C’est là nos divergences. La collectivité, pour survivre aux autres collectivités, devait avoir des objectifs qui dépassait l’individu. Aujourd’hui, avec la bombe atomique, pourquoi mettre la collectivité au-dessus de l’individu ? Une collectivité qui se porte très bien composée d’individus malheureux n’a aucun intérêt.
Pour ce qui est de la hiérarchie utile, je préfère parler de compétences et de formation. Mais je suis sûr que l’on peut se passer totalement du modèle militaire (chef-pion) dans une organisation collective.
Je n’ai effectivement aucun rêve de grandeur pour la collectivité, je ne crois à aucune construction collective qui donnerait un sens nouveau à l’homme (avoir cet espoir, c’est sûrement une cause de divergences profondes, en l’occurrence, sur le sens global que chacun veut donner à cette collectivité, élitisme absolument nécessaire ici). Même si j’aime beaucoup l’abstraction (programmation entre autre), je suis terre-à-terre.
Je crois avoir été traité de sectaire ("comment sauver la démocratie" au lieu de "comment améliorer les choses"), mais à présent que je relis un peu les commentaires, je peux vous retourner ce joli qualificatif (sachant que la démocratie n’est pas du tout en place, elle ne peut donc pas être sauvée).
Car si la question "comment améliorer les choses" est bien fondamentale, il faut savoir ce que l’on met derrière une amélioration. Il me semble que vous êtes très attaché à la productivité, à tirer le meilleur parti des gens selon leur compétence, etc... Mais dans quel but ? C’est ça, la vraie question. Quel sens donner à la vie ? Et personne a la réponse à cette question pour les autres, c’est à chacun de trouver sa réponse.
Hier, j’ai repiqué des tomates, des poireaux, des poivrons..., planter des fraisiers, fait un footing, etc... Et on pourrait se dire, c’est dommage, avec un diplôme d’ingénieur de faire de si "petites" choses. Sauf que si je ne suis pas épanoui dans le monde du travail, à devoir me plier au profit d’une boite quelconque, alors ces petites choses valent mieux de mon point de vue et c’est ça qui compte. Donc améliorer les choses, ce n’est pas faire du tape à l’oeil avec des machines toujours et encore plus grosses, voir des chiffres qui s’envolent... C’est en premier lieu se sentir bien, se sentir libre. Bien sûr, je ne peux pas me libérer de ma condition animale : je devrais m’alimenter jusqu’à ma mort. Mais une société libre devrait pouvoir se faire oublier.
La coopération peut amener à des réalisations époustouflantes, mais si elle nécessite la soumission du plus grand nombre sans qu’ils en tirent un bénéfice à la hauteur de leur sacrifice, il faut savoir la rejeter (d’ailleurs, on ne peut plus parler de coopération mais de parasitage). Disons que quand je vois un beau monument (ou toute autre réalisation collective), je vois aussi tous ces gens qui ont travaillé sans le vouloir. Et ça parait déjà beaucoup moins beau, beaucoup moins souhaitable.
Si l’on ne veut pas être sectaire, il faut savoir se détacher du matériel, de l’argent et imaginer ce que la vie des autres est réellement.
Merci Machiavel1983, je crois que je suis globalement d’accord avec toutes vos interventions.
Mais là où vous vous trompez (avec Eric Gueguen), c’est que je n’ai jamais parler de revenu de base. Je sais parfaitement qu’il y a beaucoup de personnes qui ne savent pas gérer 3 sous et beaucoup de misère humaine vient de là (on boit les alloc en début de mois, et à la fin, les enfants n’ont pas à manger).
Cela fait un moment que l’on devrait accepter ce constat : les gens ne sont pas égaux, certains sont très mauvais gestionnaires, le système monétaire ne leur est pas adapté (celui-là même qui nous est imposé dès notre naissance, totalitarisme marchand). C’est pour cela que je préfère la gratuité des besoins essentiels. Je suis aussi contre les alloc que je trouve anti-sociales (donnons la gratuité aux enfants : repas à l’école, sport, musique, culture, ... mais rien aux parents).
