"la seule solution pour pouvoir avoir une vraie discussion de fond est d’en finir une bonne fois pour toutes avec cette loi liberticide."
Pardonnez moi d’insister : ce n’est pas seulement une discussion de fond — même la plus libre qu’on puisse imaginer — qu’il nous faudrait, mais aussi et surtout une libre confrontation des enquêtes fondant chaque thèse, comprenant tout le matériel historique nécessaire. Mais plus le temps passe, plus le matériel s’estompe, en particulier les témoignages directs des survivants de cette abomination.
À propos de "à qui revient la charge de la preuve", voici les sources d’un énoncé souvent mal compris :
Si mes sources sont bonnes, c’est l’astronome Pierre-Simon de Laplace (1749-1827), en s’inspirant du propos du philosophe David Hume (à propos des miracles), qui a déclaré que « plus un fait est extraordinaire, plus il a besoin d’être appuyé de fortes preuves, car ceux qui l’attestent, pouvant ou tromper, ou avoir été trompés, ces deux causes sont d’autant plus probables que la réalité du fait l’est moins en elle-même ». Cette idée a été popularisée par Carl Sagan : « Des affirmations extraordinaires exigent des preuves extraordinaires. »
Précision : Une personne qui est certaine d’avoir vu un extraterrestre sauter de sa soucoupe volante pour batifoler dans sa piscine, trouvera parfois plus extraordinaire la thèse selon laquelle elle a été confrontée à une illusion d’optique ou un désordre mental (elle n’a pas réellement vu ce qu’elle croit avoir vu) que la thèse selon laquelle un extraterrestre est vraiment venu se baigner dans sa piscine (elle a réellement vu ce qu’elle a vu), si surprenant que cela puisse lui sembler à elle-même et à ceux à qui elle le raconte.
Non, il n’a pas tout résumé. Il manque le principal : il faut effectuer une démonstration relevant du cadre de référence du sujet débattu. Si par exemple, je veux prouver qu’une certaine espèce de grenouille peut survivre à une congélation, je ne pourrai jamais le faire avec seulement des mots, même si je suis un très bon causeur. Il me faudra une grenouille et un congélateur. Et non des phrases évoquant les travaux d’un comité d’expert en grenouilles.
"Mais dans le cadre du débat par rapport à la véracité ou non de la "version historique officielle sur les chambres à gaz", si on conteste cette version (et je redis que de mon point de vue, on devrait pouvoir le faire parfaitement librement), alors la charge de la preuve revient à celui qui conteste ladite version et pas à celui qui y adhère."
Vouloir imposer la charge de la preuve à la thèse adverse, c’est prétendre qu’on a le droit d’exiger de l’autre qu’il respecte notre propre biais de confirmation. Pour être concret sur ce sujet "sensible", je pense pour ma part qu’il est probable que des assassinats de masses ont bien été perpétrés par les nazis en exposant des êtres humains innocents à un gaz mortel. Mais si quelqu’un pense le contraire et que nous en discutons, pourquoi serais-je fondé à estimer que la charge de la preuve lui revient ? On dit que la charge de la preuve revient à celui qui énonce la proposition la moins probable... Mais chacun pense que ce qu’il croit est le plus probable, pardi !
"Sauf que en face, Guénolé n’est pas venu pour avoir ce type de débat mais uniquement pour "réfuter certaines affirmations de Soral" sur le plan des faits. Donc je pense que dès le départ, il y avait déjà une mésentente par rapport aux termes de ce débat."
Guénolé ne sait pas ce qu’est un débat, Soral le sait. Guénolé croit qu’il vient faire un numéro de zozotichien mais il est impossible de démontrer ou réfuter quoi que ce soit concernant le monde réel avec seulement des mots. Même s’il avait voulu faire une démonstration mathématique, il aurait au minimum dû avoir un tableau pour écrire des formules... alors une démonstration historique !! Un débat sans rien d’autre, c’est de la logique, du bon sens, des formules concises et percutantes (comme la question de Soral : "Une déclaration peut-elle être, selon vous, à la fois antisémite et vraie ?")
"M’enfin, le débat reste quand même valable : est-ce que la version officielle historique demeure la plus probable ? Et à cette question, je pense qu’on peut légitimement y répondre par "vrai" ou "faux". Est-ce que formulé comme ça, cela vous semble acceptable ?"
Si l’on veut opposer deux thèses historiques (pour la partie où il s’agit de cela), il faut demander à chacun de préparer des documents historiques à l’appui de sa thèse. Et alors on peut produire une véritable controverse historienne. L’arbitre du débat doit évidemment avoir vérifié l’authenticité des pièces présentée. Un peu comme dans un procès, en somme, où le jury ne peut pas se contenter d’écouter les arguments plus ou moins habiles des avocats des différentes parties, mais doit aussi et SURTOUT prendre en considération les preuves matérielles, les indices, les témoignages, les expertises. Comme il n’y a rien de tel dans cet échange (d’insultes), cela reste un simple débat littéraire d’intello-branleurs où il s’agit "d’avoir l’air" d’avoir raison (en réalité, il s’agit de faire le malin).