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Il a surtout sa carrière derrière lui et l’air du temps qui a changé. On aurait aimé l’entendre dire ça il y a 20 ou 30 ans quand cela avait un sens de fustiger "la gauche". Ceci étant dit, Luchini me paraît plus anar de droite que vraiment libéral.
Les acteurs et les artistes de manière générale ont toujours été historiquement proches du pouvoir et de l’argent, c’est juste que les années 60 et 70 ont beaucoup menti à ce sujet et travesti la réalité.
Le cirque continue.
Je ne peux pas croire que le pouvoir et la justice ignorent à présent la publicité gratuite constante qu’ils offrent à Dieudonné, et ne le harcèlent pas dans un but ouvertement politique. Ils voient très bien que chaque convocation, chaque procès ne fait que galvaniser un peu plus sa base de supporters et valider à leurs yeux les "thèses" défendus par ce dernier. Ils savent très bien qu’il y a des centaines de milliers de personnes qui vibrent et suivent les (més)aventures de Dieudonné avec ferveur, et avec quelle charge émotionnelle ils sont en train de jouer (Gaza, etc.).
Il est bien plus commode de bander les muscles "républicains" devant un gros troll anti-système bien visible plutôt que de s’occuper à virer du territoire les imams étrangers, mettre fin aux politiques électoralistes dans les quartiers (dénoncées par Malek Boutih que le PS a encore remisé au placard, montrant bien qu’ils n’ont aucune intention de défendre sérieusement la laïcité, Boutih étant l’incarnation - électoralement perdante - du franco-maghrébin laïc "assimilé"), s’attaquer frontalement dans les cités aux trafics qui pourrissent la vie des honnêtes gens et qui ont partie liée avec l’islam radical, revoir le fonctionnement et l’organisation de l’UOIF qui joue au mieux un rôle équivoque dans l’importation en France d’un islam rétrograde, etc...
Au lieu de ça, on préfère diaboliser Dieudonné (et mettre en scène sa diabolisation comme Le Pen durant les années 80) et criminaliser les thèses complotistes... ce qui ne fait que renforcer davantage l’attractivité médiatique de ces dernières, en particulier sur internet.
Et qui voit-on revenir en force au PS depuis quelques semaines ? Julien Dray !
Quel individu sensé peut croire un seul instant que le terrorisme soit engendré par le complotisme et des provocations bouffonnes ? Les islamistes ont bien entendu recours au complotisme pour décerveler plus rapidement les individus fragiles et instables, mais ce n’est rien de plus qu’un outil ou de l’essence jetée sur le feu.
C’est bien, avec vous, il y a d’un côté les gauchistes partisans du "faire n’importe quoi" et de l’autre la droite conservatrice qui a le sens des réalités et la tête sur les épaules. Bonne façon d’aborder la question...
Il faut faire la part des choses entre le changement climatique (que j’observe là où j’habite, en constatant une altération progressive de la faune et de la flore, quelles qu’en soient les causes directes ou indirectes) et l’instrumentalisation politique éventuelle de ce type de discours par des opportunistes et des cyniques qui ont flairé le bon filon (bourse au carbone, etc.)
A l’inverse, j’aimerais bien savoir comment l’argentin explique le fait que l’on retrouve les pires lobbies pollueurs américains, des groupes énergétiques et toute une clique de néocons (qu’il prétend habituellement pourfendre) derrière le déni systématique de l’impact des activités humaines sur l’évolution du climat, et comment il perçoit cette proximité idéologique.
