En revanche, je suis moins convaincu par la corrélation création monétaire - emplois.. Nous sommes dans une période qui fait tourner la planche à billets et alors le chômage ne baisse pas... . Il a répondu à ça... Si on crée de l’argent, il faut le donner à ceux qui dépensent et qui en ont besoin. Or, quand on fait marcher la planche à billets, c’est uniquement pour les banques qui spéculent en bourse mais ne dépensent rien. En effet, tous les agents qui pourraient consommer (particuliers, états, ...) sont déjà fortement endettés, donc les banques ne peuvent de toutes façons pas leur prêter plus ou si elles le font (états), c’est pour mieux les couler et les rendre totalement insolvables. . Ou beaucoup plus simple : croyez-vous que les américains sont crédités d’un montant lorsque les "Quantitative easing" 1, 2 ... sont lancés ? Bien sûr que non.
Globalement d’accord mais tout le monde ne supportera pas des études longues pour être en adéquation avec un travail de plus en plus complexe. De plus, la seule augmentation de productivité n’est pas un gage d’augmentation de qualité de vie. Il va falloir occuper les gens les moins formés (les loisirs ne suffiront pas pour tout le monde) : je pense qu’on pourrait augmenter la main d’œuvre dans l’agriculture et l’élevage, dont la formidable augmentation de productivité ne s’est absolument pas faite à qualité constante (ni en respectant l’environnement), c’est le moins que l’on puisse dire. . A partir de là, les hyper-productifs de l’industrie et des services devront accepter de partager avec les autres. Or, on ne fait strictement rien pour développer la culture du partage, on cherche au contraire à diviser pour régner... C’est pas gagné. En fait, je suis très pessimiste : je prévois une explosion démographique qui va continuer, avec une qualité de vie qui va fortement diminuer, une technique maîtrisée par une population relative de plus en plus en plus faible et un éclatement de la population en castes très fermées. C’est en tout cas ce que l’on observe à petite échelle aujourd’hui.
Merci epapel pour vos réponses que j’apprécie mieux que celles du début (et je tiens à m’excuser pour mes réactions un peu violentes à vos premiers commentaires, bien trop lapidaires). Maintenant, je crois que vous vous trompez sur les qualifications des français. Certaines sources disent qu’on est les plus productifs, je trouve cela un peu exagéré, mais on est quand même très productif et cela s’explique par un excès de bac + x (j’ai des exemples, par comparaison avec les Etats-Unis, moins bien formés, mais ils sont difficiles à expliquer). Il y a un fort pourcentage de caissières qui ont des diplômes et je pense réellement que favoriser le temps partiel sur les bons salaires, éviter le cumul au sein d’un même couple, tout cela résoudrait la précarité. . Mais je crois aussi que les gens ne sont pas du tout partageurs et on favorise ce comportement en les stressant tout le long de leur vie professionnelle. Ceux qui gagnent très bien leur vie ont autant la pression professionnellement que les travailleurs peu rémunérés. J’ai connu des réorganisations ou le site de l’entreprise passait de la banlieue sud de Paris à la banlieue nord histoire de décourager (et dégraisser) ceux qui avaient acheté leur maison dans le sud. Bref, seul le patronat a intérêt à nous stresser et à nous diviser pour nous sous-rémunérer. D’ailleurs le MEDEF s’oppose à la limitation de l’immigration : pourquoi ? Quels sont les travailleurs les plus soumis, prêts à faire des choses même illégales vis-à-vis du code du travail ? Ceux qui espèrent avoir la nationalité en faisant du zèle (attention, je ne voterai jamais extrême-droite, mais accueillir une main d’œuvre supplémentaire quand on a un chômage très important ne peut pas être dans l’intérêt général : en plus, ils participent, malgré eux, à la sous-rémunération générale. De plus, chaque pays devrait passer lui-même par ses phases de luttes pour gagner ses acquis sociaux au lieu de les perdre tous ensembles comme on le fait par dilution aujourd’hui). . Notre ennemi à tous, c’est bien le patronat qui favorise la mondialisation (le pire, c’est la libre circulation des capitaux qui n’est qu’un asservissement pour le peuple : belle liberté quand on n’a aucun capital !). Grace à cette liberté d’investissement géographique, il peut détruire tous les acquis sociaux en même temps que les services publics pourtant acquis difficilement. . Bref, l’intérêt général ne peut pas être le produit de la combinaison des intérêts particuliers, et on le voit trop aujourd’hui, avec le patronat tout puissant. Donc être libéral, c’est se forcer à être aveugle.
