@Éric Guéguen Un système, en grec, c’est « ce qui se tient ensemble ».
Un système métaphysique, ou physique, ou mathématique, est un jeu d’axiomes donnés au départ. Ces axiomes sont des affirmations posées à priori, c’est-à-dire des principes, ou des définitions, que l’on se tiendra pour vrai, et qui serviront de support à toutes les déductions ultérieures, lesquelles resteront ainsi à l’intérieur du système.
On reconnaît le penseur systématique à ce qu’il procède par affirmation (cogito ergo sum ; les monades n’ont ni portes ni fenêtre par ou entrer ou sortir ; le monde est sphérique, la terre est sphérique, et la sphère est au centre du monde,...etc)
@Éric Guéguen Il me semble difficile de nier que la métaphysique, déjà chez Aristote, se déploie toujours par-dessus un ensemble de définitions préalables. Elle est très similaire aux mathématiques de ce point de vue, elle a un coté axiomatique indéniable.
Cette personne ne dit pas une chose et son contraire en moins de trois minutes : il y a une suite après le « mais » que vous n’avez pas pris. Il réfléchit. C’est bien normal en philosophie : on y pèse le pour et le contre, on y prend divers points de vue le temps de la réflexion. Peut-être est-ce comme ceci ? Peut-être est-ce au contraire ?
Il suffit de lire les aventures de Socrate pour voir que, bien souvent, plusieurs thèses alternatives sont tour à tour explorées. C’est d’ailleurs ce qui en fait tout l’intérêt : on fait ainsi le tour du sujet.
@Gollum Oui, mais attention à cette cohérence, qui a un fort goût de la vérité, mais qui ne doit pas être confondue avec : c’est la déduction rigoureuse à partir des axiomes du système qui fait que le tout est cohérent. Mais si les axiomes sont faux, toutes les déductions sont fausses, même si elles sont cohérentes entre elles.
Un système métaphysique, ou idéologique, a quelque chose qui enferme la pensée entre de sérieuses limites, définies par ses axiomes. Cela produit des blocages intellectuels, dont on a eu l’illustration avec les difficultés qu’ont eu les aristotéliciens pour accepter l’héliocentrisme, Aristote ayant posé l’axiome, dans « du ciel », je cite : « le monde est sphérique, la Terre est sphérique, et la Terre est au milieu du monde ».
Rien de tel avec Socrate : Les interrogations socratiques firent voler en éclat bien des systèmes et bien des dogmes, ce que la démocratie Athénienne n’aura pu lui pardonner.