Probablement là démarrent nos difficultés entre nous, les Hommes : le manque d’amour l’un pour l’autre et l’excès de haine et de mépris qui le compense :)
Mon avis sur tout cela s’approche de celui de nilasse.
Je crois que, malheureusement, il y a dans la nature d’une grande partie d’entre nous de ne simplement pas être en volonté de nous rebeller, nous révolter -plus sèchement : aller à l’encontre effective des activités de ceux qui tirent profit de notre labeur d’une manière ostensiblement destructrice pour nos propres vies.
Il y a effectivement cet enrichissement de nos sociétés et cette consommation corrélative qui nous ont amené, nous autres les gens de moindre richesse, à un luxe jamais atteint jusqu’ici. Le toit et le lit, la nourriture et l’eau, la salubrité et la santé pour une grande majorité d’entre nous : tout ceci est un luxe énorme dont nous ne prenons même pas juste valeur ; à opposer pourtant à la misère d’une si grande partie des habitants de cette planète. En adjoignant à ce luxe de l’élémentaire et du nécessaire, tous ces objets de loisir dont nous nous abreuvons jusqu’à vomissement, toutes ces activités de loisir à portée de beaucoup de mains jusqu’à n’en plus avoir assez, on peut aisément comprendre que celles et ceux qui, par nature, ne sont déjà pas des "révoltés", ne risquent pas de s’emporter et vouloir risquer de perdre tout cela sous prétexte d’une indignation quelconque face aux possédants.
Indignation qui, à mon sens, n’est -pour beaucoup- que le reflet d’un manque et d’une jalousie (Spinoza) et non celui d’une compréhension d’une injustice profonde qui ne toucherait pas que soi : on désire plus encore, et on désire ce que l’autre peut se permettre. On lui en veut d’avoir et pouvoir avoir ce qu’on ne peut pas avoir. On ne cherche nullement une équité ou une égalité, mais on jalouse. Uniquement.
Celui qui se révolte réellement est celui qui cherche à vivre en autarcie, est celui qui se défait des liens sociaux qui sont les nôtres (professionnels, amicaux, etc...), est celui qui cherche, effectivement, à cultiver son propre jardin et à en cueillir les fruits pour se nourrir, et sait s’en suffire pour être heureux, est celui qui sort, effectivement, de tout un système de pensée qui fait de nous ce que nous sommes...
Entre une Mazzochi qui nous explique que les spéculateurs et les investisseurs sont des joueurs qui ne sont là que pour gagner et perdre et que c’est un jeu où la morale n’a aucune place ; un Onfray qui nous la joue piètre et hypocrite défenseur du pauvre et piètre contempteur de la banque ; un Minc hilare qui sous-entend -pervers personnage- que, quoi que les gouvernants fassent en terme de régulation (si tant est qu’ils s’essayent réellement à l’exercice), les investisseurs et spéculateurs nous la foutront encore et toujours bien profond et un Todd qui rappelle justement que le prêt est utile au système économique mais qui zappe étonnemment le sens réel et éthique du taux d’intérêt... on ne peut prendre mesure que d’une seule chose : tous ces "experts et grands connaisseurs du monde" ne savent pas ce qu’est la vie d’une majorité d’entre nous et ne sauraient donc ni la défendre correctement (lorsqu’ils prétendent le faire) ni en tenir seulement compte dans leur système de pensées comme autre chose qu’une ligne chiffrée de pure utilité mécanique (lorsqu’ils sont du côté de l’argent, des possédants et des truands).
Et ça résume malheureusement l’ensemble d’une situation qui ne changera, à mon sens, jamais...
J’ajouterais à votre juste remarque : "pas de soul", tout bonnement. Bien trop nasal, bien trop mécanique aussi. Il n’y a aucune âme dans ce type de voix, uniquement de la technique.
Clip au sens bien trop tendancieux pour avoir une réelle valeur morale (ce qu’il prétend pourtant : "Love"). Le choix de la Chine est terriblement pervers car, de fait, Paul montre du doigt le seul pays qui fait réellement peur aux Etats-Unis, le seul pays qui, dans un avenir pas trop lointain, risque de passer devant lui, même sur le plan militaire ; le plan économique semblant être réglé déjà.
D’autant que, au lieu de dénoncer directement, sans aucun ambages, la politique militaro-économique américaine en cours et ce, depuis des décennies, Paul préfère exposer une hypothèse sur la "méchante Chine" qui, demain, aurait peut-être envie de faire des mauvaises choses envers les Etats-Unis ; ce qui serait, bien sûr, terrible pour ces derniers... Alors que leurs actes avérés létales et pervers, eux, ne sont pas exposés du tout.
D’accord, une majorité d’Américains est patriote et cherche à protéger et aimer son pays (ce qui nous manque à beaucoup d’entre nous autres, Français). Mais je ne vois pas pourquoi il faudrait pour autant continuer à les leurrer en cachant continuellement les actes horribles de par le monde de leur gouvernants et cela, surtout, dans un clip qui prétend dénoncer ce type d’actes...
Ah si : on perdrait bien trop de voix si on leur disait la vérité telle qu’elle est, si on leur montrait la gueule horrible de leur pays qui n’a rien d’une bimbo façon California girl, mais plutôt d’une gorgone haineuse qui pétrifie toute vie qui gêne sa marche...