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  • Premier article le 16/05/2015
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  • 1 vote
    ffi 25 novembre 2014 16:44

    Certes, mais pour cela il faudrait avoir l’assurance que tous les faits qui s’offrent à notre vue puissent être analysés sans ambiguïté par la raison, ceci afin d’être certain de pouvoir toujours trancher par le moyen rationnel (science -> latin sciere : trancher).
     
    Cependant, nous avons l’assurance que c’est en vérité l’inverse qui est vrai. Tout système de déduction rationnel repose sur des axiomes, principes hypothétiques indémontrables et non démontrés. On peut certes poser de nouveaux axiomes pour en déduire les anciens et ainsi remonter vers les raisons premières (c’est faire de la métaphysique). Mais ce processus est infini, et la raison ne sait pas gérer l’infini (sauf cas de récurrence exceptionnel) : la remontée vers les raisons premières s’arrête toujours au bout d’un certain temps.
     
    Ainsi, la racine de tout type de raisonnement est condamnée à être un jeu d’hypothèses "raisonnables", autrement dit un jeu d’opinions, c’est-à-dire en grec : "dogma"...
     
    Tout raisonnement s’appuie sur des axiomes = toute raison s’enracine dans des opinions = toute science repose sur des dogmes : ratio et fides.
     
    La science consiste donc :
    - soit à trancher par la raison, ce qui est possible tant qu’il n’y a pas de contradiction avec les axiomes de base (pensée déductive et analytique).
    - soit à trancher par opinion, quand il s’agit de réformer les axiomes de base (pensée inductive et synthétique).
     
    Notez qu’une opinion peut très bien être vraie : le critère pour déterminer ce qu’est une opinion est que cette pensée ne vient pas d’un raisonnement. De plus un raisonnement peut être faux si les axiomes sur lequel il s’enracine sont faux. Il faut donc oublier ce sophisme "raison = vrai" & "opinion = faux". Il faut dire "raison = vrai, si les axiomes sont vrais".

    Le deuxième processus participe de la métaphysique, et cela correspond à tous le travail effectué pendant la période scolastique.
     
    N’instruire qu’à une habileté de trancher par la raison, c’est produire des esprits uniquement déductifs et procéduraux, donc dogmatiques, incapables de faire face à une éventuelle contradiction des opinions établies. Il faut aussi instruire à une habileté de trancher par opinion, c’est-à-dire former des esprits capables de produire des synthèses.
     
    Maintenant, c’est vrai qu’il faut des axiomes communs, pour pouvoir se comprendre en société. Mais il faut aussi prendre soin à ne pas exclure les générations du passé ou à venir, car notre Tout social n’est pas sans passé, ni sans avenir.
     
    En cela, une société est condamnée à faire évoluer ses axiomes en garantissant une certaine continuité entre les générations. Une révolution totale des opinions et axiomes de base serait une destruction pure et simple de la société.



  • 1 vote
    ffi 25 novembre 2014 15:47

    Cela dit, un dogme n’est pas nécessairement mauvais.
    (dogma = opinion en grec)
    Par exemple, que chaque chercheur utilisent le même langage algébrique leur permet de communiquer leur recherches (ce serait vrai pour tout langage en général, le langage naturel comme le langage musical ou l’écriture).
     
    A partir du moment, on l’on souhaite qu’une multiplicité d’individus opérant de manière anarchique puisse faire société pour oeuvrer de manière coordonnée, alors l’autorité est nécessaire et le dogme est donc inévitable. Il y a généralement des gains à oeuvrer de manière coordonnée, donc le dogme est souvent profitable. Ce n’est que lorsque le dogme est faux, ou trop restrictif, et qu’il faut en changer qu’il devient une gêne.
     
    Tout ce discours "anti-dogmatique" vient en première ligne du protestantisme, qui ne voulait plus admettre l’autorité de l’église de Rome et interpréter la Bible à sa guise. La rhétorique employée fut celle du refus du dogmatisme.
     
    Cependant, le protestantisme a lui-aussi généré tout un tas de petites églises qui ont chacune inventé leur propres dogmes (Luthérianisme, Calvinisme,...etc). Au lieu d’avoir un seul dogme, loin de ne plus en avoir, on en a eu plein : ce fut la multiplication des dogmes. La communication est alors devenue difficile (symptôme Babel), et l’anarchie a prospéré.
     
