De mon regard, la révolution française c’est le bébé avec l’eau du bain. Il était évident que l’absolutisme royal était un cul de sac au système monarchique alors que les habitants avaient d’autres moyens pour vivre ensemble (les communaux à la campagne, les développement des villes et le commerce). En l’emprise mentale de la religion ne tenait plus depuis la renaissance des arts et des techniques. la sociétés des hommes (humains) libres et égaux pour se gouverner individuellement avec des droits civils communs sont pour moi des réelles conquêtes humaines, des vraies émancipations.
J’ai un peu de peine à écrire la suite ; je voudrais dire que cette révolution n’était pas spirituelle, mais sans vraiment savoir où je vais en disant ça. En tout cas, si le matérialiste est celui qui veut changer les choses pour changer le monde et si le spiritualiste est celui qui veut changer soi pour changer le monde : on sait de quel côté a été cette révolution. La rationalité, ce n’est que du raisonnement : bien sûr qu’il faut bien raisonner, ça s’apprend, ça s’entraine, certains le font mieux que d’autres. Mais le "Culte de la Raison" n’est qu’une singerie de la spiritualité, selon moi. Et c’est même tout le travers devenu par la suite, même non intentionnellement : "croire en la science", cet oxymore contre la connaissance qui me déclenche de l’urticaire.
Le guerre de 30 ans était une crise religieuse, pas spirituelle. Cette scissiparité créée avec le protestantisme qui intimait de choisir leur camp religieux pour croire le même dieu avec les mêmes textes (à juste quelques variantes annexes près) a rendu fous les habitants, en effet. C’est même une marque de notre vulnérabilité mentale. C’était aussi tout le travail de Thomas Hobbes, son Léviathan, pour sortir de la guerre tous contre tous : la encore, la révolution française était bienvenue.
La spiritualité c’est : qu’est ce que l’esprit, en quoi ça consiste ; comment ça fonctionne, dans quel bain d’esprits ça vit et comment, quelle pourrait être la santé et la médecine de l’esprit, en pendant à celui des corps, etc... C’est bien plus radical que cette simple modélisation monothéiste qui prétend répondre à tout avec un simple kit d’existence. Et la révolution française avait déjà assez à faire en s’en débarrassant. Du coup, elle s’est amputée de cette question, et par effet d’entraînement, s’est enfermée dans la transformation matérialiste du monde : le marxisme, le consumérisme... "La science, c’est le progrès" : euh, oui, d’accord, vers quoi ? . On a perdu les moyens spirituels d’y répondre et on l’a un peu dans l’os cet an ci.
Or on est habitué en
Occident à raisonner de façon binaire exclusive. Ou bien ceci ou bien cela. Ce
n’est pas un point de vue oriental.
Sachant que binaire est
souvent employé pour présenter une opposition qui n’a pas lieu d’être et qui
est le travers de la mentalité occidentale. Comme deux aimants que l’on tient à l’envers et
qui se repoussent eu lieu de s’attirer.
Le Wuji engendre le Yin
Yang, qui sont les deux moitiés du Wuji. Comme le 1 engendre le 2 qui sont ses
deux moitiés. Dans le Yin Yang, l’un nécessite de l’autre*.
En ce sens, je rejoins
Yoananda sur son "égalité" : l’esprit et la matière sont indissolublement
complémentaires, la mort de l’un fait la mort de l’autre. Même si je suis en
désaccord avec lui sur l’autre sujet : le monde est bien en train de
crever de son matérialisme (et peut-être
que ça rejoint le procès de la quantité, de Guénon, que je n’ai pas lu).
Le monothéisme a été le
premier artisan de cette fausse dualité : le rejet de la matière, lieu de
péché, pour ne retenir que l’esprit, siège de l’âme éternelle qui ne nous
appartient pas. Sans compter la dissociation que cela implique (Nigari pourrait
nous en causer !). Il a été aggravé par le basculement lancé avec la
révolution française : vers le retour à la matière, mais en rejetant toute spiritualité.
Les aimants ont été retournés tous les deux.
Après, une préférence ne
change pas l’ordre des choses. Un champion de 100 mètres s’intéresse à la
matérialité, mais sait qu’un bon mental est nécessaire. Un sadhu peut vivre son
monde de l’esprit, mais sait que son corps doit être résilient.
*Ensuite, le Yin Yang contient
le Wuxing, les différents éléments qui ne se répartissent pas que des masses,
quantités, matières, mais aussi des fonctions, de la circulation, de la
vitalité. Matière/esprit restent indissociables.
Merci
Gaspard, un café ne m’a pas suffi pour le lire. Laissez-moi quelques jours.
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L’Age d’or
est un mythe. Sans doute que cela a existé çà et là, pas partout.
Les Grecs aimaient
bien raconter des périodes. Leur cosmogonie va du Chaos primitif vers une
nature paisible par empilement successifs d’étapes qui demeurent maintenant en
arrières-mondes : j’aime bien.
L’évolution
humaine va dans l’autre sens, par contre, par étapes dégénérescentes. J’aime
moins, même si cela explique bien des choses. Je préfère les mythes sumériens, avec l’homme
qui nait faible, vulnérable et même soumis, mais qui a droit à son émancipation
par la connaissance.
Finalement, je vois que les religions abrahamiques ont réadapté le narratif sumérien pour faire leur genèse, mais en plantant le décor dans l’âge d’or Grec. Peut-être que les textes d’Hésiode étaient déjà présents à la bibliothèque de Babylone, quand la Torah a été écrite. En tout cas, cela se tient, chronologiquement.
