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  • Premier article le 19/07/2018
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    PumTchak PumTchak 10 juillet 2018 23:18

    @Belenos

    1. Pourquoi tenez-vous à vous définir publiquement "de gauche" tout en affirmant constater que vous êtes en désaccord avec "la gauche" telle qu’elle se manifeste publiquement (plug anal, LGBT+) ?

    Dans l’échange avec maQiaviel, j’avais dit que je me sentais "orphelin", d’une gauche que je ne comprends plus depuis longtemps. J’ai dû laisser des affects sur une illusion : on peut se débarrasser d’une illusion, mais plus difficilement de ses affects.

    2. Qu’est-ce que "être de gauche" peut personnellement signifier pour vous qui soit différent de ce qui se manifeste publiquement comme étant "la gauche" ?

    La gauche telle que l’on m’a racontée, c’est le progrès social. Plus précisément utiliser les développement économiques pour en dégager les développements sociaux (solidarité, conditions de travail et équipements publics d’accès libres sanctuarisés). Je ne suis pas en soi anti libéral : il faut bien créer les richesses si on veut pouvoir les partager. Ce qu’on appelle maintenant "le sociétal", sont des sujets de société qui viennent en leur temps, qui finissent pas s’imposer d’eux-même, comme l’avortement sous Giscard ou la fin de la peine de mort sous Mitterrand. La gauche de Terra Nova, le forçage sociétal est non seulement une imposture pour mettre sous le tapis la gauche sociale à laquelle elle renonce, c’est même une violence contre la société telle qu’elle existe. C’est finalement l’approche Engelienne : je demande à la gauche de s’occuper de l’infrastructure productive. Si elle est est incapable, alors la droite suffit avec le laisser faire - laisser aller. Mais prétendre s’occuper de la superstructure uniquement, c’est du vol de société. 

    3. Comment pouvez-vous être sûr que c’est vous qui avez la bonne définition de "la gauche" étant donné que ce terme est né du hasard de la disposition des chaises dans une salle et qu’il n’a absolument aucune racine signifiante étymologique à laquelle il serait possible de se référer ? 

    Là dessus, je n’en sais rien, c’est l’échange avec MaQial. Je sais simplement que la gauche qui revendique le progrès social me ment.



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    PumTchak PumTchak 10 juillet 2018 18:31

    @maQiavel

    Oui, j’ai lu cela. Si on réduit le curseur à sa forme la plus basique : les idées naissent à gauche et finissent à droite. Donc la gauche explore et la droite conserve.

    La Révolution Française a culbuté l’ordre ancien, féodal. C’était donc bien le libéralisme qui était en capacité d’une part de débarrasser la sanctuarisation des classes anciennes, les trois ordres (au nom de l’égalité des individus) et d’autre part d’apporter cette dynamique, cette flexibilité pour faire émerger une nouvelle société et rentrer toutes les inventions techniques de la révolution industrielle. C’est d’ailleurs le courant jacobin, qui a su capitaliser au fur et à mesure les acquisitions économiques, sociales, techniques, qui a fait la spécificité de cet état français y compris d’être une pépinière de grandes entreprises. C’est aussi la forme japonaise après le seconde guerre mondiale, avec sogo sosha main dans la main avec l’état pour pénétrer le marché mondial et nourrir le jeu libéral des entreprises du marché intérieur.

    Mais avec le rejet de l’ordre ancien est peut-être resté dans l’imagerie collective l’idée que l’ordre naturel est celui de l’arbitraire, celui de l’autoritarisme. Ce sont les principes (DDHC, lois de la République, principes de laïcité) qui se sont substitués à l’ordre naturel, ont effacé la prise en compte des "biotopes" sociaux. Notamment l’échelle communale, laboratoire organique des sociétés, elle même devenue survivance de l’Ancien Régime. Le libéralisme, moyen d’émancipation, étant devenu sa propre référence, son propre moyen de justification. 

     



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    PumTchak PumTchak 10 juillet 2018 17:25

    @maQiavel

    Oui, j’ai lu trois Michéa, j’apprécie, il faut que je continue. Et je que lise Marcel Gauchet.

    Par rapport ce que vous écrivez sur les courants FI, je remplacerai le mot "gauchiste" par "imposteur" et "populiste " par "gauchiste".

