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  • Premier article le 13/02/2016
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    micnet micnet 24 août 2016 11:16

    @maQiavel

    Je vous mets en exergue un extrait d’article de Pierre-André Taguieff, sociologue, qui explique plutôt bien ce "changement de société" et ce basculement idéologique, et sociologique, qui s’est opéré à partir des années 80 :

    http://www.nouveau-reac.org/textes/pierre-andre-taguieff-multiculturalisme-et-communautarisme-devant-les-principes-republicains/

    "On a pu assister en France, dans les années 1980 et 1990, à la conversion d’une partie de l’intelligentsia – des intellectuels de gauche – au modèle de la société multicommunautaire ou multicommunautariste, dite souvent société multiculturelle ou pluriethnique, et parfois multiraciale. À considérer le discours de ses partisans et célébrateurs, le modèle multicommunautariste est défendu à la fois comme méthode de lutte antiraciste et comme formule de remplacement de l’État-nation à la française, jugé désuet, « archaïque » ou inadapté aux conditions de la globalisation des échanges, censée ouvrir l’âge du postnational et de l’existence trans-frontières du nouvel humain planétaire, « mobile » et « métissé ». Il importe de pointer le nœud du multicommunautarisme et du postnationisme, en ce qu’il assure la cohérence d’une nouvelle vision irénique de l’Histoire : l’avènement des sociétés multiculturelles et/ou pluriethniques est perçu comme la bonne nouvelle de l’époque qui vient, à l’heure dite de la « transition vers » le postnational. Cette vision nouvelle de « l’avenir radieux » implique une série de substitutions, dont les principales sont les suivantes : du gouvernement (national) à la gouvernance (idéalement cosmopolite), de l’État fort à l’État disparaissant, de la citoyenneté nationale à la citoyenneté sans frontières. Cette conversion à l’utopie de la « mondialisation heureuse » d’une fraction importante de l’élite politico-intellectuelle, au nom du « pluralisme » ou de la « tolérance » et des « idées progressistes », requiert un examen critique, qui paraît d’autant plus urgent que ladite conversion constitue l’un des indices de l’américanisation ou, plus exactement, de l’anglo-saxonisation culturelle de l’Europe, processus néo-colonial non reconnu comme tel du fait que lesdites élites, ayant abandonné l’exigence de la lucidité critique et soumises au terrorisme intellectuel pesant sur tout attachement national, se sont massivement ralliées aux valeurs et aux normes de la mondialisation « plurielle », serait-ce à travers un européisme de bon ton. Ce qui est ainsi importé en Europe par les élites « progressistes », en dépit de leur antiaméricanisme rabique, c’est l’une des dimensions les plus contestables de la civilisation américaine mondialisée, soit le plus efficace moyen de provoquer la désintégration conflictuelle des communautés politiques...Le multiculturalisme politique – ou la politique des identités – se fonde sur un principe fondamental, cellui du respect inconditionnel du « droit à la différence » des communautés minoritaires, présumées victimisées ou victimisables, revendiquant le droit de vivre et de penser selon leurs valeurs et leurs normes identitaires respectives. Le modèle républicain de la nation ou, plus précisément, au modèle de la nation civique, idéal politique illustré imparfaitement, sur le plan historique, par la nation à la française. Son contenu est la « communauté des citoyens », c’est-à-dire une communauté politique impliquant l’existence de citoyens qu’il a fallu former par un système d’instruction et d’éducation fondé sur le principe méritocratique et ordonné à la réalisation d’un type d’individu se caractérisant par son autonomie, capable de prendre une suffisante distance vis-à-vis de ses origines et de ses appartenances, de ses héritages culturels et de ses croyances (religieuses ou non). Il n’est pas de communauté de citoyens sans un refroidissement des passions identitaires ni sans une relativisation des opinions. Il reste que la France n’est ni l’Amérique, ni la Grande-Bretagne, ni la Belgique. Le problème du multiculturalisme ne se pose pas de la même manière dans une vieille nation centralisée ayant largement réussi, par l’assimilation et la laïcité, à intégrer ses diverses minorités, et dans un État fédéral relativement jeune coiffant une société de ségrégation post-esclavagiste, ayant échoué à réaliser l’intégration de ses communautés sur le modèle idéal du « melting-pot ...Le multicommunautarisme normalise ainsi un état de guerre civile ethnicisée, latente ou patente, mettant à nu l’impuissance de l’État ou l’affaiblissement des fonctions régaliennes de l’État, et, partant, viole directement le principe d’égalité de tous les citoyens devant la loi et entame le principe de justice. Le principe de laïcité est par là doublement violé. En premier lieu, en ce que le multiculturalisme politique fait sortir les choses relatives à la croyance et à l’incroyance de la sphère privée (où doit se cantonner le « libre exercice des cultes », c’est-à-dire la liberté de croire, d’appartenir, de s’identifier à, etc.), pour les constituer en affaire publique. En second lieu, en ce que les mesures étatiques en faveur des groupes supposés victimisés font sortir la puissance publique de sa réserve, qui est pourtant la garantie de la tolérance civile (9). L’État cesse d’être laïque. À la coexistence des libertés et à l’espace de tolérance qu’elle ouvre, le multiculturalisme politique substitue la séparation des communautés – légitimant ainsi ségrégation et auto-ségrégation – et l’espace de discrimination conflictuelle que celle-ci institue. La délaïcisation est une ethnicisation ».



