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Se construire à l’opposé des gens que l’on méprise ne vaut pas mieux qu’imiter les personnes qui nous dominent. L’anti-conformiste est un conformiste qui s’ignore.

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  • Premier article le 24/02/2011
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Derniers commentaires




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    iakin 30 octobre 2011 17:55

    J’espère que je ne paraîtrai pas prétentieux en disant cela, mais j’aimerais bien vous inviter à essayer d’éviter de s’éparpiller dans les problèmes et les polémiques...
    Ça devient malheureusement compliqué au fil des messages de vous suivre et de savoir quoi répondre...
     
    Il faudrait essayer de structurer tout ça, peut-être en ne s’attaquant à un problème à la fois.
     
    J’ai fait une réponse à Walid plus bas qui, je crois, synthétise un peu tout ce que je reproche à cet engouement que l’on peut constater chez beaucoup de monde pour la démocratie directe.
    N’hésitez pas à y poursuivre la discussion.



  • 2 votes
    iakin 30 octobre 2011 17:50

    Salut Walid, et les autres aussi !
     
    Je suis d’accord sur l’histoire de la poule et de l’œuf, entre démocratie et répartition des richesses. Il me semble aussi que les deux ne peuvent se construire que conjointement.
     
    Ce que je dénonce justement, quand on me lit entre les lignes, c’est la tendance qui consiste à croire que la démocratie seule suffira à faire naître une société plus juste, et donc le refus de corréler directement la promotion de la démocratie institutionnelle à un projet économique et social, en pensant que la seconde viendra spontanément avec la première, ou bien, pire encore, prétendre qu’il y a du stalinisme ou du fascisme à proposer un projet de société avant qu’une vraie démocratie ait été instaurée.
    C’est à mon avis la pente qu’est en train de prendre une partie de la droite qui, à mon avis, constate l’échec pâtant du libéralisme et met désormais en tête de gondole des propositions sur des réformes démocratiques pour cacher, parfois sans se l’avouer, une absence de véritable réflexion sur l’économie.
     
    Car il ne faut pas se tromper sur l’intérêt de la démocratie, ce n’est pas une chose bonne "en soi", la souveraineté populaire par le vote majoritaire est juste un moyen, le meilleur à priori, que nous ayons trouvé pour trancher l’intérêt général, et une manière d’émanciper les peuples.
    Mais cela ne veut pas dire que la démocratie a toujours raison. Dans une société, complètement hiérarchisée, où la majorité des gens sont dominés, les ressources concentrés dans les mains d’une minorité, et le tout en crise, comme c’est le cas actuellement, il n’y aurait rien de surprenant je pense à ce qu’une démocratie directe donne naissance à des lois rétrogrades et fabrique une ambiance totalement réactionnaire qui s’auto-alimenterait parce qu’il deviendrait soudainement impossible de la dénoncer sans être traité de fasciste qui s’oppose à son propre peuple.
    Dans les situations catastrophiques c’est là où les effets de groupe et le suivisme sont les plus forts, et la majorité sauterait certainement sur la première solution qui lui semblerait régler ses problèmes, même si cela se fait au sévère détriment d’une minorité ou des peuples voisins.
    Je pense qu’il faut cesser avec cette naïveté qui consiste à croire que la crise est le meilleur moyen d’inciter les gens à repenser entièrement le système.
     
    Bon, j’espère ne pas passer pour un salaud avec tout ça, mais voilà à mon avis le risque qu’il y aurait à ce qu’un compromis soit passé entre différents courants politiques qui aboutirait à réformer en profondeur uniquement les institutions politiques, sous peine de ne pas avoir réussi à se mettre d’accord sur un projet social et des principes fondateurs.
     
    D’où mon désaccord avec toi, si j’ai bien compris ce que tu dis (ce dont je ne suis pas sûr) sur la poule et l’œuf à propos des idéologies politiques.
     
    Je suis non seulement extrêmement sceptique vis-à-vis d’une alliance ou d’un dépassement du clivage gauche-droite (que beaucoup souhaitent de leurs vœux, avec beaucoup de bonnes intentions d’ailleurs, ce qui les amènent à prendre pour des ennemis ceux qui n’en veulent pas) et encore plus à tous ces mots d’ordre extrêmement à la mode en ce moment selon lesquels il faudrait abolir les partis, dénoncer les logiques partisanes, comme si cela était l’origine des problèmes. Il n’y aurait rien de pire, à mon avis, que de faire du peuple un grand tout, une grande masse indéfinie, sans groupe, sans association, sans parti, sans syndicat, et dont le seul intérêt serait de défendre sa souveraineté.
    Les primaires socialistes que beaucoup de monde, mine de rien, ont perçu comme une preuve de courage et comme un acte démocratique... moi personnellement me glace le sang. Peu se sont aperçu que cela ne fait qu’aggraver ce que l’on reproche déjà à la politique, car si le système des primaires prend de l’ampleur et se répand dans tous les courants politiques, sous prétexte de ne pas passer pour des staliniens, qu’elle serait alors l’intérêt de militer en politique, puisque les militants seraient de toute manière représentés aux élections par des gens élus par les non-militants ? Et sans militants, qui travailleraient à construire une analyse politique et des propositions non-conformistes ?
    Les élections ne consisteraient plus, définitivement, qu’à départager des gens qui portent le même projet, puisqu’ils auront tous été sélectionné par la même population.
     
