Exactement. Les banques sont toutes virtuellement en faillite (à part celle à l’origine de la faillite de toutes les autres, Goldman Sachs). Donc il faut imprimer beaucoup d’argent pour remplacer leurs avoirs toxiques. Seulement imprimer de l’argent sans créer de richesse crée de l’inflation, voire de l’hyper-inflation (vu que les banques ont des actifs valant 10 fois le PIB mondial). Du coup, pour éviter cette inflation, on s’arrange pour que tout le monde soit au chômage : c’est un facteur déflationiste qui va contrer le facteur inflationiste.
Donc les banques ont joué, elles ont perdu, le peuple va payer et les dirigeants gardent leur bonus. Tout est bien qui finit bien.
Ce que vous dites sur la nation n’est pas inintéressant mais je pense que l’individualisme est d’autant plus marqué que les ensembles d’appartenance (nation, continent, monde, allons-y gaiement) sont plus grands.
Imaginez un village autonome, qui ne compte globalement que sur lui car les échanges avec les autres sont assez limités (avant le pétrole). Les gens se connaissent, ils ont une culture commune malgré eux (langue, terre, style des maisons, art culinaire). Il y aura des conflits entre personnes (la démocratie à l’échelle du village devrait être là pour les résoudre). Mais si une personne est en grande difficulté, il est probable que la solidarité marche d’elle-même, et si elle marche, elle sera humaine, chaleureuse.
Au niveau d’une nation, qu’avons-nous ? Des grands groupes (multinationales comme Bouygues) qui vont nous faire des maisons identiques et sans aucun style dans toute la France. Des cotisations obligatoires qui nous disent que nous sommes solidaires avec regret (sacré manque à gagner !). Mais quand un proche (proche de chez vous) a de grandes difficultés, vous n’êtes même pas au courant et le système centralisé est parfois totalement inefficace à gérer correctement le problème, avec la plus grande froideur (on donne de l’argent à quelqu’un qui s’est mis en difficulté ... parce qu’il ne sait pas gérer, par exemple).
Etes-vous vraiement sûr que la culture et la solidarité trouvent leur place au niveau d’une nation ? Personnellement, j’en doute. Il est évident qu’avoir un grand nombre de personnes qui parlent votre langue facilite grandement l’accès à la connaissance, mais si le territoire est vaste, je trouve souhaitable que la culture soit différente.
L’appartenance à une communauté large permet de bénéficier d’experts de plus en plus pointus (tout faire soi-même est contre productif), cependant, on devrait s’arranger pour que les ensembles géographiques soient relativement autonomes quelque soit leur échelle. Les échanges de biens de peu de valeur ajoutée (vêtements de base) au niveau de continents (Chine vers Europe) conduisent à de gaspillages de ressources (transports) et à un problème pour utiliser toutes les compétences (tout le monde en France ne peut pas faire de la haute valeur ajoutée exportatrice). En mondialisant l’économie, on cherche avant tout 2 choses : rendre les gens complètement dépendants (plus d’autonomie possibles au niveau local, donc liberté perdue), et imposer un système monétaire obligatoire (pour bien ancrer dans les esprits que rien n’est possible sans argent). Après, les "élites" qui gèrent les multi-nationales et la création monétaire peuvent dormir sur leurs 2 oreilles : toute initiative de changement local aura très peu de chance d’aboutir (trop de dépendances) et très faible probabilité d’un changement mondial synchronisé.
OK, de toutes façons, l’organicisme est une société de castes (donc élitiste). Après, il est clair que selon les époques, ce que l’on peut faire admettre aux gens du bas (par conditionnement) est plus ou moins violent (d’où la crise pour revenir à des niveaux de soumission plus intéressant).
Je crois hélas qu’on arrive à la limite du raisonnement. Si une société holiste et organiste a pour but le bonheur de ses individus, alors quel est son but à elle ? J’ai bien peur que les réponses à cette question soient aussi nombreuses que contradictoires. Certains accepteront de boire leur urine pour aller sur Mars pendant que d’autres préfèreront vivre dans un environnement calme et naturel.
C’est en ce sens que je suis "libéral", car je crois que les différences humaines sont telles qu’on ne pourra jamais les coordonner dans une but unique sans soumission. Et à partir de là, on doit laisser un maximum d’autonomie à chacun, tout en s’assurant que chacun ait le minimum.
Mais l’erreur que l’on fait est de considérer la collectivité comme un tout (avec une direction unique) : en fait, chacun devrait pouvoir se reconnaitre dans certaines activités collectives (mêmes concurrentes), et chacun devrait pouvoir y donner son énergie par conviction. Un peu comme il existe des projets en informatique libre sur internet qui attendent des bénévoles pour les faire avancer. Cela suppose toujours d’être libéré des contraintes élémentaires.
Je ne pense pas que la baisse générale du niveau de l’éducation soit liée à une volonté de niveller. Je crois que le niveau a d’abord chuté (certains élèves de sachant plus lire en 6ème) et que l’on a niveller par la suite.
Une des premières causes est sûrement le manque de temps des parents (moins d’affection car les 2 travaillent).
La cause fondamentale est quand même le système élitiste justement : ceux qui réussissent (en apparence) dans le système sont les acteurs, les sportifs, les chanteurs (c’est ce qui apparaît aux jeunes à travers les médias : on ne parle bien entendu à aucun moment des intermittents du spectable ou des sportifs qui ne gagnent rien). Le chômage, largement perçu, ne donnant aucun attrait à l’école.
Donc encore une fois, si on veut une société élitiste, il est normal que ceux qui ont la charge de divertir les autres gagnent plus que les autres (grâce à la duplication de l’information) : il est alors parfaitement évident que les jeunes veulent rentrer dans ce monde-là, même s’il est aussi perdant qu’un billet de loto. On ne se prive absolument pas de faire réussir des jeunes issus de la banlieue pour faire vivre cet espoir. Je pense que le dernier stade de la soumission est la prostitution, et c’est une excellent moyen de la généraliser.