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O Scugnizzo

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  • Premier article le 26/04/2013
  • Modérateur depuis le 21/05/2013
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Derniers commentaires




  • 13 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 1er juin 2013 11:32

    Voilà moi qui me tue à expliquer comment la gauche légitime la destruction de la culture populaire effectuée par le capitalisme libéral au nom du multiculturalisme, ou plutôt d’un multiculturalisme méprisant tant il n’a plus rien à voir avec celui éclairé d’un Randolphe Bourne, je montrerai désormais cette vidéo. Le génie ne se trouve pas dans l’innovation permanente et spontanée, ça c’est dans l’art contemporain, qui a besoin de ça pour lever des subventions, donc rentrer dans la circulation des biens et des marchandises (permet la spéculation, la bourse quoi, la création de richesse sans la création de valeur, on neutralise tout élément politique). Considérer une quelconque culture populaire chez Nabila c’est de fait légitimer la destruction populaire du capitalisme libéral. Au nom du multiculturalisme gauchiste mou, chacun a droit à sa culture, les pauvres à une culture appauvrie, sans voir qu’en fait cette culture appauvrie n’est pas le fruit d’une culture populaire mais d’une culture industrielle télévisée fabriquée par les riches pour le peuple, pour remplacer la culture populaire, qui elle, est toujours menaçante, potentiellement révolutionnaire.


    Saleté de Mélenchon !


  • 1 vote
    O Scugnizzo O Scugnizzo 30 mai 2013 21:54

    Merci pour le débat, très intéressant, qui m’a poussé à commander le petit livre que vous avez vanté un peu plus haut, notamment pour comprendre la différence (ou peut-être compléter) entre Tradition chez Guénon et conservatisme dont il est question ici.


    L’Aufhebung n’est-il pas fruit de la dialectique hégélienne (une thèse, une anti-thèse, une synthèse faisant office de nouvelle thèse etc) ? Je me suis penché sur Hegel dernièrement suite à la lecture de Marx mais c’est assez indigeste (surtout après s’être avalé Le Capital en deux langues différentes). La dialectique matérlaliste est assez simple à comprendre, mais chez Hegel elle me semble plus idéaliste, ou idéelle. Mais ici l’Aufhebung me semble être le résultat possible du passé - ce qui a été - (thèse) et du futur - ce qui pourra être - (anti-thèse) pour penser ce qui peut être.

    Dans tous les cas c’est un concept intéressant qu’effectivement la gauche authentique devrait étudier, car l’émancipation sans cesse prônée des liens communautaires n’aboutit pas à une émancipation intellectuelle, mais à une difficulté à se définir se traduisant par une soumission totale au Marché. C’est la sainte alliance libéral-libertaire, où l’intimité de l’individu entre dans la circulation des biens et des marchandises.

    Ca illustre en tout cas la perte qualitative que de ne plus considérer la philosophie en tant que pratique centrale dans notre éducation.


  • 2 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 30 mai 2013 21:15

    Concernant l’usure, je dirai même plus, elle est antérieure au système monétaire. La réciprocité est crée par le don. Or le don donne forme à la fameuse triple obligation donner-recevoir-rendre. C’est-à-dire que le don crée une dette chez celui qui a reçu. Maurice Godelier estime les taux d’intérêts entre 30 et 100% sur une année. C’est-à-dire que si je donne 1 couverture, 1 tapis ou qu’importe, d’ici une année l’autre doit m’en donner deux. C’est de l’usure. Le système de crédit est inhérent au lien social, on doit toujours quelque chose à quelqu’un. Je crois que la notion centrale c’est que le don est un fait social total, et si je reçois une couverture, je peux par exemple inviter 2 fois à manger pour rendre. Le processus de "rendre" est assez libre, bien qu’obligé. Une dette purement monétaire, contractuelle, et donc impersonnelle en revanche, ne peut être rendue que sous forme d’argent. Si cela peut apparaître comme préférable au premier abord, car il libère du poids du lien social (c’est toute l’idéologie moderne libérale), il est en réalité enfermant. On se voit obliger d’accepter la forme travail rémunéré pour rendre, sans obtenir rien d’humain dans l’échange. L’intérêt ne crée pas de lien social, et on se trouve vite dans une spirale infernale de prêt et de travail déshumanisé.


    Il en ressort qu’une alternative intéressante n’est pas la suppression de la monnaie (d’ailleurs dans les utopies sans monnaie on retrouve toujours des objets "faisant office de monnaie"), mais plutôt la diminution drastique du pouvoir (et donc de la présence) du crédit contractuel monétaire. Plus de place au don comme fondation du lien social (notamment reposant sur le mutualisme), à un revenu de base en monnaie typiquement locale permettant d’acheter uniquement ce qui crée de la haute valeur sociale, fin de l’extorsion de la plus-value, une monnaie fonctionnant comme équivalent général (possibilité d’acheter toutes les marchandises socialement disponibles, mais tout ne s’achète pas), plutôt qu’une monnaie universelle (on y achète tout).