  • vote
    micnet micnet 24 août 2016 10:57

    @maQiavel

    Bonjour à vous,

    Voilà, je prends enfin le temps de vous répondre.

    Au passage, je note que vous ne m’avez pas vraiment répondu sur une contradiction que je sens poindre chez vous lorsque vous avez écrit ceci dans un precedent message :

    "on peut conseiller à n’importe quelle communauté d’adopter tel comportement plutôt que tel autre , que ce soit de ne pas afficher de signe ostensiblement religieux sur la voie publique ,de ne pas affirmer sa foi ou même de s’assimiler à la conception que l’on a soit même de l’histoire et de la culture française , je n’ai AUCUN problème de principe avec cela , pour tout vous dire je pense même que cette approche serait positive ,ce sont des choses dont il faudrait débattre."


    ---> Ce que vous écrivez là est la définition meme du principe d’assimilation à la Française au sens large ! Vous avez donc répondu par anticipation à vos propres questions que vous formulez dans vos derniers messages smiley. Par contre, je trouve, pardonnez-moi d’être aussi direct, que vous faites preuve d’une certaine "schizophrénie" sur ce sujet dans le sens où vous "trouveriez positif" que les communautés s’assimilent (donc en fait vous le souhaitez) mais comme de l’autre côté vous sacralisez toutes les libertés individuelles, vous n’êtes pas prêt à concrétiser votre souhait intérieur en adoptant des mesures contraignantes là-dessus. Bref, vous restez bloqué et, du coup, vous vous privez de cette solution qui est pourtant essentielle ! Sincèrement, j’ai l’impression que vous vivez un conflit intérieur sur ce sujet et que vous ne savez pas trop comment vous en sortir (ce n’est pas une critique, j’ai moi-meme ce genre d’interrogations sur d’autres sujets et c’est tout à fait normal)

    Concernant l’assimilation, vous dites :

    " Je considère que concrètement c’est un fantasme."

    ---> Un "fantasme" qui a tout de meme perduré un bon siècle et qui a, quand même et quoi qu’on en dise, plutôt bien marché jusque dans les années 80 où, pour vous donner un exemple concret, il était jusque là obligatoire de donner un prénom "issu du calendrier" à tout enfant venant au monde. Voilà une mesure (parmi d’autres) qui a été supprimée depuis.

    Pour le reste, il faut bien comprendre que ce qu’on appelle les "modes de vie" ou les "us et coutumes" propres à une communauté ne sont pas des notions que l’on peut formaliser de manière ultra-précises, telle une équation mathématique ! S’assimiler à une communauté, ça signifie tout simplement en adopter les "codes" quelqu’ils soient (adopter la langue, adopter les tenues vestimentaires, adopter l’histoire et la faire sienne, certains ont meme adopté la ’religion’,...). Et concernant la France, si vous voulez que je sois le plus synthétique possible je vous dirais la chose suivante : s’assimiler cela signifie tout simplement se ’fondre dans la masse’ ! Au fond, c’est tout ce que les Français demandent, ni plus, ni moins ! Les Français aiment la discretion dans l’espace public, ce qui est une difference fondamentale (parmi d’autres) avec la culture anglo-saxonne qui considère qu’il est tout à fait normal de mettre en avant ses ’particularismes’ (comme parler de son salaire, mettre en avant ses origins ethnic-religieuses,...).



  • 1 vote
    micnet micnet 23 août 2016 18:45

    @maQiavel

    Malheureusement guère de temps aujourd’hui, j’essaie de vous répondre d’ici demain matin



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    micnet micnet 23 août 2016 06:58

    @micnet

    "choquer"



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    micnet micnet 23 août 2016 06:56

    @maQiavel

    Pardon MaQ mais je vais être un peu direct : à vous lire j’ai vraiment l’impression que vous souhaitez finalement la même chose que moi mais que vous ne vous donnez pas les moyens concrets pour l’obtenir !  En somme, vous voulez faire une omelette sans casser les oeufs ! 

    En ce qui me concerne, et c’est sûrement une différence de plus entre nous, lorsque je dis que je souhaite le dialogue, il ne s’agit dans mon esprit que d’un préalable, d’une étape préparatoire à une décision qui devra de toute façon être prise ! Autrement dit, soit le dialogue avec les musulmans sera suffisant pour qu’ils acceptent d’eux-mêmes d’adopter un comportement discret dans l’espace public, et dans ce cas tout le monde sera content, soit ils le refusent et ce sera alors à l’état d’agir en passant par la contrainte. Mais si on s’arrête à mi-chemin, c’est pour moi le pire scénario en ce sens que nous perdons toute crédibilité ! Voyez-vous, moi je n’ai pas une approche "égalitaire" du dialogue en question avec les musulmans car, comme déjà dit, je priorise la volonté de la majorité. C’est un peu comme dans le cas d’un enfant (et ne voyez pas au travers de cet exemple une forme de mépris envers les musulmans, c’est simplement pour bien vous faire comprendre mon approche), si les parents souhaitent que leur enfant change de comportement, ils commenceront très certainement dans un premier temps à dialoguer avec lui en lui expliquant en quoi il est important que les choses changent. Mais si l’enfant ne veut rien entendre et persiste dans son attitude, alors les parents devront passer à l’étape suivante de la contrainte pour le faire obéir. Et si les parents ne le font pas, ils perdront toute forme d’autorité aux yeux de leur progéniture ! J’estime qu’il doit en être de même dans nos rapports avec la communauté musulmane (même si l’exemple que j’ai’pris peut peut-être choqué de prime abord)

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