La différence sur les chiffres du chômage est due à la manière dont on considère les "emergency workers" (emplois publics d’urgence créés par le new deal). Dans un cas on les considère comme des chômeurs, dans l’autre non. La question est discutée et la conclusion du document est qu’il faudrait plutôt les considérer comme des chômeurs, mais c’est un choix qui relève en partie de l’idéologie. (On est à HEC, l’idée n’est pas de défendre l’Etat !) . Tu considères que la richesse est créée par les employeurs, je pense que, comme l’explique si bien Marx, la richesse n’est créée que par le travail humain (dont celui des employeurs). Ensuite, personne ne dit que la richesse est entièrement thésaurisée. Elle l’est en partie et, d’après Keynes si je l’ai bien suivi, cela explique pour une part les déséquilibres imprévus et incompris par les modèles classiques. . Le marché des dérivés représente 800 000 milliards de dollars soit plus de dix fois le PIB mondial. Cette somme échappe à la fois à la consommation et à l’investissement, sans pour autant être enterrée dans le jardin. . Pour finir, les très riches minoritaires on ne peut pas s’abstenir d’en parler parce que leur importance est prépondérante. Aux EU les 1% les plus riches possèdent 30% des richesses, alors que les 50% les plus pauvres en possèdent 2%. En Europe sans atteindre ces extrémités, c’est la pente qui est amorcée depuis quelques décennies. On ne peut pas parler d’organisation économique en fermant les yeux sur cette réalité impressionnante.
Chiffres officiels, c’est à dire ? Quelle source ? Le document en donne 2 qui sont cohérentes entre elles et HEC ça n’est pas un repères de gauchistes.
Tu es favorable à la rigueur, au démontage du droit du travail, au libre échange total... si tu veux. Peut-être qu’il faudrait que les 1% les plus riches possèdent 90% des richesses pour que tu remettes en question cette logique.
En attendant, ne parlons pas trop de "science économique", ça n’existe pas. Il y a bien des modèles mais le moins qu’on puisse dire c’est qu’ils ne sont pas à la hauteur.
L’économie n’existe pas décorrélée de la politique et des rapports de force sociaux.
Les beaux rouages parfaitement huilées d’une économie totalement libre, ce n’est qu’un mythe répandu par une classe qui cherche à détruire tout les freins à son enrichissement déjà démesuré. Que eux y croient un peu parce que ça les arrange, ça se comprend. Les autres, rien ne les y oblige, en tout cas pas le bon sens, ni l’Histoire.
Ton article si j’ai bien compris raisonne ainsi : "ceci est le libéralisme", "ceci est le keynésianisme", "keynes n’est pas libéral" donc "keynes a tort".
Le problème c’est que rien ne prouve que le libéralisme soit "juste" malgré ses prétentions mathématiques (assez ridicules en fait, étant donné la simplicité des modèles comparée à la complexité des acteurs , des phénomènes, des rapports de force etc.)
Un chose intéressante que j’ai notée : "Selon Keynes les économistes classiques et néoclassiques considèrent que l’argent investi fait tourner l’économie, point sur lequel il est en accord, et que tout argent gagné est soit dépensé en consommation, soit investi. Point sur lequel il est en désaccord.
Selon Keynes, c’est le fait de dépenser qui stimule l’activité. Or, plus quelqu’un gagne de l’argent, plus il a tendance à le thésauriser, c’est-à-dire à le garder, sans l’utiliser pour sa consommation, ni l’investir non plus"
A mon avis c’est lui qui a raison sur ce point et non les libéraux. Aujourd’hui c’est encore plus flagrant. Que font les plus riches de leur argent ? Ils consomment, ok, ils investissent, ok, mais en grande partie sur les marchés spéculatifs (qui n’alimentent pas l’activité) et non dans la production, notamment parce qu’au bas niveau où sont les salaires, une production supplémentaire, conséquence d’investissements productifs, ne trouverait pas de consommateurs.
Par ailleurs toujours pour résoudre ce problème des salaires trop bas pour assurer une consommation suffisante, les banques, dans lesquelles ils placent leur argent, octroient des crédits pour maintenir cette consommation et, ce-faisant, ils tendent à s’enrichir tandis que les consommateurs à crédit s’appauvrissent, accentuant ainsi un déséquilibre déjà mortel pour le système.
Si donc le fait que "tout argent gagné est soit dépensé en consommation, soit investi" est une hypothèse fondamentale de la théorie libérale, et bien cette hypothèse est effectivement fausse.
Les dépenses d’armement sont arrivées après le retournement. Mais la logique est à peu près la même qu’il s’agisse d’infrastructures ou d’armements : la situation se redresse dés lors qu’on sort du cercle vicieux rigueur-récession.
La rigueur est défendue par idéologie et parce qu’elle permet la destruction tant souhaitée par certains milieux de l’état providence ainsi que la privatisation forcée des actifs publics.
Ce qui rend la situation particulièrement compliquée aujourd’hui, c’est que les contraintes en matières de ressources et d’environnement (sans compter les aspirations à la justice), vont à l’encontre de l’idée d’une simple relance de la consommation et de la production.
Il faut inventer une solution nouvelle, pas simplement chercher à ranimer le cadavre. Mais les pistes ne manquent pas.
"Plus jamais ça", ça signifie réellement quelque chose ou c’est juste un slogan publicitaire ? Parce qu’à te lire, assassiner un milliard d’êtres humains, c’est envisageable...