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    Étirév 5 juin 2025 11:11

    « Etes-vous prêt pour la guerre ? »
    La GRANDE ou la petite ?
    Il est à noter que dans la conception islamique de la « guerre sainte » (jihad) nous trouvons l’application sociale et extérieure qui n’est que secondaire, et qui constitue la « petite guerre sainte » (jihad seghir), tandis que la « grande guerre sainte » (jihad kebir) est d’ordre purement intérieur et spirituel ; c’est la lutte de l’homme contre les ennemis qu’il porte en lui-même, c’est-à-dire contre tous les éléments qui, en lui, sont contraires à l’ordre et à l’unité. Il ne s’agit pas, d’ailleurs, d’anéantir ces éléments, qui, comme tout ce qui existe, ont aussi leur raison d’être et leur place dans l’ensemble ; il s’agit plutôt de les « transformer » en les ramenant à l’unité, en les y résorbant en quelque sorte. L’homme doit tendre avant tout et constamment à réaliser l’unité en lui même, dans tout ce qui le constitue, selon toutes les modalités de sa manifestation humaine : unité de la pensée, unité de l’action, et aussi, ce qui est peut-être le plus difficile, unité entre la pensée et l’action. (R. Guénon, Le symbolisme de la Croix, p.39)
    Notons que le mot « guérison » a la même racine que le mot « guerre », car la guérison peut s’entendre, d’une part, comme la lutte et la victoire sur le désordre corporel qu’est la maladie, et, d’autre part, comme la lutte et la victoire sur les tendances désordonnées et inférieures que l’homme porte en lui-même.
    « Les guerres extérieures ne sont que des projections et des extensions de ces guerres intérieures » nous dit Vimala Thakar (L’énergie du silence).
    Seul le combat « Intérieure » compte et construit.
    C’est pourquoi Georges Bernanos disait qu’on ne peut rien comprendre à la modernité, si l’on ne comprend pas qu’elle est un vaste complot contre « l’Intériorité ».
    Blog



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    Étirév 4 juin 2025 14:11

    « BOUDDHA vs SOCRATE »
    Autrement dit, PESTE vs CHOLÉRA. Explication :
    Après, un siècle de débauche comme celui qui vit naître les cultes phalliques (siècle « Dionysien »), il devait forcément se produire un siècle de désordre mental. C’est surtout dans les questions morales que le chaos se fit.
    « On vit bientôt apparaître, dit René Guénon, quelque chose dont on n’avait encore eu aucun exemple et qui devait, par la suite, exercer une influence néfaste sur tout le monde occidental : nous voulons parler de ce mode spécial de pensée qui prit et garda le nom de « philosophie ». ».
    Les sophistes grecs, moitié rhéteurs, moitié philosophes, cherchaient des arguments captieux pour prouver leurs erreurs.
    La philosophie, créée à l’Ecole Pythagoricienne, fut reprise et imitée par les Ecoles masculines et subit la transformation qui se produit toujours quand l’idée passe d’un sexe à l’autre. La Femme-Déesse avait créé la Sagesse. Elle était l’éternelle Sophia et son verbe s’appelait « sophisme ». L’homme vint, voulut aussi parler, et du sophisme fit le paradoxe, l’argutie, restée au fond de toutes les casuistiques. C’est cette dernière signification qui est restée attachée au mot sophisme.
    Tels étaient les représentants accrédités de la science et de la philosophie qui, appliquant leur talent de la parole à l’enseignement lucratif des sciences et des systèmes philosophiques, se donnaient à eux-mêmes et recevaient de l’admiration universelle le nom de Sages ou de Sophistes. Ces maîtres habiles étaient, d’ailleurs, plus occupés d’accroître leur gloire et leur fortune que leur savoir et leur sagesse. D’où les deux significations du mot « spéculation » : philosophie et affaire.
    Les religions masculinistes font remonter à Socrate les dogmes sur lesquels elles s’appuient : la déification de l’homme et la déchéance de la femme.
