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Vu le personnage et son profil de communicante, il est clair qu’elle n’emploie pas la référence au kébab de manière gratuite mais pour provoquer une partie de l’opinion et faire diversion en opposant dans l’imaginaire collectif les jeunes de banlieue (mangeurs de kebabs) aux hommes blancs qui abusent de leurs privilèges de classe et genré (homard). C’est une manière subtile de sortir les blancs pauvres (gilets jaunes) de l’équation en imposant une grille de lecture sociétale plus compatible avec le macronisme.
Ce gouvernement cherche systématiquement à diviser l’opinion tout en prétendant vouloir le contraire, à chaque polémique Macron trouve des moyens de provoquer les secteurs de l’opinion qui votent RN, c’est sa tactique, enfermer toutes les revendications à caractère sociale et égalitaire dans une sociologie politique bien définie afin de pouvoir les discréditer le moment venu par de l’antiracisme de pacotille.
Le côté amusant, c’est que les médias ont présenté le choix de Von Der Leyen comme une grande victoire tactique pour Macron alors même qu’il a dû s’abstenir de soutenir le candidat français par défaut qui faisait pourtant davantage consensus au sein du PPE que cette Allemande peu appréciée au sein de son propre camp et dans son pays !
On expliquait au lendemain de sa nomination que les manoeuvres gagnantes et subtiles du chef de l’Etat français allait lui rendre la nouvelle présidente de la commission redevable de l’avoir soutenue.
Or, aussitôt nommée, Von Der Leyen a déclaré qu’elle était favorable à un nouveau délai pour le Brexit, s’alignant ainsi clairement sur la position défendue par Merkel, opposée au Brexit, et sans pouvoir ignorer que le président français avait mis tout son poids politique dans la défense d’un report court... bref, le message envoyé est clair : la présidence de la Commission ne prendra pas ses ordres à Paris et tranchera en faveur de Berlin sur les dossiers européens opposant la France et l’Allemagne.
Enfin on peut quand même se réjouir, puisque la France a désormais le droit de choisir l’Allemand qui va la diriger grâce à Macron, et puis c’est une femme, c’est donc un progrès indéniable effectivement par rapport à la situation passée où Hollande et Sarkozy se contentaient de valider les choix allemands.
@Belenos
Je pense que c’est beaucoup plus simple que ça. Comme je l’ai déjà dit ici sur d’autres sujets, il ne faut pas surinvestir la sémantique pour résoudre une fausse complexité et alimenter des débats inutiles autour de la définition ou de l’interprétation des mots. Ce qui compte, c’est la réalité (évolutive) à laquelle ces mots renvoient, pas les débats que nous pouvons avoir sur le sens plus ou moins figé des mots.
Le clivage gauche-droite est consubstanciel au paradigme politique et à la sociologie issues des révolutions libérales du XVIIIème et XIXème siècle. Jusqu’à preuve du contraire, les structures sociales et idéologiques découlant de ce paradigme sont toujours en place même si elles ont été remises en question par la mondialisation et d’autres facteurs. Par conséquent, dire que la gauche et la droite n’existent plus est plus indicateur de l’humeur ou des désirs de la personne qui émet un tel jugement, que d’une réalité. Le seul qui a réellement bénéficié pour le moment de cet état des lieux, c’est Macron, en reprenant à son compte le thème porteur de l’épuisement du système et de la fin du clivage gauche-droite.
En 1969, une simple caméra TV portable pesait près de 70kg et avait une consommation électrique inadaptée pour l’usage spatial. La caméra installée sur les premières missions Appolo pesait moins de 4kg et consommait près de 100 fois moins d’électricité qu’une caméra normale, produisant des images en noir et blanc à basse résolution. Sur les missions suivantes, la NASA installa des caméra expérimentales.
Apollo 11 disposait d’une caméra couleur au standard TV mais n’avait pas l’antenne à spectre large nécessaire pour transmettre les images sur Terre. Pour les missions ultérieures, on utilisa une antenne dépliable posée sur la surface lunaire.
Ensuite il y avait l’épineux problème de la transmission des images sur Terre. A l’époque c’est un procédé rustique : les images sont envoyées en format analogique brut sur un canal étroit, ce signal devant ensuite être traité pour compenser l’effet doppler engendré par les mouvements relatifs de la Terre et de la lune. Puis la vidéo doit être convertie pour la diffusion, ce qui se faisait à l’époque en filmant directement avec une caméra TV les images projetées sur un moniteur spécifique, opération qui devait être effectuée en direct et en simultané pour envoyer les images vers les réseaux du monde entier. Tout cela était si complexe sur le plan technique que la NASA remporta l’année suivante un Emmy award (oscar de la télévision) !
