@VINASAT-2 Certes, mais Socrate, en déambulant et questionnant, faisait s’interroger les gens, les amenait à réfléchir et à discuter entre eux ; En cela, le peuple s’instruisait donc de lui-même.
Il y a quelque chose de très respectueux des libertés individuelles dans la méthode Socratique. Celle-ci n’a rien à voir avec la démarche du tyran qui assènerait ces vérités, à prendre ou à laisser. Le Menon (ouvrage) montre un esclave démontrer le théorème de Pythagore de lui-même, juste aiguillonné en quelque point par Socrate.
Ce qui caractérise Socrate, c’est précisément un art de questionnement, pour établir des vérités tous ensemble, cependant que le tyran, lui, il ne questionne jamais, il impose sa vérité.
@Éric Guéguen Dans ce cas, autant incriminer, suite à la conduite dangereuse de quelqu’un, son moniteur d’auto-école quand il avait vingt ans... Et allons-y gaiement, incriminons de même le moniteur d’auto-école de son moniteur d’auto-école !
Cela dit, pourquoi pas, c’est possible. Mais cela appellerait à démonstration rigoureuse. Or, sur un théâtre historique révolu depuis 2500 ans, je crains que ça soit surtout une licence pour parler de choses présentes, avec des vues actuelles, car je ne crois pas que ce genre de démonstration soit possible.
Socrate était certainement sensible à ce comment les gens étaient, en vertu et en intelligence, plutôt qu’à ce combien ils étaient, en nombre et en fortune. C’est clair que, pour Socrate, puisque la vérité préexiste à la cité, la loi de la cité doit s’y conformer, donc, pour ce faire, mieux vaut s’appuyer sur les plus capables, en vertu et en intelligence. Je dirais donc que Socrate a une tendance aristocratique plutôt qu’oligarchique.
N’oubliez pas que la démocratie athénienne est allée de crise en crise et que ses effondrements répétitifs furent dus à quelques désastres guerriers, la démocratie athénienne étant très belliciste. La tyrannie des trente, par exemple, est imposée par Sparte, suite à une défaite militaire.
Le tirage au sort n’avait certainement pas eu que des résultats heureux, et c’est aussi compréhensible que, dans ces conditions, la population elle-même dans son ensemble voulut s’en départir. Ainsi, au sujet des mesures prises par les trente tyrans, Aristote note que « ces actes faisaient plaisir aux citoyens qui croyaient que les Trente agissaient pour le bien de la cité ».
Que Critias ait fréquenté les cercles Socratiques, ce n’est guère étonnant : Athènes était petite. Qu’il fut mis au pouvoir pas Spartes avec les trente, c’est sûr. Mais de là à rendre responsable Socrate des supposées mauvaises actions de Critias une fois au pouvoir, c’est aller un peu vite...
@Gollum Désolé, je n’aurais pas trop de temps ce week-end.
Mais puisque l’on part de principes différents, je ne doute pas que vos conclusions seront différentes des miennes.
@Mao-Tsé-Toung :
Bon, puisqu’il semble que le principe du libre-arbitre soit posé par Aristote à l’origine, je me demande : la meilleure manière de poser le débat ne serait-elle pas déjà de trouver un exposé sur ce comment Aristote parvient à ce concept ?
Ainsi, chacun pourrait se prononcer sur le cheminement d’Aristote. Ce serait plus simple qu’une phrase de Spinoza : Spinoza lui-même commente Aristote. Mieux vaut donc commencer par commenter Aristote que commencer par commenter un commentateur d’Aristote.
@Mao-Tsé-Toung Désolé, je n’ai plus le temps présentement.
Le rapport entre la philosophie et la métaphysique ? Ca se recoupe. La première est un terme de Platon, la seconde, un terme d’Aristote. La métaphysique est définie classiquement comme la recherche des causes premières (qui expliquent les faits), la recherche des premiers principes. C’est donc une pensée qui va du particulier au général, du fait au concept, c’est une pensée inductive, non déductive, qui demande une réflexion synthétique, et non analytique.
Par extension, le terme désigne "une conception particulière de la métaphysique ou système métaphysique particulier". Dans ce genre de métaphysique particulière, les premiers principes sont considérés comme des acquis et la réflexion est alors déductive (du général au particulier, du principe à la conclusion).
Autant de principes originels admis, autant d’écoles métaphysiques distinctes. Athée : récusant toute divinité dans ces premiers principes, croyant, comme je l’entendais en l’écrivant : acceptant d’intégrer quelque divinité dans ces premiers principes. Cependant, peut-être ce dernier le terme de croyant n’est-il pas idéal : il faut bien croire les principes que l’on prend comme point de départ des déductions, que celui-ci soit divin ou non...