    Socrate est né en 469 ou 470. Son père, Sophronisque, était sculpteur (Remarquons que le fils ne porte pas encore le nom de son père) ; Socrate était de basse extraction par son père, mais de caste plus élevée par sa mère. Le Dictionnaire de Descubes définit ainsi ce personnage : « Socrate, déclaré le plus sage des hommes par l’oracle d’Apollon, aimait Alcibiade et Archélaüs ; il avait 2 femmes et vivait avec toutes les courtisanes. ». C’est donc par ironie qu’on l’appela le « sage » Socrate.
    C’est Socrate qui, le premier, en effet, prêcha la licence de l’homme, en même temps que la révolte contre la Divinité de la Femme. Socrate a ainsi droit à la reconnaissance de ceux qui affectionnent la forme religieuse d’un Dieu mâle, unique et surnaturel, qui règne depuis plus de 2000 ans.
    Soulignons au passage que la croix n’est devenue le signe du Christianisme qu’au VIIème siècle de notre ère, lors du Concile de Constantinople qui eut lieu de 680 à 684. Jusque-là, la religion nouvelle, c’est-à-dire le second Christianisme (le faux), celui qui triompha sous Constantin au Concile de Nicée (en 325), et qui s’édifia sur les ruines du premier (le vrai), avait pour insigne trois phallus enlacés (représentant la Trinité catholique). Le culte du « Saint Graal », « Vase sacré » des Mystères, et le « Secret de Bismillah », semblent une réaction contre ces trois phallus.
    À son époque, Socrate fut traité de blasphémateur (« Blasphème » vient de « phèma », parole, et « blapto », nuire et signifie « atteinte à la réputation ») contre les Déesses, qu’il appelait des « dieux secondaires ».
    Si les historiens ont fait une si grande réputation à Socrate (qui n’a pas laissé d’écrits), ce fut pour faire une sorte de réaction contre les grandes femmes de l’époque, les Aspasie, les Thaïs, les Phryné, qui le combattaient et qui occupaient l’attention publique bien plus que les hommes. Ce sont ces historiens qui ont cherché, plus tard, à les avilir, qui ont glorifié Socrate.
    Les leçons données par Socrate, écoutées avec avidité par les hommes, les flattaient dans leurs mauvais instincts. Chacun d’eux, après l’avoir entendu, se croyait dieu lui-même. Sa parole les enivrait de cet orgueil masculin qui perd l’homme.
    Accusé de détruire la Religion et de corrompre la jeunesse (les mœurs homosexuelles qu’il affichait, sans aucune pudeur, étaient un scandale public - voir son discours au Banquet de Platon), accusé aussi d’impiété envers les Déesses qu’il tournait en ridicule, il fut condamné à boire la ciguë.
    C’est parce qu’il a été condamné à mort sur une accusation d’impiété et d’immoralité que ce corrupteur de la jeunesse et premier fondateur de la fausse morale qui devait se perpétuer par les religions masculinistes, est devenu le père de la philosophie dans toute l’Europe et la source de toute spéculation depuis 23 siècles.
    Comment expliquer ce fait, si ce n’est par cet instinct d’opposition qui est dans l’esprit de l’homme et lui fait admirer ce que la raison saine de la Femme condamne ?
    La lutte commencée par Socrate va continuer. Platon est son élève.
    NB : Au milieu des luttes philosophiques, un mouvement social se produisit en Inde, qui ne fut d’abord qu’une révolte contre le pouvoir Brahmanique (Brahmane = Prêtre) et contre la division sociale établie par les prêtres à leur profit. C’est l’origine du Bouddhisme. Rappelons que c’est de 850 à 800 que l’on peut dater l’origine du sacerdoce brahmanique aux Indes. Après deux siècles, il devint une institution politique dans laquelle la religion fut introduite comme partie intégrante, parce que sous le premier régime théocratique la religion dirigeait le monde. Mais l’homme changea cette cause primordiale en y introduisant un élément politique qui répond à ses facultés masculines.
