Je suis athée et le matérialisme n’empêche pas la spiritualité (politiquement je suis pour la vraie démocratie, c’est-à-dire anarchiste). Car ces mots sont un peu équivoques.
Prenons le matérialisme : la matière n’a pas besoin de "transcendance" pour exister et s’expliquer. Le problème d’évoquer autre chose que la matière, c’est que cela ne simplifie rien (si dieu existe, qui l’a créé : il est immortel ? Ah bon, mais alors pourquoi pas la matière-énergie ne le serait pas aussi, ça serait plus simple, non ?). Donc comme cette transcendance ne se codera jamais dans nos équations et ne nous aidera jamais, autant s’en passer pour essayer de comprendre le monde (rasoir d’Ockham).
Prenons la spiritualité : anarchiste, je suis contre l’idée d’un dieu qui nous serait supérieur, et qui est surtout inventé pour habituer les gens à se soumettre à un ordre établi (ni dieu, ni maître). Cependant, il faut que la société dans son ensemble aie un minimum de sens. Il y a bien une quête spirituelle de groupe à avoir : par exemple, rechercher à maximiser les satisfactions humaines et cela ne peut pas se faire de façon anthropocentriste (hors toutes les religions sont anthropocentristes) car l’homme sera, à mon avis, bien plus heureux sur une Terre peuplée de nombreuses créatures complexes (dont il ignore encore tellement) que sur une Terre bloc de béton fonctionnelle mais parfaitement inerte.
Quant à lire le capital, j’en ai bien lu des extraits : effectivement, Marx analyse très bien les choses, cependant, le capital est une vue de l’esprit. Il n’a strictement aucune existence physique. Seule une société marchande qui invente aussi la virtualité de la monnaie peut définir un tel terme. On peut passer sa vie entière sur le virtuel croyant mieux comprendre comment le monde réel fonctionne, mais cela ne fait que complexifier son point de vue. C’est d’investissement, qu’il faut parler, mais pas de capital. Et le peuple doit s’approprier l’investissement (investissement démocratique). Quand on donne de l’argent (virtuel) à des travailleurs qui mettent sur pied une nouvelle usine non encore productive, ce n’est pas réellement l’argent qui les nourrit ou qui les loge, c’est d’autres travailleurs qui surproduisent et qui peuvent leur contruire des maisons ou les alimenter avec leurs excédents agricoles... Il suffit de voir cela pour se passer des capitalistes et du capital. La seule chose de bien réelle, c’est qu’il faut évidemment sur-produire pour pouvoir investir.
La planète Terre est composée à 77% d’eau. Ce n’est pas vraiment une ressource épuisable dans peu de temps, voyez-vous ...
??? Entre de l’eau directement consommable et de l’eau empoisonnée, il y a une différence de taille. On peut bien sûr utiliser de l’énergie pour la filtrer, mais il est presque évident qu’il en faudra beaucoup plus que celle qu’on récupérera avec les gaz de schistes si l’on veut dépolluer l’intégralité des nappes.
Pour un libéral, ne voir aucune nuisance à la pollution des nappes qui est une atteinte grave à la liberté de continuer à vivre dans un environnement sain, c’est le résumé de ce que vaut le libéralisme : la dictature de l’argent, quitte à emprisonner tout le monde dans des camps de réfugiés après la destruction quasi-complète de la Terre, comme l’argent en aura décidé. Pas plus liberticide que votre libéralisme. C’est un système de dévastation, donc anti-économique.
Je réagis sur l’ambiguité de Michel Foucault vis-à-vis du néolibéralisme. Oui, c’est parfaitement vrai, il faut être pour la liberté maximale. Personne ne conteste cela. Mais comment l’obtient-on ?
"La liberté s’arrête où commence celle des autres".
Le libéralisme (néo ou non) c’est la dictature de l’argent, ou de la propriété privée. Donc non merci, ce n’est rien d’autre qu’une nouvelle aristocratie (ploutocratie ou les modèles à suivre, les "meilleurs", sont ceux qui ont l’argent). Allez marcher un peu sur les chemins et observez les panneaux : "propriété privée", "défense d’entrer", ... C’est ça, la liberté ?