Un article - malheureusement en anglais - montrant les liens entre la "finance de l’ombre" (shadow banking) et le lobby climatosceptique aux USA :
http://www.scientificamerican.com/article/dark-money-funds-climate-change-denial-effort/
Je rejoins Gollum, il faut cesser d’accorder du crédit par défaut à des gens sous prétexte qu’ils sont minoritaires ou qu’ils paraissent s’opposer à une tendance officielle ou majoritaire, les rapports de force étant en réalité souvent plus complexes. Une bonne partie de ces scientifiques "isolés" sont en réalité commissionnés ou sponsorisés par des lobbies qui ont très bien compris comment fonctionnait l’inconscient collectif à l’heure d’internet. Malheureusement, le camp opposé est en proie à un certain messianisme écologiste (Al Gore, Bill Gates) qui tend à valider la posture apparemment posée et pragmatique - en réalité cynique - des climatosceptiques en essentialisant les termes du débat selon une logique binaire et manichéenne (bien/mal, négationnisme, etc.).
Le contrarianisme systématique et parfois frivole ne me paraît pas plus sain qu’une adhésion passive à des tendances majoritaires. L’idéologie est en train de pourrir cette question, comme elle a déjà pourri le débat autour de la taxe Tobin.
Je n’ai pas suivi cette affaire dans le détail (pas de jeu de mots) mais je vois mal le rapport avec le sketch d’Elie et Dieudonné. C’est le contexte qui éclaire le sens. Le sketch de Cohen et Bokassa était compris sans aucune ambiguïté dans les années 90 comme une satire au troisième degré des stéréotypes raciaux. A l’heure actuelle, le sketch ne passerait dans aucune émission - sans avoir modifié la moindre virgule - tout simplement parce que le contexte a changé. Et puis il ne s’agit plus d’un sketch comique avec des personnages imaginaires, mais d’une polémique entre deux personnes bien réelles. Bref, cet argument est une pirouette.
En outre, il faut remettre en perspective le parcours de Dieudo pour comprendre son attitude actuelle. A l’époque Elie et Dieudonné étaient les figures de proue de l’antiracisme officiel - je pèse mes mots - qui transmettaient la bonne parole d’émission en émission. Même les intellos de gauche, pourtant allergiques au genre comique, les portaient aux nues car ils avaient permis de ringardiser la génération précédente issue du petit théâtre de Philippe Bouvard, souvent jugée vulgaire voire bêtement franchouillarde (Didier Bourdon des Inconnus s’en plaint encore aujourd’hui).
C’est à partir du moule d’Elie & Dieudo qu’est née la figure semi-politique du "rigolo de banlieue" déconnant de façon cool sur les problématiques communautaires et les préjugés raciaux. Dieudonné était à cette époque pratiquement sponsorisé par SOS racisme et par ailleurs faussement présenté comme un rejeton de la diversité de banlieue alors qu’il provenait en réalité d’un milieu de bourgeois de gauche (mère sociologue d’Etat, père expert-comptable... ) et qu’il a d’ailleurs déclaré n’avoir jamais souffert du racisme en grandissant.
Devenir l’effigie médiatico-télévisuelle de la lutte contre le racisme quand on admet n’en avoir jamais souffert soi-même, il y a là une forme de contradiction fondamentale qui ne pouvait que déboucher sur une douloureuse prise de conscience et une rupture violente avec ses "sponsors" (sketch chez Fogiel). Dieudo était au casting de toutes les comédies tendances, de toutes les émissions, c’était l’arme anti-FN, l’Elu, comme il dirait lui-même ... Arthur le présentait complaisamment comme son "pote black" devant les caméra de TF1 (mais qui n’a pas eu un pote noir ou un pote arabe de service à l’époque des "potes" ?). La vidéo se trouve peut-être encore sur Dailymotion. La tronche et le regard noir de Dieudonné en disent long sur la frustration ou l’humiliation qu’il devait ressentir.
La drôlerie et la qualité d’écriture des sketchs ont fait oublié
cette dimension politique et personnelle qui explique sans doute - en partie - le revirement et l’attitude obstinée de Dieudonné, qui est passé d’une extrémité à une autre, comme c’est malheureusement presque toujours le cas quand on s’est trop longtemps fourvoyé ou menti à soi-même dans le but d’exister ou de "réussir".
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