    Ceux qui furent les premiers auteurs de ce mouvement contre le pouvoir Brahmanique appartenaient aux castes inférieures et, comme tels, mettaient dans leur révolte plus de passion, plus de violence que n’en avaient mis les Brahmanes, dont l’usurpation avait plutôt été basée sur la ruse, les raisonnements faux. Ce furent, pour l’Inde, des temps troublés tout à fait comparables à ceux de la décadence romaine. Ils se produisirent du reste à l’époque où la décadence commençait partout.
    Le Bouddhisme n’a rien inventé, il s’est contenté de prendre la doctrine Védique et de la dénaturer. Le Bouddhisme est caractérisé par sa négation de « Dêva », et cela parce que Dêva, c’est la femme. Or la religion, c’est le lien moral qui unit l’homme à la femme. C’est pour cela que le Bouddhisme n’a pas la prétention d’être une religion, mais seulement une philosophie. A peine né, le Bouddhisme se divisa en deux Églises : celle du Nord et celle du Sud. L’Eglise bouddhique du Sud garda le système fédéraliste des Métropolitains. En Asie il fut représenté par les Grands-Prêtres, indépendants les uns des autres. L’Eglise bouddhique du Nord fut gouvernée monarchiquement. Elle avait un pape absolu, chef unique et infaillible : le Dalaï-Lama.
    L’histoire de la littérature sacrée du Bouddhisme est un chapitre de l’histoire de l’évolution mentale du Prêtre. Parti de ce commencement d’aberration qui caractérise le mauvais sentiment qu’on appelle la Misogynie, ce ne fut, d’abord, qu’une expression de révolte, une manifestation d’orgueil, c’est-à-dire un renversement des sexes et, de là, un renversement de la morale.
    Quoi qu’il en soit, dans toutes les religions se retrouve la prétention de faire mieux que les femmes, d’être plus vrais, plus savants, plus légitimes, et tout cela appuyé sur le despotisme qui impose la foi, cette autre caricature de l’adhésion que la femme demandait à la vérité qu’elle enseignait, mais sans l’imposer. Aucun régime féministe n’a créé une inquisition.
    C’est dans les religions les plus antiféministes que le sacerdoce masculin s’est constitué de la façon la plus solide. C’est le système de défense des hommes.
    SOCRATE
    vs
    BOUDDHA



  • 1 vote
    Étirév 4 juin 2025 07:10

    Une légende hindoue narre que dans des temps immémoriaux, tous les hommes étaient dieux. Evidemment, ils usèrent et abusèrent de leur pouvoir. Brahma voyait la situation lui échapper, s’il laissait faire. Il décida d’ôter ce pouvoir divin et de le dissimuler en un endroit où l’homme serait bien en peine de le découvrir. Où trouver cette cachette ? Tous les dieux furent convoqués à un conseil pour résoudre la question. « Enterrons la divinité de l’homme dans la terre », proposa l’un d’eux. « Non ! répondit le maître des dieux, il fera des fouilles et la déterrera. ». Un autre pensa à l’insondable profondeur des océans. « Non ! dit encore Brahma, il viendra un temps où les explorations sous-marines conduiront à la remontée à la surface de ce précieux don. »
    À court d’imagination, les dieux se sentaient impuissants et désemparés. « Nous ne savons que proposer. » L’homme semblait plus inventif qu’eux ! Brahma eut alors un trait de génie : « Nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est bien le seul endroit où il n’aura certainement pas l’idée de pousser ses investigations. »
    Georges Bernanos disait qu’on ne peut rien comprendre à la modernité, si l’on ne comprend pas qu’elle est un vaste complot contre « l’Intériorité ».
    En effet, la Société ne tient qu’en « bouchant » toutes les « issues » vers le « haut » et en entravant « les conduites singulières ».
    Tout est fait pour détourner l’être humain de son intériorité. Une formule à la mode résume à elle seule ce projet néfaste : « s’éclater », c’est-à-dire penser surtout à se disperser vers l’extérieur.
