Attention, je raisonne d’un point de vue synthétique, donc je regarde les points commun. Le point commun entre le dogme et l’opinion est qu’il s’agit d’une affirmation, qu’on considère comme la plus raisonnable, mais dont sait au fond qu’on ne dispose pas de tous les éléments pour juger de manière absolument certaine, ce qui implique donc un choix. Ce problème existe en mathématique (cf Axiome du choix). Mais je n’ai pas dit qu’un dogme était une opinion. Le terme dogme est un terme propre à l’église catholique pour désigner un axiome de la foi catholique.
Vous raisonnez de manière analytique, selon votre propre théorie, qui a déjà posé à priori, tel un axiome, qu’un dogme n’a rien à voir avec une opinion ou un axiome. D’où que vous ne pouvez que répéter en boucle.
J’ai déjà entendu parler de Popper (depuis plus de 20 ans). Cela dit, il faut bien voir que les choses sont un petit peu moins simple que ça.
Interrogez-vous : Pourquoi donc une chose aurait-elle des propriétés quantifiables ? C’est le coeur du modèle physique, mais comment le réfuter ? Pourtant la physique modélise les choses en leur attribuant des propriétés qu’elle met ensuite en rapport par des lois. C’est qu’il y a en arrière-plan un modèle métaphysique, développé au moment de la scolastique à la Sorbonne. Certes, la mécanique quantique a essayé de s’en départir, en ne modélisant plus qu’une seule propriété (la fonction d’onde), répartie éventuellement sur plusieurs objets, dont on tire les informations par des opérateurs. Mais cette révolution du modèle ne fut que partielle et n’a jamais pu être étendue à d’autre partie des sciences.
Ensuite, je vous l’ai déjà dit plus haut : vous ne pouvez plaquer les méthodes scientifiques au plan des religions : la science prétend au savoir-faire, une religion prétend au savoir-être. La question de ce comment il faut faire n’est pas forcément déterminable de la même manière que la question de ce comment il faut être. Déjà, en cas d’erreur, la réponse n’est pas immédiate dans le second cas, alors qu’elle l’est généralement dans le premier. Ensuite, savoir comment faire implique de travailler sur des choses réelles et factuelles, tandis que savoir comment être implique de travailler sur des manières de penser.
Après, c’est sûr qu’au lieu de perfectionner sa manière de penser, on peut toujours prendre des petites pilules... mais je ne suis pas certain que cela soit aussi efficace.
@Schweizer.ch Même si une décision provenait uniquement de l’inconscient, il s’agirait toujours du libre-arbitre : le libre-arbitre est le fait de sedéterminer par une cause intérieure à soi (donc y compris une cause provenant de l’inconscient), le déterminisme est le fait d’être déterminé par une cause extérieure à soi.
Si, un dogme est une opinion. Le grec dogma signifie opinion. C’est une assertion faite en sachant que l’on a pas toutes les raisons nécessaires pour la prouver, qui implique donc un choix.
Étayer, c’est soutenir par quelque chose (par des étais), ce qui peut être pris au figuré. Étayer, ce n’est pas nécessairement suivre une démarche expérimentale ou judiciaire.
Une théorie (dixit wikipedia), c’est un ensemble d’explications, de notions ou d’idées sur un sujet précis, pouvant inclure des lois ou des hypothèses.
Or, les hypothèses ne sont pas certaines, donc les poser implique des choix. Une théorie implique des opinions, comme un dogme.
Il en est de même pour les axiomes, ce sont des propositions qui ne sont pas démontrables de quelque manière que ce soit. Les poser implique donc un choix, donc des opinions, comme un dogme.
Une théorie, c’est un ensemble de raisons pour servir de cadre à une analyse, que ces raisons soient prouvées (autant que faire ce peu), c’est-à-dire des lois, ou bien qu’elles ne le soient pas, hypothèses et axiomes (donc du genre opinion).
C’est bien normal. En mathématique, aucun fait ne peut jamais venir
étayer une théorie, car c’est un domaine de pur raisonnement. Vous
avez fait là-encore une fausse distinction. Il y a tant et tant de théories en mathématiques que je me demande comment vous pouvez affirmer que "personne ne parle de théories mathématiques".
On peut très bien dire qu’un dogme pour une religion est comme un axiome pour une théorie mathématique.
Poser un axiome dans une théorie, exclut de fait de poser dans cette théorie tout autre axiome qui lui serait contradictoire : c’est la notion de tiers-exclu.
Ce n’est pas différent du dogme, qui lui-aussi exclut toute opinion qui y serait contradictoire.
Mais tant qu’on en reste dans le monde des idées, cela ne porte pas à conséquence. Une idée, c’est du vent, elle ne peut pas agir d’elle-même.
C’est quand intervient un pouvoir politique que ça se complique. Et c’est la raison pour laquelle l’ostracisme est un acte politique, issu de la démocratie Athénienne.
Il ne vous aura pas échappé que les dogmes de l’église catholique ont eu des répercussions politiques quand les pouvoirs politiques se réclamaient de la papauté. Mais aujourd’hui, si l’église catholique publiait un nouveau dogme, quelle répercussion cela aurait-il ? Aucune, rien, que dalle, le pouvoir politique s’en tape comme d’une guigne...
J’admets que ce dernier argument est un peu virtuel, cependant, il ne faut pas non plus négliger le rôle du pouvoir politique.
Un pouvoir politique pourrait très bien avoir intérêt à certaines théories scientifiques, politiques, ou économiques et persécuter les opposants de leur axiomes et hypothèses. Cela ne s’est-il pas déjà vu ? Lyssenkisme, Maccarthysme,..etc
Et le communisme, et le national-socialisme, et la terreur sous la révolution, vous en faites quoi ? Ce serait dommage de les oublier comme grands pourvoyeurs d’assujettissement.
Donc : ce n’est pas la religion, c’est la politique.
On est un ouaille en religion et un sujet en politique...
-> Afin qu’en voyant ils voient et n’aperçoivent point, et qu’en entendant ils entendent et ne comprennent point, de peur qu’ils ne se convertissent, et que les péchés ne leur soient pardonnés.
Si les raisons leur étaient données clairement, alors ils pourraient se déterminer à la conversion. C’est donc au contraire l’affirmation du libre-arbitre. Il semble que Dieu attende un acte de foi plus qu’un acte de raison.
-> Et tous les habitants de la terre l’adoreront, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l’agneau qui a été immolé.
Ceux-ci ne sont pas précisés. Cela n’impliquent pas une prédestination, car ceux-ci peuvent être caractérisés de manière générale et pour toute l’éternité comme "ceux qui se refusent à faire acte de foi". Cela implique qu’à un certain moment du temps, les raisons de croire en Dieu seront si ténues, que seul un acte de foi le permettra encore.
De même, lorsque Dieu endurcit le coeur du Pharaon afin d’obtenir de lui ce qu’il vaut, cela montre que le Pharaon agit toujours de son propre coeur, donc que Pharaon se détermine, car il faut encore que Dieu agisse sur le coeur même de Pharaon pour que Pharaon agisse comme Dieu le veut : c’est donc encore une évocation du libre-arbitre.
Le fait que les gens soient vertueux ou pas n’a rien à voir avec le libre-arbitre.
Le déterminisme, c’est l’idée qu’une chose se meut par une cause externe.
Le libre-arbitre, c’est l’idée qu’une chose se meut par cause interne.