    En ce qui me concerne, je trouve le raisonnement socialiste limpide :
     
    Les intérêts particuliers de chacun d’entre nous se superposent, et il ne peut donc pas y avoir d’épanouissement en société sans une prise en compte de l’intérêt général
    -> comme tout le monde est juge et parti, le meilleur moyen de trancher les questions d’intérêt général est la souveraineté populaire
    -> il faut donc que la population puisse décider librement, c’est à dire que chacun soit constamment, et autant que possible, émancipé des relations de subordinations
     
    ->D’où :
     - La laïcité : les vérités révélées ne peuvent faire office de lois.
     - La socialisation des moyens de productions de première et seconde nécessité : un citoyen libre ne peut être lié à un autre pour ce qui concerne sa survie, et l’exercice de sa citoyenneté
     - La démocratie : c’est à dire les procédés par lesquels s’exercent la souveraineté populaire
    Et toutes les choses qui en découlent.
     
    Tout cela ne peut aller qu’ensemble, ce qui veut dire que pour un socialiste, la démocratie n’est qu’un élément de l’émancipation, et si je suis prêt à discuter de cela et à questionner ce raisonnement, je ne suis pas prêt à le troquer contre une réforme uniquement démocratique et institutionnelle (aussi légitime et intéressante soit-elle) sous prétexte que le reste ne serait qu’une logique partisane et archaïque qui n’a plus lieu d’être aujourd’hui, où que ce raisonnement clive la population et qu’il faut l’abandonner si on veut mettre tout le monde d’accord.



  • 5 votes
    iakin 29 octobre 2011 04:20

    Elle est pas mal cette vidéo... c’est marrant de voir des gens qui ont des convictions, ou plutôt des références intellectuelles, de gauche et de droite discuter ensemble comme ça, en écoutant et en essayant de comprendre pourquoi l’autre dit ce qu’il dit.
     
    Sinon, à propos de la démocratie directe, je trouve évidemment de nombreuses choses intéressantes dans ces discussions, mais personnellement je suis toujours un peu étonné que des points qui posent problèmes soient systématiquement évités. J’ai l’impression qu’il a une sorte d’émerveillement de la part de beaucoup de monde à ce sujet qui rend du coup les remises en question difficiles.
    Et quand on critique, on passe alors directement pour un adversaire, pour quelqu’un "du système" qui a intérêt à ce que les choses restent comme elles sont.
     
    Il y a pourtant des choses qui posent problèmes :
     
    - C’est une critique que j’ai déjà faite auparavant sur un autre billet. Chouard prend systématiquement la démocratie athénienne en exemple pour défendre l’idée du tirage du sort, mais il faut se rendre compte qu’à cette époque les citoyens athéniens étaient des hommes libres, c’est à dire qu’ils avaient des terres et des esclaves pour travailler à leur place. Ils ne dépendaient de personne pour vivre et ils pouvaient ainsi se consacrer entièrement à la vie de leur cité.
    Ce n’est pas du tout le cas aujourd’hui. Évidemment nous sommes dans une fausse démocratie, où les comptes de campagne sont plus importants que les projets politiques pour être élu. Et je suis particulièrement d’accord sur le fait que c’est justement les gens qui sont intéressés par le pouvoir qu’il faudrait écarter du pouvoir.
    Seulement serions-nous capable, en prenant des gens au hasard parmi nous, de rédiger la constitution de notre pays ? Le conformisme dans notre société est tout de même sidérant, je pense que tout le monde en convient, et je ne veux pas dire par là que les gens sont des abrutis, mais qu’ils sont dominés. Nous sommes poussés à nous conformer depuis notre enfance pour nous adapter à des rapports sociaux où il va falloir accepter la place qu’on voudra bien nous donner, tout en nous convainquant que nous avons voulu ce qui nous arrive.
     