    Aussi, désillusionné par la faillite des institutions et des autorités en lesquelles il voyait des guides, l’être humain doit cesser de mettre sa confiance en « ce qui est à l’extérieur » et, par l’introspection, l’observation et l’activité « intérieures », acquérir une discipline conforme à l’Ordre Universel, connaître les toutes-puissantes divinités qui œuvrent en lui et préparer en harmonie avec Elles sa véritable destinée.
    Dans son ouvrage « Le Zodiaque », Marcelle Senard dit que le mot « INITIATION », de « IN-ITIA », qui signifie « ENTRER DANS », correspond au commencement du mouvement introspectif vers le Centre de l’Être, grâce auquel l’intelligence pénètre dans le mystère du Soi intérieur qui n’est encore pour elle que les Ténèbres de l’inconscient. Ainsi, le conscient devient capable de percevoir l’Essence de son propre Mystère : l’« ARCANUM ».
    Précisons qu’il existe deux sortes d’obscurité (ou Ténèbres). La première, extérieure, « qui conjugue cécité et amnésie » dit Henry Corbin, recouvre un lieu de souffrance où l’homme se perd. Nulle part, il n’aperçoit le moindre Sentier. Soulignons que dans la « Divine Comédie », l’expression « Ténèbres extérieures » ne symbolisent jamais que le monde profane, et correspondent à l’état d’errance.
    La seconde « obscurité » est intérieure : l’homme comprenant la raison de son aveuglement, rentre en lui-même afin de s’interroger sur sa véritable Nature. Alors, au plus profond de son être, « au Sommet de sa Profondeur » comme dirait Jacqueline Kelen, il distingue un passage où ne brille, tout d’abord, qu’une faible lueur. Cette première clarté deviendra pourtant la gigantesque Lumière qui lui sera offerte au terme de son « Pèlerinage ».
    Alors, le but ultime de l’Initiation est d’aller à la rencontre de nous-mêmes et, dans ce « Sain Dessein », rétablir l’Unité en nous. Autrement, comme chacun sait, ce sont les « Marchands » qui envahissent le « Temple ».
    La clé de notre prison est cachée au plus profond de nous-même.



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    Étirév 31 mai 2025 18:23

    « Dès que l’enfant rentre dans le système éducatif, il est « travaillé », voire « programmé » en vue d’en faire un véritable homme du Système. Les programmes d’enseignement morcèlent la connaissance qui façonne le cerveau des jeunes enfants, les acheminant vers une terrible crise de la pensée ; l’écran du Système ne permettant plus de voir la réalité.
    « Dans le « Mythe de la Caverne » de Platon, il est question d’esclaves enfermés dans une grotte très sombre ; ils y sont nés et ignorent totalement qu’il existe un autre monde, à l’extérieur. Or un jour, l’un d’eux s’échappe, il se détache de ses liens et, refusant la programmation cérébrale, découvre ce qui existe à l’extérieur : la lumière et d’autres créatures vivantes. Rien de ce qu’il voit ne ressemble à ce que les mythes de la caverne laissaient entendre : il découvre le monde réel, la Vérité ! Heureux de cette découverte il revient sur ses pas et avertit ses amis enchaînés à un bonheur factice, nébuleux. Il tente de leur expliquer que leur vision du monde extérieur est totalement erronée. Il parle de l’existence d’un soleil qui transmet une chaleur contrastant singulièrement avec le froid qui sévit dans la grotte. Il conte le bruissement agréable des feuilles sous le vent qui caresse la peau, le jeu d’une véritable symphonie où les sons et les couleurs se répondent. Mais ses efforts restent vains. Ses amis préfèrent leur condition d’esclave du mensonge ; ils refusent de ranger au musée des horreurs la quasi-totalité de la connaissance inculquée. Ainsi, l’esclave libéré est toujours seul.