    Le dogme n’est jamais qu’une discipline intellectuelle que l’on admet pour participer d’un Tout. La question est donc de quel tout nous participons. Si nous y incluons nos aïeux et nos futures génération, le religieux y a donc toute sa place, au moins à titre de lien par-dessus les générations.
     
    Bref, le discours ici tenu par l’auteur est d’une grande pauvreté : il ne dépasse pas le slogan. Le dogme religieux a tenu toute sa place en France, y compris dans le domaine scientifique, car notre modèle physique est très largement issu du la philosophie d’Aristote revue et corrigée à la lecture de la révélation biblique, ceci lors de la période scolastique, à la Sorbonne, vers le 13ème siècle.
     
    Quelques exemples : Vers l’an mil, le pape Sylvestre II a importé les chiffres en Europe. Vers mil quatre cent, Nicolas Oresme, evêque de Lisieu, a inventé les représentations graphiques de fonction (voir ici). Les ouvrages de Leibniz, Kepler, Maupertuis, sont émaillées de références à Dieu.



  • 1 vote
    ffi 25 novembre 2014 14:19

    Montage idéologique foireux et surtout très faux...
     
    D’abord, il faut définir ce qu’est un dogme : c’est un discours appuyé par une autorité (ie : un discours normalisé).
     
    Qu’est-ce que la science ? C’est un discours sur les faits.
    Les faits parlent-ils d’eux-mêmes ? Non : il faut des sens pour constater les faits, puis un intellect pour les interpréter et en tirer des discours (abstraits).
     
    Ainsi, s’il existe en science des autorités pour discriminer parmi les discours sur les faits ceux qui sont recevables de ceux qui ne l’on sont pas, alors, la science est dogmatique.
     
    Toute école d’interprétation fait autorité, et donc génère des dogmes.
    La science est donc potentiellement dogmatique : il suffit de voir le sujet de l’interprétation de la MQ, par exemple (école de Copenhague). L’enseignement supérieur craque sous les dogmes (celui qui ne suit pas les normes aura une moins bonne note que celui qui suit les normes)
     
    Le paradoxe de ce genre d’affirmation, c’est qu’il veut faire croire que la science serait ontologiquement a-dogmatique, ce qui est manifestement faux, ceci pour se draper d’une autorité rendant apte à exclure certains discours, autrement dit... pour pour pouvoir être en position de définir des dogmes...
     
    C’est le discours des dogmatiques qui s’ignorent comme tels, et l’ignorant, se permettent de l’être sans restriction aucune !



  • vote
    ffi 24 novembre 2014 10:31

    Le christianisme, y compris Romain, ne considère pas le travail comme avilissant, mais comme une libération, car rédempteur du péché originel.



  • 2 votes
    ffi 20 novembre 2014 13:05

    C’est tout de même difficile à mon avis de dissocier totalement la philosophie des lumières et la révolution Française.
     
    Par exemple, le grand rôle tenu par l’Assemblée dès le début, cela découle en ligne droite des conceptions de Montesquieu : l’exécutif doit être monarchique et la loi doit être parlementée.
     
    Ce fut précisément la première forme de la révolution, avec la création de l’Assemblée Nationale. Le clivage droite/gauche s’est fondé sur le plan de savoir si l’exécutif doit avoir un droit de véto sur la loi issue de l’Assemblée nationale (d’ailleurs, ce droit de véto, le président des États-Unis en dispose aujourd’hui, soit dit en passant).
     
    Quant aux formes ultérieures de la Révolution, Robespierre se réclamait de Rousseau.
     
    Cependant, il est vrai que la classification "philosophie des Lumières" est une reconstruction historique à postériori et que souvent l’on y mélange des philosophies assez disparates. Cela dit, cette explosion de la diversité des vues philosophiques révèle aussi un certain essor de l’individualisme, qui est un trait caractéristique du siècle, et aboutira à la Révolution qui détruira tous les corps intermédiaires entre l’individu et l’État.
     
    L’imagination se débride à cette époque.
    Une des grandes novations est l’utilitarisme Anglo-Saxon, que Benjam semble apprécier, lequel nécessite un certain recul du sacré. L’utilitarisme aboutit, d’un certain point de vue, en une dépravation des moeurs : Autrui peut être alors pensé comme un objet au service de ses finalités propres.
     
    Dans les lumières, il y a donc cette chosification de tout, y compris l’homme, qui en perd sa dignité. C’est une rationalité qui oublie que les hommes ont une âme.
     

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