    - Le deuxième point rejoint un peu le premier, c’est que je suis surpris comme ceux qui perçoivent la démocratie directe comme la solution à la plupart de nos problèmes, mettent toujours de côté les questions idéologiques. Comme si les divergences politiques n’existaient que chez les élites.
    Il y a bien pourtant dans la population des gens qui sont plutôt libéraux, d’autres plutôt communistes, ou anarchistes ou nationalistes. Laisserions nous le hasard déterminer quel serait le courant majoritaire dans une assemblée constituante ?
    Alors bien sûr, les véritables idéologues sont minoritaires dans la population, mais une minorité suffit amplement à emporter une assemblée sans conviction. C’est ce qui se passait à l’Assemblée nationale après 1789 par exemple, où une grande partie suivait tour à tour la minorité la plus puissante, l’Assemblée fut un coup dominée par les girondins, puis par les jacobins, puis par les conservateurs...
    Il me semble qu’il y a comme une erreur à concevoir la démocratie comme une fin en soi. Évidemment que c’est un élément primordial, surtout pour le long terme, mais la question principale qu’il nous faudrait régler tout d’abord c’est la forme de société dans la laquelle nous voulons vivre, non ?
    J’ai l’impression qu’il y a comme une volonté d’éviter ce problème principal, et à le mettre de côté comme après un constat d’échec, chez ceux qui mettent la démocratie directe au dessus de toutes les autres préoccupations.
     
    - Enfin, dernier point, la démocratie directe et locale pose un autre problème, que Chouard et Blot évacuent trop vite en se moquant du jacobinisme. Si la souveraineté devenait tout d’abord locale, avant d’être nationale, cela créerait inévitablement un accroissement des inégalités entre les régions.
    Si une région possède un avantage sur les autres, un puits de pétrole par exemple, ou de grands champs fertiles, que ces voisins n’ont pas, qu’est-ce qui pousserait la population à partager avec ses voisins et avec toute la nation ? Leur intérêt serait au contraire de ne pas le faire.
    On peut critiquer la centralisation nationale du pouvoir, mais c’est pourtant elle qui rend possible une égalité au sein de la population (je ne dis pas qu’elle existe actuellement), car les ressources ne sont malheureusement pas réparties de manière égalitaire.
    Les jacobins n’ont pas inventé la république "une et indivisible" avec les mêmes lois pour tous pour rien... c’est que dans leur projet de société c’est l’égalité qui créé la liberté et non le contraire, comme le pense les libéraux par exemple.
     
    Voilà, ce sont des critiques importantes et malheureusement je manque de temps pour essayer d’apporter des idées plus constructives sur ces points là. C’est aussi que mes convictions me font penser que nous aurions tout d’abord besoin d’un parti d’avant-garde, qui mènerait des réformes sociales et médiatiques très importantes, et que ces questions sont au moins aussi importantes que la démocratie directe, qui, à mes yeux, seraient plutôt un moyen de conserver ces réformes plutôt qu’un but ou un idéal en soi.
    On a tendance à l’oublier je trouve, mais le suffrage universel direct a tout de même été une nette avancée démocratique par rapport aux régimes précédents, cela devait sembler plus que révolutionnaire à l’époque... et voyons ce que nous en faisons aujourd’hui. Quand on voit pour qui vote la majorité des gens il y a de quoi s’effrayer. J’adhère assez à au courant du socialisme historique qui proclame que quelque soit les institutions il ne peut pas y avoir de réelle démocratie sans répartition des richesses. Sans cela nous faisons voter sur un prétendu pied d’égalité des gens qui ont suffisamment d’argent pour avoir du temps libre, pour s’instruire, pour s’informer et penser, et de l’autre des gens qui sont écrasés par leurs conditions de travail, angoissés par le chômage, et humiliés par la société.



  • 6 votes
    iakin 28 octobre 2011 17:51

    L’autre conne qui ne comprend rien à ce qui se passe et qui veut nous faire la morale...
    Elle croit que si on gagne moins d’argent et qu’on a moins de travail c’est parce qu’ils sont mieux distribués dans le monde.
    Elle ne se rend même pas compte qu’on va lui sucrer rapidement son rsa, elle chialera quand ça arrivera, et en attendant elle fait la maligne en disant qu’il faut apprendre à vivre avec moins d’argent.



  • 7 votes
    iakin 28 octobre 2011 17:40

    La politique française actuellement, c’est exactement l’inverse du communisme.
    Les Etats communistes prenaient de force aux riches pour distribuer aux pauvres, la France fait le contraire, ils taxaient les sociétés privés pour constituer des monopoles d’Etat, la France fait non seulement exactement le contraire mais elle fait même mieux :
    Quand des banques privées font faillite on les renfloue avec de l’argent public et on demande aux contribuables de payer. Quand une entreprise publique fonctionne et fait des bénéfices on la vend au privé pour la moitié de son prix.
     
    Quand l’Etat bousille les services publiques et les acquis sociaux, ils appellent ça des "réformes".
     
    Quand on a sauvé les banques en 2008, ils ont appellé ça du "keynesianisme", alors que le keynésianisme aurait consisté à protéger les consommateurs.
     
    Et là on s’apprête à racheter à nouveau les dettes des banques, et ils appellent ça désormais des "nationalisations partielles"
      
    C’est ce qu’on appelle le néo-libéralisme. Des libéraux qui se sont inspirés des stratégies étatiques communistes et de leur vocabulaire pour faire exactement l’inverse.

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