    « C’est la conversation entre l’homme et son âme qui permet au solitaire de s’échapper, de transformer sa vie, d’aspirer à une connaissance anticipée de « Dieu » et de présenter de fait aux paroles d’homme en tant qu’essence de Dieu, un terrain fertile pour diriger la connaissance de l’actualité Vraie.
    « C’est pourquoi, le grand danger pour ceux qui maintiennent ce mensonge permanent, qui façonnent le Système, consiste dans une prise de conscience universelle des peuples. » (J. Delacroix)
    Dans « Les Sept Tours du Diable », Jean-Marc Allemand rappelle que René Guénon signa certains de ses écrits de ses initiales A.W.Y. soit respectivement les trois lettres arabes « Alif », « Wâw », « Yâ’ ». La lettre « Alif » a pour valeur 1, le nombre de l’Unité. « Sache, dit le Cheikh Ibn ’Atâ’ Allah al-Iskandarî (dans son Traité sur le nom d’Allah), que celui à qui est dévoilée la connaissance du secret du Alif et qui se réalise par lui, a été gratifié de la connaissance du secret de la réalisation de l’Unicité ; il accède ainsi à la station de la connaissance du secret de la solitude (Wahda) de l’Unité ».
    N’oublions pas, rappelle encore J.-M. Allemand, que la réalisation initiatique de René Guénon est celle des Afrâd (les solitaires).
    « L’homme de l’initiation doit s’arracher du monde, obstacle à la réflexion qui empêche la spéculation de l’absolu en lui », écrit Solange Sudarskis (« La Solitude du nombre 1 »).
    « Seuls les solitaires ont accès au Royaume », disait Guillaume de St Thierry au XIIe siècle.
    Cet enseignement peut être retrouvé dans les textes et catégories de pensée qui évoquent le thème du « désert » et de la « quête », thème qui apparaît dans la plupart des religions et traditions initiantes.
    Ce que l’on peut retenir dans ces hiéro-histoires, c’est que le désert permet un temps sacro-saint, où s’accomplit l’expérience religieuse ou mystique, où s’abolit la différence du saint et du sacré. C’est un mouvement par lequel l’homme en se recueillant au « désert », s’élève à la transcendance (souvent appelée Dieu ou le divin). Dans sa quête, le désert est l’épreuve et le lieu du combat contre le principe du Mal. En ce sens c’est un lieu de passage : se quitter soi-même, abandonner son moi superficiel pour trouver son Soi. Il est comme un centre de labyrinthe où se vivra aussi l’expérience fécondante de la solitude et des combats. Mais cette solitude, cet esseulement n’est jamais le lieu où doit se fixer définitivement l’initié.
    Le désert, lieu où la quête ne s’y achève pas, conduit à une deuxième naissance, celle de toutes les « terres promises ».
    « Personne ne nous apprend à être seul. Au contraire, toute éducation, qu’elle soit dispensée par la famille ou à l’école, vise à ne jamais laisser l’enfant dans le silence, face à lui-même : on l’oblige à jouer avec ses camarades, à faire partie d’une équipe sportive, à embrasser les cousins éloignés et à parler avec les amis des parents, bref à « communiquer » et à « s’intégrer », ces deux poncifs tyranniques de la société contemporaine », nous rappelle Jacqueline Kelen dans son ouvrage « L’Esprit de Solitude ».
    Grâce à des techniques comme l’échographie, même le bébé dans le ventre de sa mère ne peut plus dormir tranquille ni croître en toute quiétude : il faut qu’on vienne le tracasser, l’observer sur un écran, faire joujou avec lui. Tout cela part d’un bon sentiment, mais on sait trop que les bons sentiments s’avèrent les plus possessifs et les plus envahissants.
    Lorsque l’enfant grandit, ses parents et ses professeurs s’inquiètent s’il demeure seul, s’il préfère la compagnie des livres, des arbres ou des animaux à celle des humains. De fait, on craint moins pour son équilibre que pour ce ferment social qui pousse en lui et secoue déjà les béquilles proposées et les charitables protections. Ce temps béni où l’enfant peut explorer son Jardin Intérieur, ses possibilités plus que ses limites, se trouve sapé par des adultes qui se sentent plus rassurés si l’enfant ou l’adolescent fait partie d’un groupe ou d’une bande. C’est ainsi que, très tôt, par une sorte de muette connivence passant de génération en génération, l’enfant est forcé de renoncer à l’Ouverture pour l’extériorité, d’abandonner sa Profondeur heureuse pour une superficialité plaisante.