Personne ne veut non plus d’un état centralisateur et uniformisant (dictature politique quelque puisse être sa pseudo-orientation politique puisque systématiquement élitiste, donc aristocratique également).
Il y a un système qui maximise la liberté, un seul, c’est la démocratie (la vraie, directe, avec l’utilisation d’internet pour proposer les lois, pour les voter et des salles communales pour ceux qui ne savent pas manier un ordi). Je ne crois même pas que la démocratie aie été citée dans l’entretien de Geoffroy de Lagasnerieff, ce qui est un peu normal : il travaille à l’IEP, cursus qui est pour la formation d’une élite en politique, donc anti-démocratique.
Maintenant c’est vrai, la démocratie, c’est encore la dictature de la majorité. Cependant il ne faut pas y faire appel systématiquement. Laisser les gens libres autant que possible sans les entraver dans leurs choix et ne pas chercher à légiférer systématiquement (laisser l’expression de la diversité). Mais dès que leur liberté les mène à des actions qui nuisent à d’autres, alors ceux qui subissent les nuisances ont leur mot à dire. Et c’est là que la démocratie intervient pour choisir des compromis (discussions, contrepartie aux nuisances ou interdiction pure et simple, puis décision à la majorité). A mon avis, il ne sert à rien de légiférer de façon identique sur des territoires très vaste (uniformisation) : la maximisation de la liberté devrait permettre aux gens de déménager spontanément vers les zones qui leur correspondent le mieux au niveau législatif. La dictature de la majorité (locale) s’avère la meilleure solution à la limitation nécessaire des libertés des individus dans une société civilisée (il n’y a pas une planète par personne). Liberté maximale à priori + démocratie en cas de conflits pour régler les litiges + diversité des lois selon la géographie + facilitation des déménagements = liberté maximale.
Pour conclure, 2 exemples pour montrer à quel point le (néo)libéralisme est liberticide.
1) La liberté de la possession privée (et surtout immobilière) est une nuisance évidente pour ceux qui en seront dépourvus. Alors on fait quoi ? On gaze les dépossédés ? Non, on les fait travailler à vie pour des rentiers ? Le principe évident de liberté (ne pas nuire aux autres) n’est pas respecté dans la propriété privée. Les libéraux, extrêmement malhonnêtes, ne produisent des ouvrages que du point de vue des possédants, jamais du point de vue des dépossédés (bien plus nombreux à subir la nuisance de la soumission).
2) De même, l’analyse néolibérale du crime (calcul du criminel, donc pas un anormal) est la preuve la plus flagrante de la non compréhension de la liberté par le néolibéralisme : combien de libéraux aimeraient se faire tuer (ne subit-on pas une nuisance quand on se fait flinguer ?). Accepter un certain pourcentage de crimes avant de mettre en place un état (ou juste une police), c’est avant tout s’accommoder d’une société barbare où les gens en souffrance pourront être liquidés avant qu’ils ne cherchent, logiquement, à liquider d’autres pour s’alimenter.
Si les messages de la propagande des medias principaux (télé, radio, journaux) vous conviennent, pourquoi venir ici ? D’ailleurs, à part répéter les messages de ces pseudo-économistes, dès qu’on gratte un peu, il n’y a rien, le vide sidéral...
Alors la propagande, elle n’est pas trop sur les commentaires d’Agoravox où chacun a le droit d’argumenter et d’apporter une réponse, mais sûrement dans ces émissions où l’intervention des auditeurs est impossible et où les intervenants sont des pions qui ont réussi dans le système et qui par conséquent ne le critiqueront jamais.
Niveau de ce débat sur France 3 : nullissime. Du niveau de Milton Friedman qui prône la charité envers ceux qui n’ont pas assez d’argent pour vivre. Il sert à quoi au juste, le système qu’on nous vend, s’il ne veut pas gérer les problèmes qu’il génère ?
Merci Yoann pour le lien, toujours un plaisir d’écouter Frédéric Lordon.
Alors, pour ceux qui ont tout compris à l’économie (comment on fait du pognon avec ... du pognon), il est nul, Lordon, puisqu’il ne délivre pas les mêmes messages que la propagande ?
A mon avis, les "balaises" en économie n’arrivent pas à le suivre, il est trop cultivé et trop cohérent pour eux.