  • 8 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 30 mai 2013 20:59

    Quelles bandes de faux-culs ces "pro-mariage pour tous", d’abord à jurer sur la tête de tous les glands du monde que la PMA et la GPA n’ont rien à voir avec cette loi, et dès qu’elle passe, hop première réclamation : des gosses à la pelle ! Alors peut-être qu’eux sont habitués à la recevoir dans le cul, mais moi j’aime pas ça, je préfère le face à face viril, question de philosophie de vie. Fallait qu’ils assument cette position depuis le début, mais ça cadrait pas dans le conte de fée construit par les médias. La plupart (pour ne pas dire quasiment tous) des personnes pro-mariage gay que je connais était sincèrement pour un monde plus tolérant, où eux/elles aussi avaient droit à l’amooour, du moment où d’aucune façon (comme promis par les médias) les enfants ne venaient à être concerné par cette loi.


    Quel nombrilisme de la part de tous ces gays pro-mariage pour tous (déjà ils se considèrent comme TOUS, sans compter les couples à 3 et autres fantaisies bien existantes mais sans valeur égale à leurs yeux). Même s’ils sont progressistes, ils sont incapables d’articuler une loi avec un contexte, ici libéral, et les catastrophes humaines que cela peut engendrer en terme de marchandisation des humains (stade ultime du capitalisme). En élevant leur orifice anal à une condition politique - comme si la pratique privée de la sodomie pouvait conférer une conscience de classe -, ils se rendent incapables de penser la politique en dehors de leur petite personne, et ça c’est profondément dég.

    Pour finir, une chose - une taquinerie dont seul le destin a le secret - me fait rire. La PMA ils ne peuvent pour l’instant y avoir accès car l’homosexualité n’est pas considérée comme une pathologie. Faut savoir qu’elle était considérée comme telle jusqu’au début des années ’90. Ou quand le progressisme empêche le progressisme. Peut être que le monde est plus large et plus complexe que son propre **** du *** ?


  • 2 votes
    O Scugnizzo O Scugnizzo 30 mai 2013 18:58

    Je ne peux être que d’accord avec votre intervention qui est tout de suite plus nuancée que la première, et qui me parle. Dieu ne nous donne pas le pain et l’eau, cela me parait clair. Je ne milite pas pour une des trois religions monothéiste, mon propos était de souligner l’importance de la transcendance dans la vie humaine, de garder des formes de sacré (je dirais simplement que sans sacré il n’y a pas de profane). Pour autant, il convient de souligner qu’il y a jusqu’à peu il n’était peut être techniquement et technologiquement (ça demanderait à être vérifié) pas possible d’assurer une bonne vie à tous. Ainsi, religion ou pas, cela ne semble rien changer. Ce que je constate, c’est que depuis qu’il est possible d’éradiquer la faim dans le monde, rien n’est fait (alors que les rapports de l’ONU précisent qu’à hauteur de 30 mia d’investissement de dollars par année pendant 10 ans, il serait possible de nourrir une dizaine de mia de personnes à 2’700 calories par jour). Ce phénomène se place pourtant dans un contexte idéologique individualiste, c’est-à-dire mettant l’individu au centre, sans rien au-dessus de lui. Or, comme l’avait prévu Proudhon, cet individualisme n’a fait qu’éclater le lien social favorisant l’égoïsme de tous, d’où par ailleurs l’union du libéral et du libertaire comme nous l’apprend Clouscard. Le socialisme que vous décrivez nécessite alors, puisqu’il ne peut passer par l’individualisme, une coopération de collectivité. Ceci rejoint tout à fait mon idéal. La question est alors la suivante : comment reformer des collectivités relocalisées qui se soucieraient du bien de toutes les collectivités ?

    Je suis fasciné par la théorie de Mauss et du don (engendrant l’obligation de réciprocité) comme fondement du lien social. Mais certains anthropologues comme Godelier, montrent bien que pour que ce don ait un sens, il faut d’un autre côté garder. Il y a des choses qui ne se donnent pas, c’est ce qui crée notre identité. C’est doté les choses et les services d’une âme supérieure. C’est ce qui donne la puissance à la réciprocité. Je voulais donc simplement dire par là que la métaphysique me semble inhérente non pas à l’émancipation de l’homme, mais au lien collectif (chacun sa métaphysique est par ailleurs quelque chose de très libéral). Et si elle n’a pas sa place dans le calcul de redistribution, elle a pour moi pleinement sa place dans le processus amenant au calcul de redistribution, autrement dit dans la structure sociale nécessaire à un tel calcul. Sinon, à part un idéal que l’on considère comme sacré (c’est-à-dire pour lequel on est prêt à sacrifier quelque chose, noyau dur de la religion pour Mauss), je verrai pas au nom de quoi il y aurait une telle redistribution.

    Bon ceci dit ça fait plaisir d’avoir un échange qui (pour moins tout du moins) est constructif.
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