    Dépossédé de lui-même, il devient nécessairement dépendant des autres. On appellera cela l’« esprit de famille », la « camaraderie », le « sens de la communauté ». De fait, ce sont tous ces dispositifs sociaux qui empêchent l’individus de demeurer seul, « en son particulier » comme on disait au XVIIème siècle, qui l’empêchent d’être autonome et de penser par lui-même.
    Ainsi dans le monde contemporain qui ne s’occupe que de masses et de générations, à moins d’être un solitaire forcené ou un ermite au fond d’une grotte perdue, l’être humain ne vit jamais avec soi. Tout est programmé pour égayer ou briser ses rares moments de silence et de solitude (le téléphone portable associé aux « réseaux sociaux » en est, depuis quelques années déjà, le « meilleur » outil). Lorsque cet homme affrontera des ruptures sentimentales, des deuils ou tout simplement s’il se retrouve au chômage ou à la retraite, il s’épouvantera et perdra pied : depuis qu’il est né, on l’a détourné de sa solitude ; on lui a fait croire que sans les autres il n’est rien, il ne sert à rien. Lui qui n’a jamais appris à compter sur lui, à se connaître et à se faire confiance, le voici démuni, apeuré. Sans les autres il n’existe pas, mais il se rend compte alors que « les autres » n’ont pas de visage, que la foule est une abstraction, et ce qu’on appelle avec emphase « l’humanité » terriblement dépourvue de chaleur humaine.
    Hantés par le spectre de l’exclusion et par l’obsession du travail, considéré comme seule raison de vivre, les hérauts du monde moderne mélangent allègrement solitude, isolement et sentiment de solitude pour en faire un ennemi unique qu’ils terrasseront par des moyens financiers et par l’assistance psychologique voire « médica-menteuse ». Or l’isolement est un fait d’ordre géographique, sociologique ou économique et peut être réparable ; le sentiment de solitude traverse l’existence de tout être qui pense et qui ressent et il touche le domaine affectif autant que le monde de l’âme ; quant à la solitude, elle ne représente pas une fatalité mais une Liberté.
    La Solitude s’avère le contraire de l’égocentrisme, du repliement sur soi et de la revendication pour sa petite personne. Le véritable Solitaire se passe de témoins, de courtisans et de disciples. Le Solitaire sait qu’il a beaucoup à apprendre alors que la plupart ne cherchent qu’à enseigner, à avoir des disciples. Il lit, écoute, réfléchit, mûrit ses pensées comme ses sentiments. En cet état, il pèse le moins possible sur autrui : il ne cherche pas, au moindre désagrément, une oreille où déverser ses plaintes, il ne rend pas l’autre responsable de ses faiblesses et de ses incompétences, il ne peut exercer sur personne un chantage affectif.
    La solitude, comme l’humilité, est bien une école de respect de l’autre et de maitrise de soi.
    Les êtres qui chérissent la solitude sont souvent considérés comme des misanthropes. Cependant, notons qu’il y a deux espèces de misanthropie. A côté de celui qui s’isole par haine des hommes qu’il croit supérieurs à lui, il y a celui qui s’isole dans la grandeur du génie, dans l’élévation de l’Esprit, celui qui se sent mal à l’aise dans une société indigne de lui et cherche la Solitude pour fuir le contact du vice ou de la bêtise humaine. Gardons-nous bien de confondre ces deux genres de misanthropie qui sont l’opposé l’un de l’autre.
    La Solitude ou le goût irrésistible de la Liberté



  • 3 votes
    Étirév 30 mai 2025 11:36

    « Insulte, violence, chute du niveau : le témoignage édifiant d’un professeur »
    À qui la faute ?
