L’ENA, c’est l’école Nationale de l’Administration. Certains chef d’entreprise sont Énarques. D’autres sont hommes politiques. D’autres sont fonctionnaires. Donc cela n’a aucun rapport.
L’homme politique, selon moi, car il faut bien définir le terme sinon la problématique est floue et nos mots sont du vents, est un homme qui est détenteur d’une charge politique, élu ou nommé, ou bien qui l’aspire à l’être, un candidat.
Si on entendait par homme politique tous ceux dont le cursus universitaire a contenu des cours de sciences politiques, à ce compte-là, tous ceux qui ont fait science-po, ce qui est le cas d’une grande partie des journalistes, seraient des hommes politiques. Les chercheurs en sciences politiques seraient aussi des hommes politiques. En revanche, quelqu’un qui n’aurait pas suivi ce genre de cursus, comme Bérégovoy, ne serait jamais un homme politique.
Il faut donc caractériser l’homme par son métier. Le métier de politique est celui de gagner sa vie en accomplissant un travail politique, ce qui implique ou bien d’avoir été élu à un poste à responsabilité politique, ou d’avoir été nommé à un tel poste, ou éventuellement, si l’on veut assouplir le critère, être candidat pour accéder à ce genre de poste.
Or Zemmour n’est ni élu, ni nommé, ni candidat à un poste politique.
Donc Zemmour n’est pas un homme politique. C’est un journaliste et écrivain qui participe au débat politique, comme c’est d’ailleurs, en théorie du moins, le droit de tout citoyen.
Déjà il faudrait définir ce qu’est le fascisme pour prétendre qu’il l’est... À mon avis Pétain n’était pas très politisé, même s’il a en effet déduit que la défaite militaire était une conséquence du fonctionnement de la 3ème République, avec laquelle il a voulu rompre.
Sitôt après la défaite, il fit une intervention radiophonique pour clamer la volonté de la France de collaborer avec tout pays, SANS EXCLUSIVE. Mais après la destruction ordonnée par Churchill de la flotte française réfugiée au Maroc, ce qui était un acte de guerre, la collaboration avec l’Angleterre n’était plus possible et il s’est donc orienté vers une collaboration avec l’Allemagne.
Maintenant, Pétain semblait surtout anti-communiste. Or être anti-communiste n’est pas être fasciste. On peut être anti-fasciste et anti-communiste, comme je le suis.
L’erreur de Guillemin est de considérer le régime Franco en Espagne comme un régime fasciste, ce qui est faux. Le régime de Franco est un régime autoritaire, disons, pour faire court, national-catholique : rien à voir avec le fascisme.
Le Fascisme a puisé son inspiration dans les mouvements néo-héguéliens d’Italie (cf Giovanni Gentile), c’est donc un cousin du Marxisme, et comme lui il aboutit à un totalitarisme d’état, continuateur des aspirations révolutionnaires de 1789, sorte d’hyper-jacobinisme, ce que le catholicisme n’est pas.
Ce qui est incertain, c’est une opinion non démontrée vraie.
Affirmer que la science n’a aucune certitude, c’est donc affirmer que la science est fondée sur des opinions.
Le dogme, c’est une opinion normalisée par une autorité.
En science, les travaux scientifiques sont évalués par les pairs avant d’être publié. En religion catholique, les travaux théologiques sont évalués par les pères avant d’être publiés.
Être évalués par les pairs, ou être évalué par les pères, c’est du pareil au même.
La science est donc dogmatique, puisque tout travail publié est soumis à l’opinion d’une autorité.
Ben Oui, Heptistika, À la racine de tout discours, il y a toujours des considérations. La raison consiste à mettre ces considérations en rapport.
Le rationalisme chrétien consiste à mettre les choses en rapport avec la révélation, considérée vraie sans démonstration. La science met les choses en rapport avec des principes, considérés vrais sans démonstration.
Toute pensée se bâtit sur des affirmations indémontrables.
D’ailleurs, ces principes scientifiques ont dès le départ été considérés comme des "lois divines", c’est-à-dire comme la manière dont Dieu gouverne le monde actuellement. C’est la raison pour laquelle le modèle scientifique parle de "lois".
Il n’y a donc pas de différence dans la manière de penser. La seule différence est dans la signification de l’affirmation support à la réflexion.
Affirmer un principe scientifique, c’est se donner un discours de sens précis, avec des contours strictement définis. Mais affirmer Dieu, c’est se donner un discours de sens imprécis, dont les contours sont indéfinis, toujours redéfinissables : les voies du Seigneur sont impénétrables.
Affirmer Dieu, c’est donc rester en recherche, tandis qu’affirmer un principe scientifique, c’est cesser de chercher.
C’est déjà un premier pas et il montre votre sincérité. Maintenant relisez la suite : "Cette compréhension passe par la mise en place d’un modèle prenant en compte un certain nombre de paramètres considérés comme causes d’un phénomène. Ce modèle constitue un objet mathématique...".
En fait, le réel ne montre toujours que des cas particuliers. Dans la foule, je ne vois que des hommes en particuliers. Si je veux faire un modèle d’homme "en général", il me faut abstraire (sens 2) de l’ensemble des cas particuliers d’homme que je connais une nature humaine. Le résultat de cette abstraction est le concept que je mettrais à la racine de mon modèle.
En logique, ce mouvement d’abstraction du particulier vers le général est ce que l’on appelle une induction. Or ce genre de raisonnement, contrairement au raisonnement de déduction, n’est pas un raisonnement qui assure de manière certaine la vérité de la conclusion étant donnés les préalables : la conclusion est une possibilité parmi d’autres.
Tout modèle étant constitué à partir de généralisations de cas particuliers, tout modèle est donc inductif. Le raisonnement inductif ne produisant que des discours possibles, tout modèle est donc un choix parmi une multiplicité d’autres modèles possibles.
Vient alors la question : Pourquoi choisir ce modèle plutôt que celui-là ? C’est une question d’opinion, c’est à dire de dogme (grec dogma = opinion).
Mais il faut ajouter à cet endroit que Dieu, c’est celui qui contient tous les concepts possibles, puisqu’il est sans limite dans son pouvoir, qu’il est mystérieux, donc imprécisément défini.
Ainsi, le raisonnement inductif sans Dieu oblige à restreindre le champ des possibles, suite aux choix opérés pour constituer le modèle : c’est un réductionnisme. En revanche, un raisonnement inductif avec Dieu conserve intact le champ des possibles, puisque Dieu contient en son sein toutes les possibilités, y compris celles que l’on a négligé pour constituer le modèle.
Ainsi, on voit bien qu’une science avec Dieu ne néglige jamais aucune possibilité, tandis qu’une science sans Dieu est fatalement vouée à en négliger ; à n’être qu’un réductionnisme.
Certes Dieu est un concept flou, et c’est justement ce qui est intéressant pour la science : la logique flou ne date pas du XXème siècle.