Je n’ai pas
lu Guénon, ce n’est donc ici que mon grain de sel.
Certainement,
la révolution industrielle a tué la sacralité à tous les endroits de la planète
(à peu de choses près, sans rentrer dans les détails). Sans doute que cette
révolution anthropologique a été cette fois-ci trop puissante pour que l’espèce
humaine ait su en profiter sans tout détruire. Ça me fait mal de l’écrire,
aucune culture humaine n’a été suffisamment armée, ou solide, pour résister à
l’entropie spirituelle qu’elle a déclenchée.
La
génération baby-boom, étendue dans tout l’occident et aussi, dans une certaine
mesure, en Asie a transformé l’or en plomb. Jouir sans entrave n’a fait advenir qu’un
monde trivial, matérialiste, consumériste, désenchanté.
Mais il y
a-t-il eu un âge d’or, est-ce que c’était mieux avant ?
Ce n’est que très récemment que l’espèce
humain est sortie de la servitude, de l’esclavagisme, une norme qui a existé au
moins depuis l’antiquité, pratiquée aussi bien par les Celtes, les Vikings, les Grecs, les
Chinois, les Africains, les Précolombiens… Tous les peuples ne l’ont pas
pratiqué, c’était même incompatible pour certaines cultures, mais c’était
présent dans toutes les contrées du monde.
C’était normal de posséder un humain comme un animal.
Autre malheur,
il était aussi normal que les femmes soient dépossédées de tout : des
biens, des choix, des décisions à leurs existences. Les sociétés étaient
sexuellement hémiplégiques. La encore, on peut rentrer dans le détail pour
contredire, mais l’histoire des familles et des pays a été faite dans le passé
par les hommes. "Une vie" de Maupassant, pour ceux qui
connaissent, qui est la monographie pourtant d’une bourgeoise, est édifiante. La
sortie est récente, partielle géographiquement et fragile. Et qu’on ne m’envoie pas ici le wokisme, ou des
cheveux, roses, je ne parle pas de ça.
Un autre
malheur de l’humanité, récemment quitté : est le monde des empires terminé avec
la décolonisation et l’avènement des nations sur toutes les terres émergées.
Les territoires, les humains n’appartiennent plus aux conquérants et à leurs
caprices de puissances.
La spiritualité, la tradition primitive ont-elles empêché ces trois grands fléaux de l’espèce ?
L’anti-monothéiste que je suis reconnaît cependant que c’est le christianisme,
pour de bonnes ou mauvaises raisons, peu importe, qui a fini par débarrasser l’esclavagisme
et l’absence de reconnaissance pour toute une moitié sexuelle à leur existence.
Depuis le
covid, je me demande si l’être humain ne serait pas tout simplement bien plus
con qu’on le croit.
On a tous vu
cette expérience Milgram grandeur nature, on pense à cette énigme de cette
soumission si simple à l’autorité, avec notamment de la Boétie, Goebbels, Bernays, même plus
anciennement Aristote et, hélas, Harari. L’humain est capable de fortes rigidités
de l’esprit, on connaît les fanatismes, on ne soupçonne pas sa plasticité, une
vrai pâte à modeler.
Un des
aboutissements de la désacralisation des êtres vivants est le "Vous
n’aurez plus rien" adressé au bétail humain en voie de domestication par
une caste démiurgique en (re)formation. Retour à l’esclavagisme, à l’impérialisme,
via cette fois-ci le matérialisme et les moyens de la modernité.
Pour ma
part, je ne sais pas comment empoigner tout ce merdier, sinon se faire son oasis et basta. Mais ce n’est pas
chouette quand même pour l’humain que je suis qui s’interroge sur ses congénères.
Ou tout est
à inventer, depuis le début. Pour ma part, ma spiritualité est faite : il
n’y a pas de matière sans esprit, ni d’esprit sans matière.
C’est
compliqué, une guerre quand on quitte la tévé…
.
Pas d’opinion
sur ces referendums. Lougansk et le Donetsk les avaient déjà faits en 2014. Et
même Marioupol avait commencé le sien. Comme la Crimée, il s’agissait de quitter
cette nouvelle Ukraine post-Maïdan qui s’en prenait déjà à ces
Russophones de l’empire historique qui a tant dérangé les pays d’Europe
centrale, ces Slaves moins industrieux que les occidentaux, ces communistes qui
ont fait vivre l’Holodomor au pays. C’étaient les premières victimes collatérales
du projet altantiste de destruction de la Russie, qui nargue le monde
unipolaire avec ses richesses naturelles et surtout une puissance tellurique en
mesure de contrarier celles thalassocratiques des US et de l’United Kingdom. Mais Poutine les avait refusés et avait
entravé leur demande d rattachement au pays protecteur. Il avait différentes
raisons : il attendait encore du droit
international pour résoudre une question un conflit interne, le conflit gelé empêchait le
rattachement de l’Ukraine à l’OTAN, il n’avait pas encore les armes puissantes
en mesure de contrer celles des Etats-Unis).
Et il les
propose maintenant sous les bombes. Ce n’est pas la meilleure publicité pour
justifier la légitimité de ces referendums. Personne ne sait si c’est l’objectif
ou juste l’instrument d’une guerre qui perd en lisibilité et dans laquelle il
est maintenant coincé. S’il perd ces territoires, comme près de Kharkiv la
semaine dernière, il livre les populations à une terreur criminelle qui sera fortement
endurcie.