Avant Jean-Paul Demoule, déjà Jules Michelet, comprenant que l’histoire, qu’elle soit enseignée par des Prêtres ou par des laïques, n’est qu’un tissu de mensonges, déclarait : « L’Histoire tombera et se brisera en atomes dans le courant du XXe siècle, dévorée jusque dans ses fondements par ceux qui rédigent ses annales. »
Par curiosité, et afin d’avoir une « haute » idée sur cette juridiction d’exception qu’est la CJR, allez regarder l’importance des quelques affaires jugées par cette institution et, en regard, le bilan des condamnations. Aujourd’hui, dans cette république bananière qu’est la France, tout est noyauté par l’immoralité de ceux qui s’en servent au lieu de la servir. Démocratie et suffrage universel pour les nuls : Si l’on définit la « démocratie » comme le gouvernement du peuple par lui-même, c’est là une véritable impossibilité, une chose qui ne peut pas même avoir une simple existence de fait, pas plus à notre époque qu’à n’importe quelle autre ; il ne faut pas se laisser duper par les mots, et il est contradictoire d’admettre que les mêmes hommes puissent être à la fois gouvernants et gouvernés, parce qu’un même être ne peut être « en acte » et « en puissance » en même temps et sous le même rapport. Il y a là une relation qui suppose nécessairement deux termes en présence : il ne pourrait y avoir de gouvernés s’il n’y avait aussi des gouvernants, fussent-ils illégitimes et sans autre droit au pouvoir que celui qu’ils se sont attribué eux-mêmes ; mais la grande habileté des dirigeants, dans le monde moderne, est de faire croire au peuple qu’il se gouverne lui-même ; et le peuple se laisse persuader d’autant plus volontiers qu’il en est flatté et que d’ailleurs il est incapable de réfléchir assez pour voir ce qu’il y a là d’impossible. C’est pour créer cette illusion qu’on a inventé le « suffrage universel » : c’est l’opinion de la majorité qui est supposée faire la loi ; mais ce dont on ne s’aperçoit pas, c’est que l’opinion est quelque chose que l’on peut très facilement diriger et modifier ; on peut toujours, à l’aide de suggestions appropriées (sondages), y provoquer des courants allant dans tel ou tel sens déterminé. La démocratie est le vêtement dont se pare le pouvoir sous le prétexte qu’existe une représentation populaire (pouvoir législatif). Mais cette représentation est, dans les faits, c’est-à-dire concrètement, catégorielle et non pas populaire parce que contrôlée par des partis politiques sous influence des puissances d’argent. Bas les masques !
... ce ne fut que l’an 325 que la secte catholique, qui avait complètement dénaturé le Christianisme depuis Paul, s’installa en maîtresse à Rome. Le premier Christianisme en Gaule Pendant que ceux qu’on appelait les « barbares » envahissaient le Midi, les Chrétiens envahissaient le Nord. Déjà ils avaient fondé l’île d’Iona, qui fut le berceau du premier Christianisme en Ecosse et le foyer des lumières religieuses du royaume. Le nom donné à cette île indique bien qu’il s’agit de la religion johannite. Les propagateurs de la doctrine vinrent dans les Gaules, alors soumises à la domination romaine, et que commençaient à troubler les infiltrations ou incursions germaniques. Les Chrétiens féministes constituaient des sociétés ayant leurs lois propres, leur morale et leurs mœurs distinctes, leur culte et leur justice. Ils étaient à la fois les éducateurs moralistes, économes et administrateurs de la Société, veillant non seulement à la conservation du culte caché dans les anciens Mystères, mais encore et surtout à l’observation des obligations de réciprocité entre les associés, qui s’appellent des « frères », et à l’application de la doctrine, dénonçant les infractions et les punissant par des pénitences infligées et au besoin par l’expulsion de la Société sous forme d’interdiction. Pour donner aux riches l’exemple du désintéressement, ces délégués d’une classe qui ne possédait rien imposaient à ceux qui possédaient la charité et le renoncement à leurs biens. Telle fut la primitive Église Johannite, dans les conceptions et les pratiques de laquelle on retrouve toutes les traditions féministes des anciens Israélites et des anciens Celtes. Mais ce qui est bien « christien », c’est-à-dire johannite, c’est la conception de l’organisation de la société nouvelle sur une base égalitaire, c’est-à-dire en supprimant les supériorités factices et conventionnelles des hommes, qui prennent toutes les premières places sans avoir aucun mérite, aucune valeur qui y donne droit. L’Église primitive voulut affranchir le monde de tous les privilèges masculins injustifiés. Voilà l’idéal chrétien que des rénovateurs modernes, tel Saint-Simon, proposèrent comme un exemple à imiter. Un peu plus tard, pendant que l’Église Johannite devenait un Ordre de Chevalerie, le peuple resté fidèle aux anciens principes de Justice du régime antérieur matriarcal organisait le mouvement communal, qui ne fut que l’application dans le domaine civil des principes de la doctrine chrétienne. C’est la philosophie des temps primitifs qui fut mise en institutions par le peuple à côté de l’Église Johannite, et c’est ce qui a pu persister de ces anciens principes qui fit la civilisation, l’art, la science, et le bonheur des peuples à toutes les époques. Ce n’est donc pas le Catholicisme qui créa l’association, le concours mutuel, en un mot la solidarité restée l’idéal social ; c’est si peu la morale de l’Évangile masculin qui produisit tout cela que, lorsqu’il parut, le peuple déjà (et toujours) se moquait du prêtre et s’insurgeait contre les évêques. Le Catholicisme, que l’on a appelé bien à tort le socialisme chrétien, loin d’organiser, désorganisa le monde, aidé par la royauté que prétendaient exercer les pirates de toutes les nations. Après le grand désordre moral de la Rome impériale, il fallait pour faire sortir la Gaule de l’avilissement et y reconstituer une civilisation, que tout fût renouvelé, la vie privée et la vie publique. Il fallait des « Principes » nouveaux, des hommes capables d’héroïsme, pour que l’humanité retrouvât la Justice, basée sur le Droit Naturel, condamné par les révoltés. C’est ce qu’apportait à la Gaule la doctrine des Johannites. Plus tard, de retour des Croisades, nous verrons de vastes confréries masculines mettrent en commun leurs efforts et leurs richesses et s’organiser pour élever des cathédrales qui allaient étonner le monde.