Il existe bien sûr des images haute résolution des missions lunaires mais celles-ci n’ont jamais été diffusées en direct pour des raisons techniques évidentes et furent ramenées sur Terre sur leur support analogique. Ces images ont été prises au moyen de caméra 70mm de très haute qualité. La technologie vidéo à l’époque n’en était encore à ses débuts, c’est pourquoi il y a une telle différence de qualité entre les bandes vidéos et les images enregistrées sur film. Même dans les années 80-90, les diffusions vidéos sont de piètre qualité par rapport aux images enregistrées sur film, regardez par exemple la différence de qualité pendant les coupes du monde de football entre le flux vidéo utilisé pour les retransmissions TV et les images en 35mm utilisées pour les reportages...
Donc il faut vraiment être un imbécile ou un complotiste pour croire que la NASA aurait pu à l’époque transmettre en direct des flux vidéo HD ou enregistrer des km de films dans le cadre d’une mission scientifique avec de fortes contraintes technologiques...
@Belenos
Sauf que De Benoist a passé trop de temps dans son bureau à conceptualiser une réalité politique à laquelle il était étranger, un peu comme un chroniqueur du Moyen-Age passant sa vie à relater les faits d’armes des seigneurs sans avoir jamais assisté à une bataille.
ll ne faut pas confondre la gauche et la droite en tant que clivage politique (qui a perdu beaucoup de sa signifiance, mais pas totalement) et la gauche et la droite en tant que marqueurs politiques, qui conservent une grande pertinence. Beaucoup de gens parmi la bourgeoisie adhèrent individuellement à une idéologie de droite conservatrice, tout en étant affilié politiquement au centre voire à la gauche. Beaucoup de gens de gauche s’identifient sans ambiguïté à une idéologie de gauche tout en ayant des comportements économiques et politiques assimilés à la droite.
Pourquoi ce décalage ? Parce que la sociologie derrière ces termes a évolué, ce qui ne veut pas du tout dire que ces termes sont de simples vestiges sémantiques d’un temps révolu. On peut très bien avoir des valeurs différentes dans sa vie personnelle et dans sa vie professionnelle ou civique, obéir à une morale individuelle qui n’est pas tout à fait conforme avec l’éthique à laquelle on adhère en tant que membre d’une société. C’est très fréquent — l’électorat macronien en étant la meilleure preuve — je serais même tenté de dire que c’est la norme. Les gens dont les comportements socio-politiques sont parfaitement compatibles et conformes avec les valeurs individuels sont clairement une minorité.
Michéa et De Benoist, par exemple, même s’ils sont aujourd’hui d’accord sur un grand nombre de sujets, n’ont pas du tout les mêmes valeurs personnelles. De Benoist est un intellectuel de droite misanthrope sur les bords qui a vécu en ermite toute sa vie, retiré volontairement de la vie mondaine et allergique à la vie militante (trait typique d’un esprit de droite). Michéa est un intellectuel de gauche qui a enseigné toute sa vie dans un lycée professionnel, aimant vivre au contact de la réalité sociale et cultivant des passions populaires comme le foot que De Benoist exècre.
D’ailleurs, ce n’est pas le moindre paradoxe des contempteurs du clivage gauche-droite que de continuer à passer leur temps à utiliser ces termes de façon caricaturale et à dénoncer obsessionnelllement des "gauchistes" tout en s’indignant dès lors que l’on traite un type de "droitard".
Les obsédés de la fin du clivage gauche-droite font comme si on était encore à l’époque où le parti gaulliste et les communistes dominaient le paysage et où la société était structurée entre une classe prolétaire, une classe moyenne homogène et une classe bourgeoise, et voyant quand même que les choses ont changé, croient faire preuve d’originalité ou de nouveauté en déclarant le clivage gauche-droite comme obsolète. En fait ce sont eux qui sont en décalage historique, un peu comme des gens assis dans un train à l’arrêt qui croient soudain être en train de se déplacer en regardant un train arriver en gare. C’est la sociologie et la définition contextuelle et relative des termes qui a évolué, mais le clivage fondamental derrière ces termes est toujours en place, même si de "nouveaux clivages" sont venus s’y ajouter.
Les gens comme Le Pen qui déclament sur tous les tons depuis des années que le clivage gauche-droite est dépassé — le plus souvent pour des raisons électoralistes et pour ne pas avoir à répondre de contradictions politiques — ont contribué à amener l’électorat populaire dans une ornière à 25%, en laissant accroire par exemple que l’on pourrait facilement faire cohabiter la petite bourgeoisie réac et l’ancien électorat communiste/socialiste au sein d’un même parti.
S’il n’y avait plus de clivage gauche-droite, les choses seraient en fait très simples, on aurait déjà un parti des "inclus" faisant face au grand parti des "exclus", or on voit bien que les choses ne fonctionnent pas de cette manière dans la réalité et que cette union est difficilement envisageable sur le plan politique.
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