    Rappelons tout d’abord, et avec Alexandre Soljenitsyne, que « La violence ne vit pas seule, elle est incapable de vivre seule : elle est intimement associée par le plus étroit des liens naturels au mensonge. La violence trouve son seul refuge dans le mensonge, et le mensonge son seul soutien dans la violence. ».
    Rappelons ensuite, et cette fois-ci avec l’aide de Claire Séverac, que le monde dans lequel on croit vivre est totalement différent de celui dans lequel on vit vraiment. C’est une illusion entretenue par ceux qui commandent, à coup de stratagèmes immondes et de mensonges assez engageants pour nous faire encaisser, sans broncher, une réalité autrement inacceptable :
    - une Éducation nationale conçue pour nous cacher le savoir,
    - un système de santé fait pour créer des maladies,
    - des marchés financiers pensés pour voler les richesses,
    - un gouffre de l’« intégration » creusé pour produire la désunion.
    Ainsi, la civilisation est de plus en plus incivilisée et les valeurs républicaines sont chaque jour profanées par des dirigeants qui n’ont que ces mots à la bouche mais qui n’en respectent aucunement le sens !
    C’est simple, rien de ce que l’on nous dit n’est vrai !
    C’est pourquoi l’immense Crise actuelle des besoins humains a pour point de départ le besoin de Vérité.
    Avant de pouvoir dire : Voilà ce qu’il faut, il faut pouvoir dire : Voilà ce qui est.
    A l’époque reculée où l’homme n’avait encore pour mœurs que ses instincts, on avait remarqué combien sa nature le portait à l’opposition, à la contradiction, à la domination.
    C’est pour enrayer ses mauvais instincts que les Mères instituèrent une discipline élémentaire qui est toujours restée depuis dans la société, et qu’on désigne encore par les mots « éducation », « convenance », « savoir-vivre », « manières comme il faut ».
    C’est cette retenue des mauvais instincts qui fut d’abord la Religion. La connaissance que l’on avait des lois qui régissent la nature humaine avait fait comprendre que l’homme doit être discipliné, « apprivoisé », pourrait-on dire, afin de pouvoir vivre dans la société des femmes, des enfants et même des autres hommes.
    On institua donc une règle de vie commune, dont l’homme comprenait la nécessité, car il s’y soumettait volontairement. C’est dans cette vie calme et bien organisée qu’on élevait son esprit vers la pensée abstraite et qu’on lui donnait les moyens de vaincre les sens dont on sut bientôt que l’usage abusif mène à la folie.
    NB : En 1983, Isabelle Stal et Françoise Thom, dans un article intitulé « L’école des barbares » faisaient déjà le constat suivant :
    « L’école a cessé de remplir sa fonction principale, qui est de structurer l’intelligence et l’expression des élèves. Elle est devenue paradoxalement un système de désinstruction. À l’école primaire on n’apprend plus à lire ni à écrire : les deux tiers des élèves ne le savent plus. Cela s’inscrit dans un relativisme généralisé des valeurs morales, des cultures, des religions et des manières de s’exprimer, aucune manière de vivre n’étant jugée supérieure à une autre. On a cassé tous les repères normatifs. On a supprimé l’histoire chronologique. Une démarche analogue a été effectuée pour saper l’enseignement de la langue et de la littérature. Globalement, on fait des élèves des barbares qui ne parlent et ne comprennent qu’un seul idiome, celui de la télévision. Une formation sacrifiée au nom d’un utilitarisme à courte vue qui empêche d’accéder aux idées générales. Il n’y a pas un élève sur cent qui soit capable de bâtir une phrase complexe. Une attitude qui va jusqu’à bannir toute discipline ; tout ce qui est contrainte est jugé comme un mal. L’exemple le plus illustre de cet état d’esprit est le ministre actuel, Jack Lang, le ministre du tag et du rap. C’est comme ça qu’on ramène les enfants à l’animalité. »
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