J’ai peut-être fait une confusion avec le "epapel" d’Agoravox que vous n’êtes peut-être pas, mais il m’avait clairement dit que le travail n’était pas un gâteau que l’on partage.... Or cette affirmation qui veut que plus on travaille, plus on gagne et plus on donne du travail aux autres, est une affirmation de libéral qui veut que les salariés rentrent en concurrence entre eux pour le peu de travail qui existe (ce qui a tendance à faire baisser les salaires en augmentant le chômage). . Et tous ceux qui affirment ça n’ont aucune explication concrète à donner sinon des chiffres macroéconomiques (et c’est votre spécialité). Or on fait dire ce qu’on veut aux chiffres macroéconomiques : on extirpe, de milliers de paramètres, 2 ou 3 qui vous intéressent sur une période choisie où leur évolution vous arrange et hop, CQFD, ignorant tous les autres paramètres, jugés négligeables pour la pseudo-démonstration. . Encore des perles de votre raisonnement macroécomiques : . Le nombre de fonctionnaires et les dépenses de l’État et des
collectivités locales n’ont pas cessé d’augmenter entre 1973 et 2001. . C’était en réponse au fait que la loi de 1973 avait grévé le budget de l’état. Avez-vous entendu parler du baby-boom ? Si la population active augmente fortement, le nombre de fonctionnaires, à proportion constante, aussi. Quant à savoir si en relatif, le nombre de fonctionnaires à augmenté ou baissé, il faudrait aussi voir l’évolution des prélèvements obligatoires (population active, taux de prélèvements obligatoires : ces paramètres sont importants)... Donc je maintiens mon affirmation, même si mon raisonnement était simpliste : pour un même taux d’imposition sur la période, le nombre de fonctionnaires auraient pu augmenter plus si on n’avait pas été obligé de donner aux riches à travers la loi de 1973 qui a forcément grévé le buget de l’état. Et donner aux riches n’est jamais dans l’intérêt général : ils peuvent délocaliser à l’étranger, ou spéculer, il vaut mieux taxer moins les petits commerçants ou artisans qui pourront créer des emplois en France. Je ne suis pas pour la création d’emplois de fonctionnaires improductifs mais plutôt pour la baisse des impôts des plus modestes qui ne vont pas utiliser leur argent ailleurs qu’en France. Et sans la loi de 1973, on aurait moins prélevé les gens pour un même budget. . transformer des travailleurs en retraités, multiplier les emplois aidés
et mettre en place les 35h n’ont pas fait reculer le chômage que je
sache. . Qu’est-ce que vous en savez ? Quel aurait été le chômage s’il n’y avait pas eu les 35h ? Encore une affirmation gratuite à partir d’un pseudo-raisonnement macroéconomique qui n’a aucune valeur. Nous serions peut-être à 20% de chômage officiel (comme en Espagne) si nous n’avions pas pris ces mesures là en leur temps et personne ne peut me contredire, puisqu’on n’en sait rien. . Je suis pour le partage du travail utile et je n’ai jamais parler de subventionner des emplois non productifs. Mais nous n’aurions pas besoin de créer des emplois bidons à la pelle pour occuper les jeunes diplômés si le peu de travail utile et bien rémunéré était partagé. Dites-moi pourquoi il est très compliqué (voire impossible) pour les gens bien payés de travailler à mi-temps (quand financièrement, cela serait tout à fait possible), alors que le mi-temps devient la règle pour les emplois mal rémunérés (caissières, services à domicile,...), justement là où il n’est pas possible de vivre avec un mi-temps ? Je propose de partager les emplois bien payés, de favoriser le travail à temps partiel pour les bon salaires et d’éliminer les emplois mal payés ou de les rendre à temps complets : que chacun puisse vivre de son travail. . Je crois que, comme l’auteur, vous n’avez pas pris la mesure de la disparition du travail utile. Forcément, si la productivité augmente avec les machines, si on veut travailler autant, il va falloir consommer plus (donc plus de gadgets, plus de destruction de la planète mais surtout, il faudrait augmenter les salaires pour permettre cette surconsommation). La seule solution viable sur le long terme est de diminuer le temps de travail. J’ai travaillé dans de nombreuses boites privées et connu 2 rachats, un changement de statut (les jeunes avaient des contrats de travail moins intéressants que leurs ainés), pour ces 3 cas et pour toutes les autres expériences, les boites connaissaient toutes des restructurations où tous les employés craignaient pour leur propre emploi... La réalité du monde privée, elle est là. Le travail est précarisé à l’infini (boites d’intérim, SSII), les boites n’ont presque plus d’effectif stable. Et en plus, on crée beaucoup de travail improductif (et privé) par complexité arbitraire (fiscalité, lois sociales, harmonisation comptable,...). Le travail utile est simplement très très rare. . Si vous et l’auteur ne comprenez pas qu’on peut avoir le même niveau de vie en travaillant moins quand la productivité augmente, alors vous êtes incapable d’expliquer les 200 dernières années d’évolution sociale. Et comme la productivité continuer d’augmenter, il est parfaitement suicidaire (chômage massif en vue) de chercher à augmenter à nouveau le temps de travail. Le progrès c’est bien la diminution du temps de travail avec une absence complète de travail comme limite (temps intégralement occupé en loisirs, arts, musique, sport, recherche,...) les machines travaillant pour nous avec une qualité irréprochable. Mais le capitalisme n’autorise pas un tel progrès puisque seul le travail permet d’avoir un revenu pour celui qui ne possède aucun moyen de production (capital). Le progrès passera forcément par le remplacement du capitalisme et tout ce que ces chers économistes auront appris (capital, création monétaire, banques, bourse,...) n’aura plus aucun sens... Mais on peut choisir de régresser aussi, pour garder ce bon vieux capitalisme, en tout cas, c’est ce que l’on fait en ce moment...
Est ce que vous connaissez un progres social qui a ete le resultat de
l’intervention de l’etat au lieu de l’entreprise individuelle ? . Oui, tous... Congés payés, front populaire en 1936, retraite par répartition en 1941 (René Belin), Sécurité sociale (conseil national de la résisance, De Gaulle)... . Si on laissait faire les entreprises individuelles (libéralisme), nous devrions tous accepter de travailler pour 1€ par jour ou mourir de faim. . Partez pour les Etats-Unis, votre modèle économique, il y a plein de gens qui vous ressemblent et pensent comme vous, là-bas. Et j’espère que vous arriverez à manger sans compter sur la soupe populaire (305 millions d’habitants dont 35/40 millions à la soupe populaire).