Après, je n’aime pas beaucoup l’assistanat. Mais je déteste encore plus la soumission. Certains vont jusqu’à s’immoler s’ils n’ont pas de travail, je vous laisse imaginer ce qu’ils sont capables de faire pour un SMIC. Il faut donc s’assurer d’éveiller au maximum les jeunes (réelle égalité des chances), de réussir à trouver leur talent personnel, leur passion, pour qu’ils n’aient pas envie d’être juste des poids pour la collectivité. Mais c’est secondaire par rapport à la soumission généralisée, réel fondement de tout système élitiste (pyramidal), quoi qu’en dise Eric Gueguen. La servitude volontaire existe parce que l’homme est loin d’être parfait et que la société autorise d’abuser de ses faiblesses (dans certains pays, la publicité pour les enfants est interdite). C’est aussi la règle dans toute société pyramidale : la tête utilisera tous les stratagèmes pour se maintenir en place.
Je m’excuse pour mon style qui doit être assez pénible à lire, mais je trouve vos arguments tout aussi inconsistants que les miens.
Oui, c’est bien la justice qui peut nous prémunir de la barbarie. Mais pendant que le pourcentage de divorces devraient relativiser l’intérêt du mariage, d’autres voient dans cet acquis, une modernité. Cet exemple du mariage est riche d’enseignement. Par exemple, les femmes qui ont un emploi sont celles qui divorcent le plus facilement. Ce que je veux vous dire, c’est que vous avez l’air d’ignorer, en cherchant à rendre les choses plus complexes qu’elles ne le sont, que notre société toute entière, jusqu’aux rapports conjugaux, est basée sur la soumission.
Mon but est bien plus simple que le votre. Je veux casser la soumission par 2 droits universels réellement appliqués : le droit à un logement décent et le droit à une nourriture décente (gratuité). Vous verrez qu’en donnant ces 2 droits à tout le monde (inactifs compris), la société n’aurait strictement rien à voir. Même si on garde les inégalités pour toutes les autres activités. Et si chacun a le droit de mettre la main à la pâte, pour aider à cultiver ou bricoler à droite à gauche (travail bénévole accessible à tous et largement accepté), il n’y a pas vraiment d’inquiétude à se faire pour la faisabilité d’un tel projet.
Vous pouvez juger que les "consommateurs" que nous sommes ne seraient pas intéressés (pas d’achats intempestifs possibles). Je vous répondrai que c’est peut-être une solution radicale pour supprimer totalement des hordes de consommateurs. Dans sa vie de tous les jours, vide d’espoir ou pleine d’inquiétudes, le consommateur trouve refuge dans le matérialisme. Acheter un objet inutile, toujours plus accessible qu’un logement ou que la certitude que ses gamins pourront s’en sortir dans une société aussi dure, sa récompense, son Noël, lui permettra un peu d’oublier sa misère ou sa peur du lendemain (drogue).
En gros, il serait temps de supprimer l’esclavage une fois pour toute. Après, on verra.
Vous raisonnez comme s’il y avait égalité des chances.
Je prends un exemple qui n’est pas le mien mais que j’ai vu dans mon entourage : quand à 18 ans, on se fait foutre à la porte par ses propres parents (plus d’alloc), vous la créez comment votre entreprise alors que vous n’avez ni logement, ni revenu ?
Vous allez me dire que je prends des cas sociaux, seulement, c’est cette société de l’élitisme forcené qui les crée : s’il y a des élus, cela veut dire d’une façon évidente qu’il y a des perdants (et en beaucoup plus grand nombre si l’on estime que les élus doivent être grassement récompensés par leur "mérite"). Vous êtes comme le joueur de loto qui ne voit que la possibilité de gagner. Essayez d’enlever vos oeillères.