Il ne faut pas mélanger democratie et liberté. On est parfaitement d’accord que la démocratie est la dictature du plus grand nombre. Il faut l’utiliser le moins possible. Partout où l’on peut laisser la liberté s’exprimer, alors il ne faut pas l’entraver. La démocratie ne doit pas servir à prendre des décisions sur tout et n’importe quoi (ce que notre système élitiste fait pourtant).
Cependant, la vie en société créé fatalement des interactions entre les individus et entre groupes d’individus. Quand certaines actions sont nuisibles à d’autres, on ne fait pas mieux que la démocratie pour entraver le moins possible la liberté : si ceux qui nuisent sont peu nombreux par rapport à ceux qui subissent ces nuisances, alors la démocratie interdira une action à la minorité. Mais elle permettra à la majorité de rester libre de vivre sans ces nuisances.
Après, pour ce qui est de l’intérêt général, je me moque pas mal qu’un peuple prenne de lui-même de décisions qui s’avéreront plus que moyennes pour son avenir. Car dans tous les cas, le peuple assumera lui-même ses propres décisions : ce qui ne sera jamais le cas dans un système élitiste, ou les décideurs feront encore appel à la collectivité pour réparer leurs erreurs monumentales (par rapport à leur petitesse). Mais il est clair que la démocratie suppose un minimum d’éducation de la part des citoyens ainsi qu’une information accessible et non biaisée.
Mais vous vous trompez quand même sur la société actuelle : c’est l’aboutissement de l’élitisme le plus parfait. La tête de la pyramide devient toujours décadente avec le temps, mais comme la culture de l’élitisme est ancrée dans tous les esprits (école, travail, sports, arts, ...), on ne fait que changer la tête quand la décadence devient insupportable, ce qui ne change absolument rien sur le long terme.
Pour la définition de l’état, si l’on prend la démocratie au sérieux, comme il n’y aurait personne à sa tête, il ne représenterait qu’un ensemble des décisions collectives accumulées. Car fatalement, quand des décisions qui touchent la collectivité sont prises, elles nécéssitent des moyens (humains ou autres) pour les faire appliquer.
Quand même, Eric Guéguen fait, comme tous les aristocrates, une confusion très importante. La prise de décision touchant un collectif et la compétence qui amène à prendre des décisions dans son travail.
Clairement, les décisions qui touchent un collectif ne doivent jamais être prises par des représentants, aussi compétents qu’ils puissent être. Car après, il faudra contrôler ces représentants, puis contrôler les contrôleurs, etc...(et on obtiendra toujours de la corruption quelque part) : la concentration du pouvoir (la non-démocratie) ne pourra jamais servir l’intérêt général.
Une fois les décisions prises par la majorité, alors les personnes travaillent à la réalisation de ces décisions selon leurs compétences.
Exemple trivial : les centrales nucléaires. On ne va pas demander au peuple de contruire la centrale (c’est aux ingénieurs de faire les plans, etc...) mais c’est au peuple (qui peut en subir les nuisances), informé de façon impartiale (il y a des dechets ultimes, un risque de catastrophe non chiffrable statistiquement), de décider si on doit la contruire.
Très franchement, l’élitisme mène à la société que l’on a aujourd’hui. Il faut arrêter avec cette culture.
Avec l’austérité, tous les économistes un peu sérieux savent que le ratio dette sur PIB va exploser. La déflation diminuant le PIB, les efforts consentis se révèlent systématiquement insuffisants.
Je n’invente rien, c’est le scénario de la Grèce, et c’est celui qui est choisi par nos traitres depuis toujours, les politiques.
les idéologie qui veulent changer tous les hommes dans leur essences ca ne marche généralement pas.
Ca ne veut rien dire. Quand on laisse son gamin devant la pub dès le plus jeune, qu’on l’amène faire les courses, que la compétition est ancrée dans le système scolaire, ... Peut-on vraiment parler de l’essence de l’homme ? Non, le système est fabriqué.
L’homme, comme n’importe quel mammifère, est d’abord un animal doué d’une prodigieuse faculté d’adaptation. Après, chacun ses convictions. Je ne nourris aucun espoir dans un changement global. Je cherche juste à être en accord avec mes idées, à être cohérent le plus possible. C’est ma façon de me sentir parfaitement bien, sans remords, sans regrets dans un monde qui m’est, d’une certaine manière, parfaitement étranger.
En ce qui me concerne, personne ne peut m’employer pour de l’argent : c’est ma seule façon possible de m’exclure. Mais je ne peux pas renverser un système à moi tout seul, je ne m’appelle pas Néo.
Un jour, peut-être, on considèrera que le degré de civilisation permet d’offir une connexion internet gratuitement, comme la nourriture et le logement. Pour l’instant, on en est au degré zéro, voire au degré négatif : il faut payer pour acheter de la bouffe empoisonnée...
Personnellement, si demain la société décide de s’engager sur la voie de gratuité, je recommence à travailler, bénévolement pour une structure offrant un service gratuit, et même si je n’ai pas à rougir de mes compétences, il y aurait, dans ce système de partage, du travail pour tout le monde (ce serait tout sauf notre société d’exclusion ou un ingénieur n’a pas assez d’expérience lorsqu’il débute ou devient trop cher lorsqu’il vieillit...).
Si tout le monde est bénévole et responsable, alors la liberté est à portée de main : ce n’est que la propriété privée et l’argent qui créent des freins. Mais il est vrai qu’il n’y a pas plus motivant que la misère des autres, alors motivez-vous, la crise se durcit. Même le rêve de devenir millionaire est moins motivant que la volonté de ne pas finir SDF. Triste au 21ème siècle.