    Oui, il y à la question de nation. Mais l’évolution est que la gauche internationalement est dépassée. L’époque d’un monde ouvrier qui travaillait dans les usines et partageait un sort commun est révolu. En France, le monde ouvrier, ce sont des CDD, intérimaires, précaires, chômeurs, SDF... C’est éclaté tout ça. Sans compter qu’on trouve plus facilement du travail quand on s’appelle François que Mohammed : il y a de nouvelles donnes, depuis. C’est bien la raison pour laquelle les prolos qui votaient PC votent maintenant en majorité FN maintenant (avec la FI qui a su capter cet électorat aux élections 2017, alors que le PS de Hamon n’a capté que les CSP+).

    Donc le cadre, c’est la nation, parce que ce n’est pas au niveau mondial que l’on peut réparer et redéfinir des règles du jeu économique et social. Ne serait-ce que par pragmatisme.



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    PumTchak PumTchak 10 juillet 2018 16:10

    @maQiavel

    Ce qui s’est passé avec le CNR et les trente glorieuses, c’est que la gauche s’est imposée dans les esprits comme synonyme de « progrès social ». Mais quand on étudie l’histoire de ce clivage, on se rend compte que cette période n’est qu’une parenthèse. Lorsque la parenthèse sociale s’est fermée et que la gauche a embrayé sur le sociétal, beaucoup de gens se sont sentis trahis. Mais en réalité la gauche ne s’est pas trahit pas car elle reste synonyme de progrès (sauf qu’il est sociétal maintenant).


    Alors on n’a pas le même regard sur la gauche. Il ne me semble pas (ou cela ne m’intéresse pas), que la lecture droite/gauche ne se lise qu’avec un curseur c’est ancien/c’est nouveau. Sur ce curseur, j’ai atteint ma date de péremption : si l’art moderne est de gauche avec le plug anal géant, la vie sociale est de gauche avec le LGBT+, alors je ne suis pas de gauche.

    Mais cette gauche là est une entourloupe, pour moi. Le socle social est préalable à celui sociétal. C’est comme en droit du travail : ce serait dire qu’on supprime le droit du travail, parce que c’est ringard, ce qui est moderne est le droit des conventions d’entreprise. C’est de la gauche bonneteau, la Ferme au animaux d’Orwell. La gauche qui s’arrange avec la régression sociale et la privatisation des activités humaines en disant qu’on apporte le progrès avec le mariage pour tous.


    Sinon, je n’ai pas parlé de racisme mais d’identitarisme.

    Ok, il faudrait explorer alors le mot identitarisme. Je le prendrait comme sort commun et conventions sociales. Mais c’est un gros débat et je ne viens pas assez ici pour pouvoir le nourrir. 



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    PumTchak PumTchak 9 juillet 2018 23:13

    @maQiavel
     

    Quand je dis que je me sens orphelin, c’est bien que je me demande si la gauche veut dire encore quelque chose. Hormis un lent déplacement tectonique de gauche à droite depuis le début de la Vème République (je parle de gauche sociale, of course, la gauche sociétale, c’est un peu trop transgénique pour moi). Quand je regarde l’Amérique du Sud, oui, il y a une gauche. Mais hormis l’enclave cubaine et sa cristallisation, c’est pas gagné quand même. Chavez n’a pas réussi a passer d’une économie rentière une économie de production (ce n’est pas un reproche, c’est un constat : il faut au moins longévité et le caractère d’un Poutine pour y arriver). Lula da Silva est taule, on essaie aussi d’y mettre Rafael Correa... C’est pas perdu, mais l’ancrage est si long... La droite, ça ne me fait pas bander de toute façon. Raison pour laquelle je cherche vraiment d’autres pôles, même si c’est binaire.


    Sinon, le racisme, oui, c’est LE clivage qui va encore fracasser les besoins d’actualisation des idéologies politiques. (Pour ma part, ce ne sont pas les bamboulas qui me gênent : ils ont un un rapport avec les femmes et une intelligence relationnelle qui les rend adaptables. Ce sont les autres : putain qu’est-ce qu’ils sont raides...). 

    Il y a eu un président qui a parlé de seuil de tolérance et il avait raison. Il aurait fallu prendre plus de temps pour assimiler les arrivants, se redéfinir les uns les autres, avant de continuer à immigrer. Je vais de temps en temps à Sidney, ville cosmopolite, c’est vraiment agréable à vivre. Mais c’est un pays neuf, d’une part, et avec un multiculturalisme à dominance asiatique. Une France multiculturelle, en situation de multicrises, en déshérence économique et diplomatique : je ne vois pas comment. Il y aura des gagnants et des perdants (et j’ignore lesquels). 

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