Comme ça a été dit, ce mode d’action est voué à disparaître avec les rares émissions en direct qui subsistent, et qui vont devenir en fait du léger différé pour pouvoir avorter ce genre de séquence. L’autre écueil c’est que le spectaculaire ne retient plus vraiment l’attention - les gens sont trop blasés - et peut même produire l’effet opposé, comme on l’a vu avec les FEMEN, dont le militantisme "situationniste" est quand même terriblement daté et presque ringard, seins à l’air ou non. Il y a 20 ans, et même il y a 10 ans, une interruption de plateau en direct faisait tous les journaux du lendemain, aujourd’hui, si ce n’est pas pour une prise d’otage ou un truc sanglant, les gens s’en foutent.
Assez d’accord avec ça. Ca se trouve, Snowden est un agent triple de la CIA chargé d’enfumer le monde entier en faisant des "révélations" de troisième zone que l’on trouve dans n’importe quel film d’anticipation. De l’aveu même des spécialistes, les technologies évoquées par Snowden sont caduques depuis plusieurs années. Il ne tient aucun propos critique sur la politique étrangère américaine. Il perpétue même une certaine image romantique et juvénile de "l’Amérique sympa" éprise de liberté démocratique et de transparence, et dont la puissance n’aurait d’égale que les nobles buts qu’elle poursuivrait, et de ce point de vue l’enthousiasme de Demorand est très révélateur.
Merkel est surtout en train de devenir une pesante "petite mère des peuples" couvrant l’Allemagne et bientôt l’Europe de son ombre faussement protectrice et un rien oppressante. Les Allemands l’appellent d’ailleurs "Mutti" (maman). Une mère qui anticipe et qui veille à la sécurité de ses enfants, quitte à les étouffer un peu... un certain nombre d’intellectuels et de politiciens allemands commencent d’ailleurs à s’alarmer de l’absence de débat idéologique et politique en Allemagne. En dehors du linke et micro-parti libéral dont j’ai oublié le nom, le conservatisme s’impose à 80% du corps politique, tant à droite qu’à gauche.
Les Allemands n’ont-ils pas troqué un autoritarisme "viril" (bismarckien) du casque à pointe pour un autoritarisme plus diffus et maternant en la personne de Merkel, cette fille de pasteur qui incarne presque physiquement le mépris de tout ce qui renvoie physiquement et mentalement au "sud", terme devenu extrêmement péjoratif en Allemagne ?
Fiorentino, comme beaucoup de nos "élites", regrettent que les Français ne soient pas des Allemands disciplinés, dont la mentalité "rigoureuse" a été éduquée par des génération de protestantisme et surtout d’autoritarisme prussien. Je suis moi-même d’origine allemande et je sais que ma grand-mère, issue de la petite bourgeoisie rhénane, mais qui a eu le tort d’épouser un français rencontré en Alsace durant la guerre, a été déshéritée par cette bande de rapia psychorigides. Ils lui ont affirmé que l’argent avait été "volé par les Français" (ben oui, le français est du "sud" donc voleur) au prétexte que la France contrôlait cette zone juste après la guerre. Tous ces connards auto-satisfaits vaguement anciens nazis vieillissent et vivent aujourd’hui dans de superbes baraques cossues, poussant le cynisme jusqu’à envoyer une carte de nouvel an chaque année à ma grand-mère.
C’est ça, la "mentalité allemande" que j’oppose à celle de ce fonctionnaire français qui a naturalisé ma grand-mère et sa mère pour leur permettre de rester en France après l’invasion allemande, et à qui je dois probablement l’existence... Cela a donné un modèle industriel effectivement digne de louanges, mais aussi un siècle d’égoïsme national délirant forgé dans le fer, le sang, la guerre et un racialisme débridé (bien avant Hitler). Je trouve ça un peu ironique que l’on porte aux nues l’esprit de "consensus" et le collectivisme grégaire des Allemands qui a pourtant permis l’existence du régime "le plus criminel de l’histoire".
Ceci étant dit, ça n’exonère pas les dirigeants français de leur incompétence collective et du statu quo dont ils ne veulent pas sortir, par crainte des désordres politiques et sociaux que ne manqueraient pas d’entraîner une véritable politique de rigueur (à 57% de dépenses publiques, on en est loin, c’est un fait).
Au passage, si 20% de la population exploite les 80% d’autres, vivant en France, vous faites partie du camp des exploiteurs puisque vous profitez du système. CQFD.
Super, ça doit être le 251614ème film/clip/montage à la noix sur le thème de Matrix que j’ai vu sur internet depuis quelques années... un montage style étudiant en école de pub assorti de quelques slogans, saupoudrez une pincée de Carpenter, le tout inévitablement accompagné d’une musique indé... films américains, clips américains, musique américaine : vous reproduisez le système que vous appelez à combattre, c’est cela la "Matrice", un système qui exsude sa propre critique (ou les propres outils de sa critique) afin de mieux la neutraliser.
Tant que vous adosserez votre conscience politique à des conneries de films hollywoodiens, rien n’avancera. "Matrix" au passage est un vulgaire plagiat/pot-pourri post-moderne des romans de Philip K. Dick et des thèses de Baudrillard au sujet du simulacre, sans en avoir la puissance ni la subtilité.
Les films comme Matrix permettent précisément de digérer des œuvres subversives en les recodifiant dans un univers esthétiquement séduisant et accessible à l’imaginaire saturé de visuel, de modes débiles et d’effets spéciaux numériques de l’abruti occidental moyen, soit l’équivalent du phagocytage que l’on voit dans ces films...
Baudrillard, qui a refusé l’accolade que voulaient lui faire les frères Wachowski, l’avait d’ailleurs tout à fait compris, déclarant à la sortie du film : "Matrix, c’est un peu le film sur la Matrice qu’aurait pu fabriquer la Matrice". A méditer.
Donc, petit conseil, au lieu de "voir" Matrix et de poster des vidéos clips sans intérêt sur youtube, lisez. Lisez les œuvres de Baudrillard et de PKD sur le simulacre et la simulation.