’esprit tout électrisé par une jubilation proprement juvénile du héros au grand courage, la couche pas encore pleine quand la tête l’est pourtant déjà depuis un bon bout de temps.
Quant à Le Pen père : entre amusement et mépris me situe-je toujours lorsque je l’écoute. Il y a une fausseté dans son propos, une tortueuse linéarité dans ses argumentaires qui le fait souvent dévier dès qu’il en sent la nécessité, tout en paraissant constamment droit dans ses bottes (à la manière de son gratteux favori, le cher Soral). Une grande intelligence, oui. Mais le port d’une morale bien ridicule, pour ne pas dire honteux.
La fille ne valant pas plus, il n’est guère à dire encore... Une Sarkozy bis dans la méthode électoraliste. Une Jen-Marie Le Pen bis dans la pensée faussement populaire, faussement populiste
(Car c’est bien cela seul qui m’importe : quid du peuple ? Quoi pour le peuple ? Vraiment ? Réellement ? Tous ces délires sur l’antisémitisme, sur le racisme ne m’important, par ailleurs, aucunement.)
Le Pen semble hésitante, quelque peu apeurée face à Mélenchon. Ses évitements de regard, sa soif inextinguible, son débit quasi-automatique me font penser qu’elle craignait Mélenchon. Pour quelles raisons ? Ca, je ne saurais trop dire.
Il faut cependant ajouter quelque chose sur ce dit Mélenchon : il est effectivement vulgaire, agressif, et, par-dessus tout, fourbe : écoutez ses explications sur son ralliement au PS pour le second tour ! Fourbe car il prétend faire cela pour un sublime idéal moral qui le ferait nécessairement rallier le PS s’il ne parvenait au second tour. Alors que, bien évidemment (comme je le pense depuis longtemps et là, je suis tout à fait d’accord avec Le Pen), tout son travail, depuis des mois et des mois, n’a jamais été que de d’amener dans son giron des citoyens hésitants face à la "pensée PS" en radicalisant fortement son propos et en se démarquant par là de ce dit PS, pour, au second tour, les exhorter à voter Hollande et les amener donc à se faire, pour un nouveau quinquennat, se faire sodomiser par le double de Sarkozy...
La seule différence que je vois entre eux est que Le Pen joue cette élection uniquement pour son parti quand l’autre le fait pour celui qu’il prétend avoir quitté. Tout le reste les font se ressembler : des paroles venteuses, des manières prétendument populistes, et un besoin malsain de faire appel à une base ouvrière (dont je suis) dont il ne connaisse pourtant que les chiffres statistiques sans en connaître pour autant les véritables aspirations.
Vous émouvoir ? Voilà qui me surprend ! Je n’ai fait que dire mon sentiment face à toute cette bêtise malsaine, vous savez. Peut-être n’avons-nous pas la même perception des choses sur différents plans, mais il semble que nous pouvons au moins nous donner la main sur ce sujet qui, il faut le dire, est de tout premier ordre. Et c’est une bien bonne chose, non ?
L’Europe est la rêverie de cette engeance idéologue qui s’éprend de délires internationalistes purement irréalistes. Cette Europe est notre cauchemar d’un réel de fer, malheureusement. Puissions-nous nous réveiller et leur arracher les yeux pour leur montre notre réalité.